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Ces lois qui bloquent l’accès des femmes à l’emploi

par Arnaud Bihel

Vingt-huit pays comptent plus de 10 restrictions juridiques à l’égard de l’emploi des femmes, observe la Banque Mondiale. Dans 15 pays, un mari peut interdire à sa femme de travailler.


 

Les barrières juridiques et réglementaires qui entravent la participation des femmes à la vie économique tombent peu à peu… mais de nombreuses lois défavorables aux femmes sont encore en vigueur dans le monde. C’est ce que souligne la Banque Mondiale dans son dernier rapport Les Femmes, l’Entreprise et le Droit.

L’institution y examine les réglementations défavorables aux femmes, entrepreneures et salariées, dans 143 pays. Signe positif : ces deux dernières années, des progrès pour l’accès des femmes au travail ont été enregistrés dans pas moins de 43 d’entre eux. En Côte d’Ivoire et au Mali, par exemple, les maris ne peuvent plus empêcher unilatéralement leurs femmes de travailler.

Chefs de famille

Mais ce pouvoir de l’homme sur la vie professionnelle de son épouse reste officialisé dans 15 pays (en France, cette restriction a été levée en 1965).

Dans au moins 29 pays, la loi désigne encore les hommes comme « chefs de famille », ce qui leur donne le contrôle sur des « décisions cruciales », comme le choix du lieu de vie ou l’obtention de documents officiels.

Dans 28 pays (presque tous au Moyen-Orient et en Afrique), la Banque Mondiale relève plus de 10 restrictions juridiques à l’égard de l’emploi des femmes. L’Arabie Saoudite détient le record : plus de 25.

Et dans 79 pays il existe des restrictions qui bloquent l’accès des femmes à certains métiers. Et ce principalement en Europe de l’Est et Asie centrale. Par exemple en Fédération de Russie, pas moins de 456 activités professionnelles, comme conduire des engins agricoles, sont interdites aux femmes. « Ces restrictions sont peut-être imposées dans un souci de protéger les femmes, mais elles peuvent limiter les perspectives d’emploi de ces-dernières », note la Banque Mondiale.

Même message au FMI

Le rapport se conclut sur ces mots : « L’égalité de genre n’est pas seulement importante pour la justice et l’équité, mais aussi pour l’efficacité économique, et elle est le moteur d’un monde plus prospère ».

Une conclusion qui fait écho au discours porté le même jour par le Fonds Monétaire International. Le FMI rappelle dans un rapport compilant des données récentes, « les gains macroéconomiques de l’égalité de genre ». Depuis 20 ans, la participation des femmes au marché du travail dans le monde n’a pas progressé, se maintenant autour de 50%, contre 75% pour les hommes.

 

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