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Partager le pouvoir, vaste programme…

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« Pouvoir(e)s. Les nouveaux équilibres femmes hommes » cherche comment déconstruire une culture universellement marquée par la domination masculine et  harmoniser les cultures féminines et masculines.


Comme  le suggère d’emblée le titre de cet ouvrage « Pouvoir(e)s »*, le pouvoir a mille visages : pouvoir de faire, pouvoir d’empêcher, pouvoir sur, pouvoir partagé, pouvoir imposé et subi, pouvoir sexué…  C’est un des intérêts de ce travail collectif d’illustrer que le pouvoir évoque  toujours une relation : depuis celle qui s’instaure à deux jusqu’à celle qui se crée à l’intérieur d’un petit ou d’un grand collectif…

Les différents contributeurs de ce livre transdisciplinaire analysent, à travers articles, interviews et débats, les différents aspects et l’évolution des pouvoirs et des contre pouvoirs qui structurent universellement les relations entre les hommes et les femmes. Intellectuels, chercheurs, praticiens, chefs d’entreprise, médecins s’expriment sur les nouveaux équilibres (fragiles) qui se constituent sous nos yeux dans les domaines privés, publics et professionnels. Sous la pression de l’émancipation (lente) des femmes et de leurs revendications (fortes).

Le déséquilibre des pouvoirs, « l’égalité n’est pas naturelle »

L’inégalité entre les sexes  se vit quotidiennement à la maison et à l’école,  qu’il s’agisse en particulier des violences, du non-partage des tâches domestiques et de devoir assumer deux vies lorsque les femmes  travaillent à l’extérieur, comme le rappelle Sophie Bramly. Or « la construction des différences se nourrit des rapports différents entre les parents et avec leurs enfants ». L’inégalité  se renforce à l’école où les  attitudes différentes des enseignants selon le sexe et le sexisme des manuels sont  illustrés par de nombreux témoignages. Dans la sphère publique et professionnelle, les hommes parlent et décident dans la majorité des cas. Les inégalités d’accès,  de droit à la parole et à la décision, de salaires, de statut sont la norme. Pour clôturer le tout les religions continuent à résister à l’émancipation féminine. « Elles sont toujours des interprétations historiques », expliquent Dounia Bouzar et Serge Hefez. Or les interprètes sont toujours masculins !

S’affranchir des anciens modèles

Les contributeurs soulignent que la législation accompagne, stimule les évolutions. La contraception a permis un immense  bond en avant, mais aussi généré l’inquiétude des hommes… Les femmes dépassent  les hommes en matière de diplômes, quelques unes parviennent à se hisser à des niveaux stratégiques en  politique et dans les  entreprises. Peu, mais suffisamment pour que leurs compétences ne soient plus mises en doute et que le travail des équipes mixtes soit jugé plus satisfaisant que les autres.

Mais comment accélérer le changement ? Il y en a pour 40 ans d’après de nombreux calculs,  si on se repose sur l’évolution naturelle pour parvenir à l’égalité des pouvoirs !

Il faut donc trouver les moyens d’accélérer les changements. Parmi les nombreuses préconisations pertinentes des différents auteurs, signalons : « Revisiter les nouveaux modèles de parentalité » (Christine Vadhat-Sonier). L’observation des couples homosexuels montre en effet  que les enfants de ces couples sont plutôt plus équilibrés que les autres, et plus égalitaires. Compte tenu des obstacles à franchir par les parents, la décision de vivre ensemble, d’avoir des enfants et de les élever font l’objet d’un projet mûrement réfléchi et non d’une conséquence quasi automatique du mariage. Les tâches sont aussi mieux partagées.

« La transmission intergénérationnelle est la clé de la réussite » démontrent ensuite Emmanuelle Gagliardi et Anne Perrot. Il faut prendre conscience que les stéréotypes ne sont pas gravés dans le marbre mais se transmettent. Y compris des archaïsmes tels les prétendues infériorités en mathématiques des filles  justifiées par d’imaginaires différences cérébrales entre filles et garçons. Elles vont à l’encontre des connaissances récentes sur le cerveau, explique Catherine Vidal, et de l’expérience sur le terrain, confirme Nicole El Karoui. Ne pas hésiter non plus  à étudier « le glissement vers de nouveaux combats de la jeune génération des moins de trente ans » qui souhaite un changement égalitaire voulu et conduit par les deux sexes.  

« Développer la confiance des femmes est  la clé de la performance » comme le démontrent tous les tests, toutes les expériences, tous les exemples. C’est ce que développent Eloïc Peyrache, Armelle Carminati, ainsi que Marie Boy qui appelle les entreprises à considérer les bénéfices de la mixité et à ouvrir des espaces de parole aux femmes. Valérie Lafarge- Sarkozy et Capucine Fandre en font autant pour le domaine politique et exhortent  directement  les femmes à s’engager résolument. Alors que Sophie Bramley les engage à  se saisir du pouvoir finalement le plus difficile à acquérir, « la gouvernance de soi ».

Bref  la mixité et l’égalité ne sont pas toxiques, au contraire, et constituent un sujet de société.Un livre collectif est toujours difficile à aborder : ici chaque article recèle quelques perles .

 


« Pouvoir(e)s. Les nouveaux équilibres femmes-hommes », publié par l’Observatoire des futurs. Sous la direction de Sophie Bramly et Armelle Carminati-Rabasse. Eyrolles. 2012

 

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2 commentaires

Alice 17 octobre 2012 - 10:42

Donner leur place aux femmes passe aussi par leur rendre leur nom ! Valérie Lafarge-Sarkozy est une femme… non un homme, comme pourrait le suggérer l’orthographe que vous avez donné à son nom (avec un -y) !
(vous pouvez bien sûr effacer ce commentaire une fois la « faute » réparée !)

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nanouak47 22 octobre 2012 - 15:03

et pourquoi ne pas s’attaquer aux catalogues de jouets que nous commencons deja a recevoir dans nos boites aux lettres et qui sont lus avec avidite par la plupart des enfants?
Quand on est une fille, on y apprend qu’on sera infirmiere ou caissiere et que notre role est d’etre des princesses, de s’occuper des bebes, faire la cuisine et le menage. Alors que les garcons sont des medecins, guerriers, des hommes d’action qui doivent sauver le monde.
Mon fils, des 2 ans, ne voulait pas regarder les pages roses parce que c’est pour les filles. Alors qu’il adore jouer avec une cuisiniere et une poussette. Mais personne n’a voulu lui offrir de poussette, parce que c’est pas un jouet de garcon et c’est rose.
Bref les enfant sont conditionnes des leur plus jeune age donc pas tres etonnant qu’on ne retrouve pas les femmes dans les spheres de pouvoir vu qu’elles savent qu’elles n’y sont pas attendues

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