En 20 ans, le nombre de familles monoparentales a presque doublé en France, constate l’INSEE. Et cette augmentation concerne avant tout les catégories sociales les moins favorisées.
C’est l’une des tendances relevées par l’INSEE dans son dernier « portrait social » de la France, publié mercredi 28 novembre : « la monoparentalité se développe surtout dans les catégories sociales les moins favorisées. »
Premier constat : entre 1990 et 2009, le nombre de familles monoparentales a été multiplié par 1,7. Une famille sur 5 avec un enfant mineur est monoparentale (dans 85% des cas le parent isolé est la mère), contre une sur 8 vingt ans plus tôt.
Et cette augmentation a davantage concerné les femmes sans emploi, les ouvrières et les employées que les professions intermédiaires ou les cadres.
« C’est l’un des traits saillants de ces 20 dernières années », souligne l’INSEE : « la monoparentalité a beaucoup augmenté parmi les mères les moins diplômées et ce, à la fois parmi les mères de jeunes enfants et celles d’enfants plus grands. »
En 2009, parmi les mères ayant un enfant de moins de trois ans, la proportion de mères de famille monoparentale est de 21 % parmi celles ayant au plus le brevet, contre 5 % pour les mères diplômées du supérieur. Lorsque le plus jeune enfant a entre 15 et 17 ans, environ une mère sur quatre est à la tête d’une famille monoparentale et ce, quel que soit son diplôme. Alors qu’en 1990, la monoparentalité était plus fréquente pour les femmes diplômées du supérieur.
« Les femmes moins diplômées sont donc probablement nombreuses à rester mères de famille isolées pendant une grande partie de l’enfance de leurs enfants », en conclut l’INSEE.

