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Même en sortant de HEC, des parcours genrés

par Arnaud Bihel

Salaires, postes de direction, poids de la vie familiale… Une étude inédite menée auprès de 4 générations de diplômé-e-s de HEC souligne que les parcours professionnels « ne se réalisent pas de la même façon selon qu’on est un homme ou une femme. »


Même en sortant des plus grandes écoles les inégalités femmes/hommes persistent. Ce constat, la Conférence des grandes écoles l’a déjà établi1. Pour l’une des plus prestigieuses écoles de management, HEC, c’est aussi le cas, comme le souligne l’étude que vient de dévoiler l’association HEC au féminin. Pour la première fois y sont explorés les parcours professionnels de quatre promotions de diplômé-e-s de HEC : 1978, 1988, 1998 et 20082. Un même constat au fil de ces trente ans : les parcours professionnels « ne se réalisent pas de la même façon selon qu’on est un homme ou une femme. »

Deux fois moins de dirigeantes, dix fois moins de hauts salaires

Dans l’ensemble, les femmes comme les hommes sortant de HEC sont satisfaits de leur parcours et de leur situation. Pour autant, l’enquête « met en évidence des différences frappantes ». En premier lieu, elles accèdent moins facilement aux sphères de direction.

Elles sont deux fois moins nombreuses (17% contre 32% des hommes) à avoir un niveau de responsabilité de dirigeant ou co-dirigeant. Et elles encadrent des équipes plus petites : la moitié des hommes ont plus de 5 collaborateurs sous leurs ordres. C’est le cas de moins d’un quart des femmes.

Elles sont aussi près de deux fois moins nombreuses (9% contre 17% des hommes), à exercer un mandat d’administrateur.

Même constat frappant concernant les écarts de salaires : 30% des hommes gagnent plus de 200 000 euros brut par an ; elles ne sont que 2,4% dans ce cas. Elles sont d’ailleurs 34% à estimer que leur salaire n’est pas assez élevé, contre 22% des hommes.

Priorité au travail ou à la famille ?

Ce n’est pas une surprise : le poids des contraintes familiales dans le parcours professionnel se fait sentir. Une majorité d’hommes, comme de femmes, disent avoir cherché en permanence à concilier vie professionnelle et vie personnelle et familiale. Mais 27% des hommes ont donné la priorité à leur travail dans leurs choix de vie, quand les femmes ne sont que 17% dans ce cas. Avec des écarts sensibles entre les promotions : dans la promo 2008, les réponses entre hommes et femmes sont similaires. Peut-être parce que les enfants ne sont pas encore entrés en jeu… Car à l’inverse, dans la promo 98, dont les sortants sont aujourd’hui trentenaires, les femmes se disent le moins prêtes à donner la priorité à leur travail.

L’une des plus grandes différences de parcours entre hommes et femmes concerne la mobilité géographique. Près d’un tiers des femmes qui ont travaillé dans un autre pays l’ont fait pour suivre leur conjoint. Aucun des 200 hommes ayant répondu n’évoque cette raison.


 

1/ Voir : Pas de progrès pour l’égalité à la sortie des grandes écoles

2/ 200 hommes et 187 femmes ont répondu à un questionnaire en ligne en avril 2014

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