Accueil Economie « Parfois 5 voitures valent mieux que 25 »

« Parfois 5 voitures valent mieux que 25 »

par La rédaction
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Sheryl Sandberg le 25 janvier 2013 à Davos © World Economic Forum sur Flickr

Il faut questionner ouvertement les stéréotypes de genre et les standards fixés par des hommes : c’était le leitmotiv de responsables économiques réunies à Davos vendredi 25 janvier.


 

Les femmes, qui représentent encore moins de 20% des personnalités présentes au Forum économique mondial de Davos, savent ce qui leur reste à faire pour que ce chiffre s’améliore.

Lors d’un session consacrée aux « femmes aux postes de décision dans l’économie » (une petite heure de débats ici en anglais), vendredi 25 janvier à Davos, un leitmotiv est apparu : il faut libérer la parole en entreprise sur les différences et les inégalités de genre.

« Nous sommes jugées et bridées par des stéréotypes de genre », a estimé Sheryl Sandberg. La seule femme membre du conseil d’administration de Facebook (elle l’a intégré en 2012) s’en prend à ces stéréotypes dans leur ensemble. Il y a d’un côté ces T-shirts « qui ne datent pas de 1951, mais de l’année dernière, aux États-Unis ». Sur ceux pour garçons on peut lire : « intelligent comme papa », et sur ceux pour filles : « mignonne comme maman ».

Et il y a de l’autre côté cet état d’esprit en entreprise : « plus les hommes ont du succès professionnel, plus ils sont appréciés humainement ; à l’inverse, les femmes qui ont du succès sont dépréciées ; elles apparaissent antipathiques ». Tout est lié, juge Sheryl Sandberg qui appelle à aborder ouvertement ces situations : « Il nous faut parler de genre, de façon ouverte et honnête. »

Discours similaire de Christine Lagarde, : « Depuis nos postes de pouvoir, nous devons oser la différence et en parler ». Et la patronne du FMI de donner l’exemple d’une dirigeante « très courageuse », qu’elle ne nommera pas. « Cette femme m’expliquait qu’elle doit prendre des décisions économiques difficiles. Elle a choisi de parcourir son pays avec une escorte réduite. Et dans les villages qu’elle traverse, les femmes lui disent : ‘mais les hommes avant vous, avaient 25 voitures. Pourquoi n’en avez-vous que 5 ? Parce que vous êtes une femme ?’ ». Il lui faut expliquer qu’elle a choisi de fixer de nouveaux standards. « Les critères, les repères, les stéréotypes, doivent être redéfinis. Et parfois 5 voitures valent mieux que 25 », conclut Christine Lagarde.

 

Quotas et défis

Cette table ronde, à laquelle participait la commissaire européenne Viviane Reding, a également été l’occasion de plaider pour les quotas. En Europe, grâce à la « pression réglementaire », la féminisation avance doucement. Ailleurs, de plus grands pas encore sont attendus. Lubna S. Olayan, responsable de la compagnie financière Olayan en Arabie Saoudite, rappelle que le royaume vient de fixer un quotas de 20% de femmes dans le conseil consultatif du pays (Lire : « Le Conseil consultatif saoudien s’ouvre aux femmes« ). Désormais, « au secteur privé de relever le défi », souligne Lubna S. Olayan. « Il faut que les patrons dans les pays arabes soient vraiment convaincus qu’il faut engager des femmes. C’est de cela que nous avons besoin. »

 

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