Le tribunal administratif de Nice a confirmé la condamnation de l’Etat à dédommager la librairie Les Parleuses qui avait été bâchée par la police pour cacher des messages féministes lors d’un passage de Gérald Darmanin
« Le tribunal administratif de Nice affirme et confirme : la liberté d’expression des librairies ; que les messages féministes ne sont pas des risques de troubles à l’ordre public ; que le ministère de l’intérieur s’est senti un petit peu trop à l’aise dans la répression à mettre en œuvre lorsque quelques collages parsèment une vitrine ; que donc il nous reste quelques espaces de libertés n’en déplaise à Gérald et consort » écrivait sur Instagram la librairie Les Parleuses de Nice jeudi 15 janvier.
La veille, le tribunal administratif de Nice avait confirmé la condamnation de l’Etat à indemniser la librairie pour avoir dissimulé sa vitrine à l’occasion d’une visite de Gérald Darmanin
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Le tribunal administratif de Nice avait qualifié d’ « atteinte à la liberté d’expression de nature à engager la responsabilité de l’Etat » l’action de la police qui avait bâché de noir la librairie affichant des livres et messages féministes dénonçant les violences sexuelles dans sa vitrine.
Gérald Darmanin, alors ministre de l’Intérieur et des Outre-mer, état venu à l’occasion de l’inauguration du nouvel hôtel des polices juste en face. Le vitrine mettait en avant l’ouvrage Impunité d’Hélène Devynck, dénonçant l’impunité des auteurs de violences sexuelles. Les messages indiquaient : « Qui sème l’impunité récolte la colère », « Violeurs on vous voit, victimes on vous croit » et « Sophie on te croit ». Cette dernière phrase faisait référence à Sophie Patterson-Spatz, qui avait accusé Gérald Darmanin de viol.
Pas de risque de trouble à l’ordre public
La justice a estimé que le bâchage de la librairie n’était pas justifié par un risque de trouble à l’ordre public et que cette mesure engageait la responsabilité pour faute de l’État.
En conséquence, l’État est condamné à indemniser la société exploitant la librairie et l’autrice pour l’atteinte portée à leur liberté d’expression et à leur réputation .
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