Accueil CultureScience Margaret Hamilton, un grand bond pour les femmes dans le numérique

Margaret Hamilton, un grand bond pour les femmes dans le numérique

par La rédaction

Margaret Hamilton se tenant auprès du code du logiciel de navigation qu’elle et son équipe ont produit pour le programme Apollo, janvier 1969. Par Draper Laboratory [Domaine Public], via Wikimedia Commons

Si des hommes ont posé un pied sur la lune c’est grâce à Margaret Hamilton. En sortant de l’oubli cette ingénieure, les médias pourraient susciter davantage de vocations dans le numérique et l’informatique.

Quand Delphine Rémy-Boutang, fondatrice de la Journée de la femme digitale, a créé un prix d’entrepreneures, elle l’a baptisé le prix « Margaret » en référence à Margaret Hamilton, informaticienne de la NASA qui a rendu possible le premier pas de l’homme sur la lune. Elle était en effet  directrice du département génie logiciel au sein du MIT Instrumentation Laboratory qui a conçu le système embarqué du programme spatial Apollo.

Qui le sait ? Pas grand monde… Et pas les jeunes filles qui se détournent des métiers de l’informatique et du numérique. Ces métiers très majoritairement exercés par des hommes ne semblent pas faits pour elles. Et le monde de l’informatique du digital, du numérique perd ainsi bêtement la moitié de ses ressources humaines. Pourtant, le secteur ne manque pas de talents chez les femmes…. Talents trop souvent cachés.

C’est en été, quand l’actualité se fait moins abondante que les médias leur font un peu de place. France Culture a consacré un long portrait à Margaret Hamilton, la femme qui a fait atterrir l’Homme sur la Lune. Et observe qu’il a fallu 47 ans au gouvernement des Etats-Unis pour récompenser Margaret Hamilton de ses services. »

La prouesse qu’elle a réalisée n’était pourtant pas mince. Trois minutes avant qu’Apollo ne se pose sur la lune le 20 juillet 1969, des alarmes informatiques s’étaient affolées signalant qu’un ordinateur était saturé. Mais  l’architecture du système d’exploitation qu’avait conçu Margaret Hamilton permettait à l’ordinateur de gérer automatiquement le problème et d’exécuter des tâches en fonction de certaines priorités. Sans ce système dont elle avait pris l’initiative, l’alunissage aurait été compromis. Après son expérience à la NASA, l’ingénieure a créé des entreprises consacrées à la programmation informatique de haut vol.

Mais ce n’est qu’en 2003, soit 27 ans après son départ de la NASA, que l’agence spatiale lui a décerné un « Exceptionnal Space Act Award » pour l’ensemble de ses contributions scientifiques et techniques au programme Apollo. Et il a fallu attendre 2016, pour qu’elle reçoive la plus haute distinction aux Etats-Unis, la Médaille présidentielle de la liberté, des mains de Barack Obama. 

Un petit pas pour Margaret Hamilton vers la notoriété… mais il en faut plus pour que les femmes fassent un grand bond dans les métiers de la haute technologie. Les initiatives se sont multipliées en début d’année comme la nomination de femmes à des postes importants dans le numérique (voir :Salwa Toko : la fondatrice de Wifilles présidente du CNNum, et  : Kat Borlongan à la tête de la French Tech)

Une nouvelle fondation se donne les moyens d’offrir au secteur du numérique les talents qui lui manquent (voir : Objectif parité dans le numérique avec la fondation femmes@numérique). Et les femmes du numérique n’hésitent pas à se rebeller (voir : Les femmes du numérique se mettent en avant).

Outre les médias et les réseaux de femmes, l’univers du jouet s’est aussi mêlé de rendre visibles les femmes scientifiques. Lego a mis en scène quatre femmes qui ont marqué l’histoire spatiale des Etats-Unis : Sally Ride, qui fut en 1983 la première Américaine dans l’espace ; Nancy G. Norman, astronome qui a contribué au téléscope Hubble ; Mae Jemison, première Afro-Américaine dans l’espace, en 1992 ; et Margaret Hamilton, informaticienne qui a conçu les logiciels embarqués du programme Apollo. (voir Les “Femmes de la NASA” de LEGO au grand jour) Ces personnages transformés en jouets s’inspirant aussi du film Hidden Figures (Les Figures de l’ombre). Beaucoup de petits ou grands pas donc pour rendre ces modèles plus visibles !

Partager cet article

A VOUS DE JOUER

o Vous appréciez nos articles ?
o Vous voulez partager l’information pour que tout le monde ouvre les yeux sur l’inégalité des sexes ?
o Vous considérez que l’égalité dans les médias est la mère de toutes les batailles pour l’égalité ?
o Vous savez qu’un journal indépendant et de qualité doit employer des journalistes professionnels ?
Si vous avez répondu oui à une de ces quatre questions, faites un don pour financer l’information. Ce don est défiscalisé à 66 %. (Un don de 50 € vous coûte en réalité 17 €)

JE FAIS UN DON

0 commenter

Laisser un commentaire