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Lundi vert : les femmes d’abord

par Isabelle Germain

Burger de haricots rouges

La deuxième campagne pour des lundis sans viande ou poisson est lancée ce 28 septembre. En 2019, 77% des personnes ayant répondu à l’appel étaient des femmes.

Alors que les politiques environnementales ont tendance à se focaliser sur les transports, « lundi vert » met l’alimentation au centre du problème. La deuxième campagne lancée ce lundi 28 septembre poursuit la même idée que la première : chaque lundi, les consommateurs sont invités à prendre des repas sans « produits animaux ». Et les bénéfices de la démarche sont multiples : environnementaux, économiques et sanitaires.

Environnementaux parce que les émission de gaz à effets de serre provenant de la production de viande sont bien plus élevés que ceux provenant de la production de protéines végétales. Les initiateurs de « lundi vert » Nicolas Treich, chercheur à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae) et le psychologue Laurent Bègue-Shankland expliquent dans The Conversation que si tous les Français adoptaient la démarche, soit une baisse de 15% de la consommation de viande et poisson, l’économie de gaz à effets de serre représenterait autant que tous les vols domestiques en France en une année : 5 millions de tonnes d’équivalent CO2. Bénéfices économiques car les protéines végétales – les légumineuses- coûtent bien moins cher que la viande et le poisson. Bénéfices santé parce que la surconsommation de viande est à l’origine de maladies cardio-vasculaires et de certains cancers. A quoi s’ajoutent des bénéfices pour le bien-être animal.

Association viande/ virilité

Cette année, au lieu de communiquer sur le « sans viande, sans poisson », « Lundi vert » met l’accent sur le mot « avec » et promeut la consommation de légumineuses. Le mouvement fournit même des recettes appétissantes sur son site. Un message positif pour changer les comportements alimentaires.  Qui voudra bien l’entendre ? La communication est compliquée face à une politique agricole qui ne veut pas évoluer et à des lobbys pro-viande puissants. C’est sur la demande que peut agir « Lundi vert » et les chercheurs ont voulu savoir comment parler aux consommateurs. En 2019,  les Français.es étaient invités à s’inscrire sur le site du mouvement qui voulait « déterminer les profils réceptifs et les moyens efficaces pour les changements d’alimentation ».

Les chercheurs ont alors essayé de brosser le profil des personnes les plus disposées à verdir leur alimentation. Comparant les inscrits à un échantillon national, ils ont observé que les premiers avaient un niveau d’études et de revenu plus élevé et davantage de proches ayant un régime végétarien. Mais surtout, sur les 24 507 participants inscrits à « Lundi vert », âgés de 18 à 95 ans, 77,5% étaient des femmes.

Et si la question du genre devait être au cœur des politiques environnementales ? Comme pour les transports, qui associent la puissance de la voiture à celle de l’homme, la consommation de viande est souvent associée à une forme de virilité. Il y a quelques années, un journal de cuisine pour homme s’appelait « beef » (lire : La virilité par la bidoche). Face à cet imaginaire collectif associant virilité et viande, les arguments rationnels en faveur du remplacement des protéines animales par des protéines végétales vont avoir du mal à se frayer un chemin. Et comme les lieux où se définissent les politiques sont des boy’s club, ça va être compliqué…

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