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Nouveaux papas ? Sauf quand bébé pleure la nuit… et avant

par Isabelle Germain
bébé pleure

Qui se lève pour s’occuper de bébé la nuit ? Les réponses à cette question douchent les fantasmes sur l’implication des jeunes hommes dans leur rôle de parent. 44% des mères seraient les seules à se lever la nuit quand bébé pleure.

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Par rabble sur Flickr (CC BY-SA 2.0)

La prise en charge des bébés est-elle équilibrée entre mères et pères en 2022 ? Pour répondre, une enquête réalisée par l’Ifop, pour le comparateur de matelas Sleepyz, interroge 1 001 femmes et hommes, parents d’enfants âgés de moins de trois ans. Même s’il s’agit de déclarations de parents, donc possiblement imprécises, les « grosses masses » qui se dégagent montrent un très fort déséquilibre.

 44% des mères sont seules à se lever la nuit quand bébé pleure. Deux parents sur trois estiment se lever plus souvent que leur conjoint·e, mais il s’agit bien des mères plus que des pères : 78 % d’entre elles disent sortir du lit quand leur enfant pleure, contre seulement 41 % des hommes. Les hommes se montrent bien plus lents : les mères disent se lever au bout de 4,5 minutes quand les pères disent garder la tête sur l’oreiller 8 minutes avant de réagir aux pleurs de leur progéniture.

Lents et manifestement plus sourds aussi (ou menteurs) que les mères. 44% des parents ont déjà fait semblant de dormir en espérant que leur conjoint·e se lèverait pour s’occuper du bébé. Chez les hommes cette proportion est de 55%. Les stratégies d’évitement sont plus fréquentes chez les hommes.

Et beaucoup sont aux abonnés absents lorsqu’il s’agit d’anticiper et d’organiser le rythme de vie du bébé pour qu’il dorme mieux. Qui veille au respect des horaires de coucher ? 85% des femmes disent y faire attention contre 54% des hommes. Qui vérifie la propreté de l’enfant avant de le mettre au lit ? 83% des mamans s’en assurent contre 54% des papas. Qui intervient la nuit lorsque le bébé se réveille parce qu’il est malade ou qu’il a peur ? 83% des mères contre 55% des pères.

Pères et mères n’ont pas la même perception des efforts à accomplir pour leur bébé. Les parents mettent parfois en place un roulement pour équilibrer les réveils nocturnes. Près de 2/3 des parents (63%) disent avoir adopté un tel système. Mais… moins d’un tiers seulement des personnes interrogées (31%) estiment que ce roulement est équilibré. Et la perception de cet équilibre, diffère selon que le répondant est un homme ou une femme :  40% des pères affirment que le roulement fonctionne bien contre seulement 25% des mères.

Logiquement, le sommeil des mères est bien plus impacté. Les femmes disent à 44% moins bien dormir depuis la naissance de leur enfant, contre 33% des hommes.

Pour Louise Jussian, chargée d’études au pôle Genre, Sexualités et Santé sexuelle à l’Ifop, les femmes assument surtout la « charge mentale »  liée à l’arrivée du bébé. « Les inégalités de répartition se creusent selon leur nature : elles sont moins importantes lorsqu’il s’agit de changer la couche ou de lire une histoire que lorsqu’il faut faire face à une urgence, à une situation imprévue. Dans ce cas, c’est la femme qui intervient, comme l’indique notamment le temps de réaction deux fois plus rapide des mères lorsqu’elles entendent leur enfant pleurer la nuit. » Mais elle veut croire que les choses vont s’améliorer : «  il semble qu’une forme de rébellion voit le jour, particulièrement chez les femmes qui se disent féministes, voire très féministes, qui n’hésitent pas à reprocher à leurs conjoints leur manque d’implication. » affirme-t-elle… L’étude fait quand même apparaître que beaucoup de pères sont impliqués même s’ils sont beaucoup moins nombreux que les mères. Mais c’était sans doute aussi le cas pour les générations précédentes…

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