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L’Europe vieillissante doit compter sur les femmes

par Arnaud Bihel

L’Europe doit s’adapter au vieillissement de sa population, et pour cela prendre en compte la dimension de genre. Le Parlement européen a adopté dans ce sens, mardi 7 septembre, une résolution « sur le rôle des femmes au sein d’une société vieillissante ». Parmi les propositions : mieux considérer « l’aide informelle » apportée par les femmes.


La part des plus de 65 ans dans la population de l’Europe des 27 devrait passer de 17,1 % en 2008 à 30 % en 2060. Celle des plus de 80 ans de 4,4 % à 12,1 %.

Comment s’adapter à ce boom des cheveux blancs ? Pour répondre, les députés européens ont adopté mardi 7 septembre la résolution « sur le rôle des femmes au sein d’une société vieillissante », proposé par la finlandaise Sirpa Pietikäinen (photo). Le texte fait écho par coïncidence au débat français sur les retraites. Le Parlement européen « demande aux États membres de prendre en compte la dimension de genre dans la réforme des systèmes de pension et l’adaptation de l’âge de départ à la retraite, étant donné les différences entre les femmes et les hommes dans les modes de travail et le risque de discrimination plus élevé des femmes âgées sur le marché du travail ».

 

 

Les femmes vivent plus longtemps, mais en mauvaise santé

 

 

L’eurodéputée Sirpa Pietikäinen, membre du PPE (droite), relève le niveau moins élevé des pensions des femmes. Cette inégalité devant les retraites « est en général la conséquence directe du niveau de salaire globalement inférieur des femmes et des secteurs fortement féminisés. En outre, les femmes sont plus exposées à une réduction temporaire de leurs revenus en raison des fonctions de soin qu’elles assument (congé de maternité, garde des enfants ou rôle d’aidantes auprès de parents vieillissants) », rappelle l’eurodéputée.

Sirpa Pietikäinen fait cet autre constat : certes, les femmes vivent plus longtemps que les hommes. Six ans en moyenne dans l’Union. Mais elles ont plus de risque de finir leur vie dans la pauvreté, et en mauvaise santé. Le taux de risque de pauvreté s’élève pour elles à 22 %, soit 5 points de plus que pour les hommes. De même, leur espérance de vie en bonne santé est de 62,3 ans, soit à peine plus que celle des hommes (61,6 ans). Un écart de 5 points, là encore, avec celui de l’espérance de vie globale.

 

 

Une nouvelle forme de congé pour les soins aux plus agé(e)s

 

 

Les femmes sont donc les première concernées par le vieillissement de la population, mais aussi parce que ce sont elles, en grande majorité, qui prodiguent les soins aux plus âgé(e)s. Les plus de 50 ans font partie de la « génération sandwich », devant s’occuper souvent de leurs parents d’un côté, et de leurs petits-enfants de l’autre.

Des fonctions de soin qui empiètent sur l’activité professionnelle. D’où la nécessité de nouvelles politiques de soutien à cette « aide informelle ». Les députés appellent ainsi la Commission à envisager une nouvelle forme de congé ; équivalent du congé parental, mais à destination de parents à soigner.

La résolution souligne ainsi que « les personnes doivent décider si elles choisissent d’aider elles-mêmes des membres de la famille plus âgés ou si elles font appel à des services sociaux complémentaires ». Dans les deux cas, l’aide devra être rétribuée de la même manière, précise le texte.

Dans la même logique, les députés demandent aux États membres de mettre en place « des mécanismes qui garantissent aux femmes qui aident un membre âgé de leur famille l’acquisition de droits à pension suffisants. »

 

 

« Discrimination positive » pour les plus vulnérables

 

 

Plus globalement, les eurodéputés appellent la Commission à élaborer, d’ici 2011, un « plan d’action » visant notamment à « améliorer la cohérence des actions concernant les régimes de pension, les congés de soutien familial et les modèles de travail à temps partiel. »

En quelque sorte, favoriser des actions de discrimination positive à l’égard des femmes âgées. Même si l’appel de la résolution à des « mesures de discrimination positive » est réservé, dans le texte, aux « groupes les plus vulnérables de femmes que sont les migrantes, les femmes handicapées, homosexuelles, appartenant à des minorités, peu qualifiées ou d’un âge avancé ».

La résolution du Parlement demande par ailleurs que «  la directive sur la lutte contre les discriminations soit adoptée dans les plus brefs délais ». Cette initiative de la Commission, visant à étendre la protection contre les discriminations à des domaines autres que l’emploi (comme la protection sociale, l’éducation et l’accès aux biens et services, y compris le logement) est en discussion depuis plus de deux ans.

 

1 commenter

Annie B 9 septembre 2010 - 08:39

Surtout nhésitez pas à consulter sur google laboratoiredelegalite.org
la p&étition en faveur de la retraite des femmes peu évoquée dans les débats officiels recueille un grand nombre de signatures.

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