Mortalité infantile : l’Ined veut rassurer

par La rédaction

En 2012, la Cour des comptes alertait sur une stagnation « particulièrement préoccupante » de la mortalité infantile en France. Un an plus tard, l’Ined ne s’inquiète pas. Le problème tiendrait surtout à une évolution des mentalités vis-à-vis du fœtus.


C’est une tendance largement commentée ce jeudi dans la presse : la fécondité en France reste stable – 2 enfants par femme en 2012, comme en 2011 – malgré la crise économique. La quasi-totalité des autres pays développés connaissent une baisse sensible de la fécondité.

Le bulletin de l’Ined (Institut national d’études démographiques) qui commente cette situation insiste sur une autre spécificité française : le flou qui entoure la mortalité infantile. Avec un taux de mortalité infantile de 3,3 pour mille en 2011, la France occupe le dixième rang sur les 27 pays de l’Union européenne. Mais c’est l’occasion pour l’Ined de nuancer un sombre constat : celui dressé en 2012 par la Cour des Comptes qui s’inquiétait d’une stagnation « particulièrement préoccupante » de la mortalité infantile en France.

L’Ined se montre largement plus optimiste en relevant que le taux est reparti à la baisse depuis 2010, et surtout que les statistiques actuelles sur la mortalité infantile ne veulent pas dire grand chose : « difficile d’interpréter les tendances récentes ». Car elles reposent sur des déclarations et reflètent une évolution des mentalités qui donne un « nouveau statut » au fœtus – et déplace la limite entre mort-né et né vivant. Désormais des parents peuvent enregistrer un fœtus à l’état civil comme s’il s’agissait d’une naissance vivante. Ce à quoi « nul n’aurait songé » il y a 30 ans, note l’Ined.

Comment y voir plus clair ? L’Ined propose une « solution simple » : améliorer le bulletin de naissance sur le modèle d’autres pays européens en renseignant le poids de l’enfant et la durée de grossesse. Ce qui permettrait de savoir si les seuils de viabilité fixés par l’OMS sont réellement atteints.

 

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