Accueil International Mort de l’icône féministe bell hooks. Hommages en France aussi

Mort de l’icône féministe bell hooks. Hommages en France aussi

par Camille Saint-Cricq

La militante féministe a étudié les systèmes d’oppression et de domination à l’intersection de critères de sexe, race ou classe sociale. Hommages en temps « d’anti-wokisme »

Bell hooks est décédée mercredi à l’âge de 69 ans. L’autrice états-unienne défenseure de l’afro-féminisme laisse une œuvre magistrale interrogeant les rapports entre race, classe et genre. Nom de plume de Gloria Jean Watkins, elle avait choisi de s’appeler bell hooks, du nom de son arrière-grand-mère -mais sans majuscules pour souligner l’importance du message plus que de la personne.

De vibrants hommages lui ont été rendus dans les pays anglo-saxons. Margaret Atwood (autrice de La Servante Écarlate) a par exemple déclaré dans le Guardian : « bell hooks incarnait un courage incroyable et une intelligence profonde. En trouvant ses propres mots et son propre pouvoir, elle a inspiré d’innombrables personnes à faire de même. Son dévouement était exemplaire. »

En France, l’autrice militante était surtout connue dans les milieux féministes, mais la presse grand public lui rend aussi hommage, du Figaro à BFM, malgré la croisade « anti-woke » de certains journaux. bell hooks pourtant, « s’est battue pour une nouvelle forme de féminisme, qui prend en compte les différences et les inégalités parmi les femmes, pour créer un nouveau mouvement, plus inclusif », écrit le New York Times.

La précurseure du «black feminism» aux Etats-Unis, est née en 1952 dans le Kentucky dans une ville soumise aux mesures de ségrégation raciale et a publié plus de 30 livres sur des sujets tels que la race, le féminisme ou le capitalisme. Après un premier recueil de poèmes en 1978, elle défraiera la chronique avec « Ain’t I a Woman? «Ne suis-je pas une femme?» en 1981. Un essai sur le féminisme et les femmes noires. En 1992, Publishers Weekly a classé cet essai parmi les 20 livres féministes les plus influents des 20 dernières années.

Vinrent ensuite Feminist Theory en 1984. Puis « All About Love : New Visions  en 2000,  Feminism is For Everybody : Passionate Politics (2000), We Real Cool : Black Men and Masculinity » en 2004… Ses ouvrages s’inspirent des thèmes du féminisme, de la race, de l’amour et du genre.

Après un diplôme de Stanford, bell hooks avait obtenu un doctorat de l’Université de Californie à Santa Cruz en 1983. Elle a enseigné dans plusieurs universités américaines et est entrée au Kentucky Writers Hall of Fame en 2018. Son œuvre est étudiée dans de nombreuses universités aux Etats-Unis.

1 commenter

Didier Epsztajn 16 décembre 2021 - 16:03

Pour information, des textes sur bell hooks

bell hooks : ne suis-je pas une femme ? Femmes noires et féminisme
https://entreleslignesentrelesmots.blog/2016/08/18/luttes-pour-legalite-raciale-et-les-droits-des-femmes/

bell hooks : De la marge au centre. Théorie féministe
https://entreleslignesentrelesmots.blog/2017/05/17/feminisme-revolutionnaire-et-eradication-des-systemes-de-domination/

bell hooks : apprendre à transgresser
https://entreleslignesentrelesmots.blog/2019/11/04/tenir-la-main-de-ma-soeur/

Introduction de bell hooks à son livre : apprendre à transgresser
https://entreleslignesentrelesmots.blog/2019/10/14/introduction-apprendre-a-transgresser/

Jean-Paul Leroux : #8mars2019 : Hommage à bell hooks, militante féministe noire américaine
https://entreleslignesentrelesmots.blog/2019/03/12/8mars2019-hommage-a-bell-hooks-militante-feministe-noire-americaine/

Répondre

Répondre à Didier Epsztajn Annuler la réponse