Accueil Politique Parité rejetée dans la loi de démocratisation du sport

Parité rejetée dans la loi de démocratisation du sport

par La rédaction

Surentrainés contre les mesures en faveur de l’égalité femmes-hommes, les sénateurs de droite ont rejeté deux mesures de la loi sport qui auraient pu rendre les fédérations plus ouvertes à la moitié féminine de l’humanité.

« La loi Sport est adoptée au Sénat mais sans la parité ni la limitation du nombre de mandats. A nous de poursuivre notre action de conviction et faire ensemble ce pas décisif pour le sport de demain. Le travail continue donc » c’est avec amertume que Roxana Maracineanu, la ministre des Sports, a commenté l’adoption de la « loi visant à démocratiser le sport, à améliorer la gouvernance des fédérations sportives et à sécuriser les conditions d’exercice du sport professionnel ». Cette loi devait être une grande loi du quinquennat d’Emmanuel Macron. Initiée en 2017, elle a trainé jusqu’au 11 mars 2021 pour être adoptée par l’Assemblée Nationale puis, mi-janvier 2022, être examinée au Sénat, en procédure accélérée, autrement dit, avec une seule navette entre les deux Chambres avant de pouvoir entrer en vigueur. 

Et le Sénat a adopté la plupart des mesures visant à démocratiser le sport… Pour les hommes. Mais il a rejeté les mesures qui auraient pu donner davantage de place aux femmes à la tête des instances sportives et, par contagion, améliorer la pratique du sport par les femmes.

Aujourd’hui, en France, les fédérations sportives sont dirigées par 95 hommes et… 18 femmes. Le texte de Roxana Maracineanu prévoyait la parité dans les fédérations sportives à partir de 2024. Mais la majorité sénatoriale de droite s’y est opposée. Le sénateur Olivier Paccaud (rattaché LR) prêchant par exemple qu’une telle mesure conduisait à « sacrifier des bonnes volontés, messieurs au revoir ! » Dépité, l’ancien ministre des Sports, Patrick Kanner (PS), a répliqué : « J’ai envie de pleurer quand je vous entends ».

Le rapporteur LR de la loi, Michel Savin, ne s’est pas foulé pour trouver des arguments contre la parité. Il voulait davantage de temps pour les fédérations les moins féminisées. Eternel argument pour ne rien changer. 

Le Sénat a aussi refusé la limitation à trois du nombre de mandats pour les présidents de fédérations. Une mesure qui aurait pu permettre de faire entrer plus vite de nouvelles têtes dans ces instances dirigeantes, et en particulier des femmes. La ministre a signalé que le président de sa fédération était resté 24 ans à son poste. « Le monde du sport est un système ancien, assez conservateur, c’est une question de démocratie, de renouvellement » a regretté Roxana Maracineanu.

Le Sénat ne s’est toutefois pas opposé à des mesures de lutte contre les violences sexuelles. Il a adopté deux dispositions : les juges sportifs, arbitres et maîtres-nageurs seront soumis au contrôle d’honorabilité au même titre que les éducateurs sportifs. Idem pour les encadrants professionnels et bénévoles d’activités e-sportives, notamment les encadrants de mineurs, qui seront aussi soumis à ce contrôle d’honorabilité.

Il y a trois semaines, dans une tribune, Brigitte Henriques, présidente du Comité national olympique et sportif français (CNOSF) publiait dans le JDD une tribune appelant les instances sportives à devenir paritaires. Elle rappelait : « On mesure l’évolution d’une société à la place qu’elle fait aux femmes »… Aujourd’hui, elle peut mesurer la civilisation archaïque des sénateurs de droite !

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