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Dans la loi Égalité, des mini-miss et des grues

par Arnaud Bihel

Le projet de loi pour l’égalité entre les femmes et les hommes a été adopté sans encombre au Sénat. Qui y a ajouté l’interdiction des concours de miss avant 16 ans, mais a aussi répondu favorablement au lobbying des « pères perchés » pour la garde alternée.


 

La balle est désormais dans le camp des députés. Même si l’examen du texte est loin d’avoir attiré les foules, le projet de loi pour l’égalité entre les femmes et les hommes a été adopté à une large majorité (seule l’UMP a voté contre), mardi 17 septembre au Sénat. Les sénateurs ont même, dans l’ensemble, renforcé les dispositions du texte.

– Par exemple en étendant le périmètre du délit d’entrave l’IVG, ce qui constitue une « protection renouvelée et exigeante du droit des femmes à l’interruption volontaire de grossesse », salue la ministre des Droits des femmes Najat Vallaud-Belkacem.

– Un autre amendement adopté, étend le rôle du Conseil supérieur de l’audiovisuel. Le projet initial lui donnait un rôle accru de surveillance de l’image des femmes sur les chaînes publiques. Les sénateurs lui confient en plus le rôle de mettre « en place des indicateurs chiffrés de l’évolution de l’égalité entre les femmes et les hommes », également « dans les services privés nationaux de télévision hertzienne ». A l’origine de l’amendement, la présidente de la délégation du Sénat aux droits des femmes, Brigitte Gonthier-Maurin, précise : « Ces indicateurs devraient porter à la fois sur le contenu des programmes, sur la présence des femmes à l’antenne et sur les rôles qui leur sont attribués. » (Voir : Pas assez de femmes à la télévision, tance le CSA)

Victoire des « pères perchés »

D’autres modifications apportées au texte sont en revanche moins consensuelles. Les sénateurs ont ainsi donné leur feu vert à une disposition proposée par des sénateurs du groupe des radicaux de gauche. Il s’agit de donner davantage de poids, dans la décision des juges, à la résidence alternée en cas de séparation des parents.

Une réponse aux revendications des « pères perchés » qui ont fait la une des médias ces derniers mois (Voir : Des grues feront-elles le printemps ? et Garde des enfants : les pères gagnent du terrain). Le lobbying a payé, comme l’admettait en séance l’UMP André Reichart : « Nous sommes, comme parlementaires, sollicités tous les jours par des pères qui déplorent d’être privés de la garde de leur enfant. On ne peut entendre ces appels au secours sans réagir. Ils ont pris une telle envergure qu’on ne peut y rester sourd. »

Najat Vallaud-Belkacem s’y était déclarée défavorable, rappelant que « la garde alternée ne saurait être érigée en règle systématique », et que cet amendement est prématuré, un groupe de travail sur la coparentalité devant rendre ses conclusions avant la fin de l’année, pour intégrer la question dans le futur projet de loi sur la famille. Une pétition avait été lancée peu avant pour dénoncer la prise en compte par le Sénat de ce qui sonne comme une « revendication masculiniste ».

Interdiction des mini-miss

Les sénateurs ont adopté un autre amendement contre l’avis du gouvernement : l’interdiction des concours de beauté pour les enfants âgés de moins de 16 ans. L’infraction serait punie de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende.

A l’origine de cette disposition : l’UDI Chantal Jouanno, qui défend depuis plusieurs mois cette interdiction. Elle s’en expliquait encore en séance :

« Les fondements de la parité sont menacés par l’hyper-sexualisation qui touche les enfants pendant la période de latence entre 6 et 12 ans. A cet âge, il faut se concentrer sur l’acquisition de savoirs. Or, avec les concours de mini-miss et autres démonstrations, nous fixons les projecteurs sur l’apparence physique. Je vois mal, de surcroît, en quoi ces concours sont conformes à l’intérêt supérieur de l’enfant, notion qui figure dans des conventions qui nous lient. Ayant demandé à l’organisateur pourquoi il n’y avait pas de concours de mini-boy, je l’ai entendu répondre que les garçons ne s’abaisseraient pas à cela ! »

La ministre des Droits des femmes, défavorable à une interdiction pure et simple, défendait un encadrement de ces concours. Mais les sénateurs ont suivi Chantal Jouanno sur ce point.

Ils ont en revanche repoussé un autre de ses amendements qui visait à « encadrer strictement l’activité de mannequin enfant, afin d’interdire d’utiliser les enfants en égéries de marques. » La sénatrice avait déposé en début d’année une proposition de loi pour à la fois interdire les concours de mini-miss et le mannequinat pour les enfants (Voir : Chantal Jouanno veut une loi contre l’hypersexualisation des enfants).

 

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6 commentaires

Miss Teenager 18 septembre 2013 - 10:29

ATTENTION, INFORMATION IMPORTANTE: faisant suite au vote par le Sénat, mardi 17 septembre 2013, d’un amendement interdisant les élections de Miss aux jeunes filles âgées de MOINS de 16 ans, le règlement de MISS TEENAGER s’adapte bien évidemment !
Sont donc autorisées à participer à nos élections les jeunes filles ayant atteint l’âge de 16 ans au jour de l’élection.
Cette mesure, que nous espérons provisoire, dans l’attente du passage de la Loi à l’Assemblée Nationale devant les députés, prend effet immédiatement… et nous le regrettons pour nos candidates âgées de 13 à 15 ans et 364 jours !

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Lili 18 septembre 2013 - 11:40

Tout ça m’a l’air plutôt pas mal. Cohérent et équilibré, pour plus d’égalité. J’espère plus en matière de congé parental pour les pères et de sanction des discriminations faites aux femmes dans la vie professionnelle, mais enfin ça avance.

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valerie 18 septembre 2013 - 14:24

je suis entre les 2 ma fille ne fait plus de concours mais j ai une association de miss ou je fait rarement des concours lol mais je tiens a défendre les miss!! cette loi n est qu une loi qui dit « arrête de rêvé petite »qui n as pas mis les talons de maman ou sont maquillage??mm Jouanno interdit quelque chose qu elle ne connait pas est t-elle venue 1 seule fois dans un de nos concours?? NON il est vrai que si elle regarde de l autre cotée de Atlantique pour se faire une idées sur la France elle se trompe lourdement !!ici pas t auto-bronzant,dentier,perruque ou autre L hypersexualitée n est pas a cause des miss mais de l éducation!!!des jeunes filles de 6eme donc entre 10 et 11 ans s habille très sexy et se maquille car elles sont au collège et les miss irons comme la mienne en jeans basckette,les concours de miss sont ouvert a toutes mince ronde avec handicap ect alors elle ne penserons pas que pour avancer dans la vie il faut le physique,prenons en exemple les majorettes elle défilent dans les rue en justaucorps avec mini jupe et fortement maquillée et pourtant ont trouve cela jolie!!alors pourquoi une miss en robe de princesse poserais un problème? j ai pris es majorettes en exemple car j en été la capitaine mais il y a aussi le patinage,la natation le grs la gym ect en plus selon cette ministre les garçon peuvent continuée,mais la c est le retour en arrière ou est légalités des sexes ?? ENFIN LES CONCOURS DOIVENT CONTINUE AVEC UNE BONNE STRUCTURE!

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Be Yolande 19 septembre 2013 - 09:30

cette loi n est qu une loi qui dit « arrête de rêvé petite »qui n as pas mis les talons de maman ou sont maquillage?

Il ne faut pas confondre le jeu spontané des enfants, et des compétitions encouragées par des adultes, jugées par des adultes. Cette loi n’interdit en aucune façon les enfants de continuer à jouer…. elle interdit au adultes de surexposer les jeux des enfants, de s’en mêler, d’en faire leur beurre et comme disait Mme Jouano, de détourner encore plus les filles de l’égalité. Quand un organisateur lui-même reconnaît que les garçons ne s’y abaisserait, je croit que tout est dit. J’approuve cette loi.

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florence 19 septembre 2013 - 11:07

En réaction au commentaire de Valérie :
1 – « les garçons peuvent continuer… » avez-vous déjà assisté ou eu connaissance d’un concours de mini-boys ? moi non.
2 – vous citez le patinage, la GRS… n’avez-vous jamais été frappée -aux jeux olympiques par exemple- par les tenues imposées aux jeunes sportives, avec abondance de paillettes, strass, et maquillage outrancier ? ne trouvez-vous pas indécent et discriminatoire qu’une gymnaste de haut niveau, effectuant un salto arrière aussi technique que celui d’un garçon, soit en plus obligée de le maitriser tout en arborant un sourire éclatant et totalement affecté ?
3 – l’exemple des majorettes… heu.. ça existe encore ? si oui j’estime que Mme JOUANO aurait du également interdire sa pratique aux filles de moins de 16 ans dans l’espace public.. je trouve ce spectacle déjà suffisamment affligeant pratiqué par des adultes.. mais ça c’est un avis personnel 😉

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muriel.couton@free.fr 22 septembre 2013 - 14:37

Merci pour la synthèse du projet de loi. Une mention aussi pour Brigitte Gonthier Maurin toujours soucieuse d’améliorer la place des femmes dans la culture, notamment dans les postes de direction et la programmation. http://www.ousontlesfemmes.org/amendement-n69-projet-de-loi-pour-legalite-hommes-femmes/

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