La ministre suédoise de l’Environnement, Romina Pourmokhtari, s’est rendue à une réunion de l’Union européenne au Luxembourg avec son bébé. Les femmes politiques sont de plus en plus nombreuses à vouloir « travailler aujourd’hui pour laisser une planète meilleure à ceux qui en hériteront demain« .

Une ministre, son bébé et une réunion de l’Union européenne. C’est la scène qui s’est produite jeudi 25 juin au Luxembourg. Romina Pourmokhtari (parti Les Libéraux), ministre de l’environnement en Suède, a bousculé le tabou de la maternité en politique en prenant la parole avec son fils âgé de trois mois dans les bras. Une scène loin d’être inédite puisque les élues cessent de cacher leur maternité.
« Une mère présente et une ministre présente »
« Je ne veux pas avoir à choisir entre être une mère présente, alors que mon fils n’a que trois mois, et être une ministre présente », a revendiqué Romina Pourmokhtari. La ministre, qui a été nommée en 2022 à l’âge de 26 ans, faisant d’elle la plus jeune ministre en Suède, enraye ainsi un mécanisme qui pousse les femmes politiques vers la sortie une fois devenues mères.
Ces injonctions avaient, par exemple, poussé Rachida Dati à surcompenser pour concilier son portefeuille ministériel avec sa nouvelle maternité. Alors ministre de la Justice, elle avait fait son retour à l’Élysée seulement cinq jours après son accouchement. Plus récemment, Aurore Bergé, alors ministre déléguée à l’Égalité entre les femmes et les hommes, avait préféré cacher sa grossesse durant la campagne des législatives en 2022, pour ne pas être « désavantagée ».
Encore en 2026, la grossesse de Marine Tondelier continue de susciter le débat. Si la Secrétaire nationale d’Europe Écologie Les Verts (EELV) a fait le choix de médiatiser son annonce, afin d’évoquer son difficile parcours de PMA, sa grossesse réveille, chez ses détracteurs, une vision arriérée de la place des femmes en politique.
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Le Parlement Européen s’adapte
Toutefois, les élues sont de plus en plus nombreuses à bousculer les codes d’un monde politique encore façonné par les hommes. En 2018, Jacinda Ardern, alors Première ministre néo-zélandaise, avait emmené son bébé à l’Assemblée générale de l’ONU à New York. Peu de temps avant Romina Pourmokhtari, en septembre 2025, c’est l’élue allemande Hanna Steinmüller qui est intervenue en séance plénière en portant son bébé à la tribune. Un geste hautement symbolique afin d’affirmer qu’une carrière en politique peut enfin rimer avec maternité. Son action avait même été saluée par le Parlement allemand.
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« Je suis heureuse si cela peut servir d’exemple en montrant qu’il n’est pas nécessaire de choisir entre ces deux rôles », a confié Romina Pourmokhtari aux médias présents au Luxembourg. C’est « la meilleure illustration de la raison pour laquelle nous sommes ici : travailler aujourd’hui pour laisser une planète meilleure à ceux qui en hériteront demain », a réagi Sara Aagesen, ministre espagnole de la Transition écologique, sur ses réseaux sociaux.
Pour véritablement en finir avec le plafond de verre de la maternité, les élues militent pour que le système politique s’adapte. Le 29 avril 2026, victoire ! Le Parlement européen a approuvé une révision de la loi électorale européenne afin de permettre aux élu.e.s en congé parental (maternité et paternité) de voter, même à distance. Les femmes politiques gagnent du terrain.
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