
Marissa Mayer en 2013. Photo by Max Morse for Techrunch (CC BY 2.0)
Thomas McInerney, successeur de la patronne sortante de Yahoo! Marissa Mayer, aura un salaire deux fois plus élevé. Mais faut-il crier au sexisme ? Pas si simple…
Le sexisme a-t-il encore frappé ? Marissa Mayer va très prochainement quitter son poste de PDG de Yahoo!, après le rachat du groupe internet par le géant des télécommunications Verizon. Nommée à la tête de Yahoo! en 2012, Marissa Mayer percevait un salaire annuel d’un million de dollars. Son remplaçant nommé par Verizon, Thomas McInerney, percevra quand à lui une rémunération annuelle de 2 millions de dollars. Il gagnera donc deux fois plus, titrait alors le magazine Fortune le 13 mars. Et même quatre fois plus s’il remplit ses objectifs.
Une différence de traitement d’autant plus frappante que Thomas McInerney hérite d’un rôle bien plus facile. Il se contentera d’administrer un Yahoo! réduit à la portion congrue (et renommé Altaba) alors que Marissa Mayer avait été nommée pour transformer l’entreprise et lui redonner des couleurs – une tâche qu’elle n’a certes pas menée à bien.
Alors, faut-il crier au sexisme face à cette différence de salaire ? Ce n’est pas l’avis de tout le monde. Au final, McInerney ne gagnera « probablement pas plus que Mayer », estime Emily Pech dans le HuffingtonPost. Tout simplement parce que la comparaison des revenus des grands patrons ne doit pas se résumer au salaire, qui n’est que « l’accompagnement d’un copieux plat de rémunérations en actions ». Dans son contrat, Yahoo! s’engageait ainsi à offrir à Marissa Meyer, en 5 ans, des dizaines de millions de dollars de bonus, attributions de titres et autres compensations.
En 2015, par exemple, elle avait empoché au total 35 millions de dollars ; bien au-delà, donc, de son salaire d’1 million. Cette année-là, pour la deuxième année de suite, les patronnes des plus grandes entreprises américaines gagnaient d’ailleurs davantage en moyenne que leurs homologues masculins.
Voir : Les grandes patronnes mieux payées que les grands patrons ?
Mais là encore, difficile de comparer. Car ces grandes patronnes sont aussi 20 fois moins nombreuses que leurs homologues masculins. Alors oui, ne serait-ce que pour arriver au sommet, les femmes comme Marissa Meyer « doivent affronter des défis. Mais l’inégalité salariale n’en fait assurément pas partie », conclut Emily Pech.