Accueil Eco & SocialBien-être et richesses La pauvreté, de plus en plus féminine et familiale

La pauvreté, de plus en plus féminine et familiale

par La rédaction

Une pauvreté durable, qui touche de plus en plus les femmes seules avec enfant(s) : les observations sur le terrain du Secours catholique confirment les récents constats d’autres organismes.


« Les familles les plus pauvres s’installent durablement dans la pauvreté. » C’est le constat implacable du Secours catholique qui, dans un rapport publié le 8 novembre, dresse un bilan de 10 ans de regards sur la pauvreté.

L’une des principales tendances observées par le Secours catholique est l’augmentation de la pauvreté féminine, à tout âge de la vie ; « une tendance lourde et continue ».

En 2001, le Secours Catholique rencontrait autant de femmes que d’hommes. Dix ans plus tard, le nombre de femmes accueillies dans ses centres atteint 57 % des adultes en situation de pauvreté. C’est notamment le nombre de femmes seules âgées de 55 à 65 ans qui a fortement augmenté. Le Secours catholique y voit la conséquence de la conjoncture économique dégradée : « ces femmes éloignées du marché du travail pour élever leurs enfants ont d’autant plus de mal à retrouver un emploi lorsque ceux-ci quittent le foyer. »

Familles monoparentales

Et ce sont aussi les femmes seules avec enfant(s) qui sont particulièrement touchées : « la crise économique s’est traduite par une précarisation des couples avec enfants, mais surtout par une hausse des familles monoparentales durablement ancrées dans la pauvreté. » Les familles monoparentales accueillies par les équipes du Secours catholique représentent 30 % des personnes rencontrées en 2011. Soit 180 000 personnes – contre 150 000 en 2001. Une proportion trois fois plus élevée que dans l’ensemble de la population française.

Dans près de 90% des cas, ce sont des femmes seules avec enfant(s) : en 2011 l’association a accueilli 160 000 mères seules, et 20 000 pères. Et les enfants vivant dans ces familles monoparentales représentent plus de la moitié des enfants accueillis par l’association.

Constats partagés

Ce sombre constat rejoint les observations développées ces derniers mois par d’autres organismes. Ainsi, l’UNICEF s’inquiétait en mai dernier de l’impact croissant de la pauvreté sur les enfants français.

Le taux de pauvreté monétaire des familles monoparentales a augmenté de 4 points entre 2001 et 2010 alors qu’il a augmenté de moins d’1 point pour l’ensemble de la population française : c’est ce que relevait l’INSEE en septembre, en soulignant que l’indice des inégalités n’a pas été aussi mauvais en France depuis la fin des années 1980.

En mars, c’est l’Observatoire National de la Pauvreté et de l’Exclusion Sociale (ONPES) qui relevait des « évolutions préoccupantes » de la pauvreté.

 

Face à ce bilan, le Secours catholique fait « quatre propositions essentielles » :

1- l’accompagnement des personnes en difficultés doit être une priorité dans les lieux d’accueil publics (missions locales, pôle emploi) et dans les missions des travailleurs sociaux, pour mieux appréhender la multiplicité des problèmes posés aux personnes. Les associations n’ont pas vocation à remplacer la puissance publique mais à intervenir dans les situations les plus délicates, agir sur les causes de pauvreté et renforcer la cohésion sociale.

2 – Il faut revaloriser les minima sociaux qui ont pris beaucoup de retard par rapport aux besoins essentiels des familles et personnes pauvres. Ce retard explique largement le durcissement de la pauvreté.

3 – Les aides aux familles doivent être mieux ciblées pour tenir compte des situations réelles. De même, une réduction des charges fixes qui pèsent sur les ménages les plus modestes s’impose (plafonnement des loyers, bouclier énergétique, réduction des coûts de transport)

4 – Le droit du travail doit être reconnu pour les demandeurs d’asile. La durée de validité des cartes de séjour doit être rallongée, et les taxes exigées fortement réduites pour permettre aux personnes d’origine étrangère d’accéder plus facilement à des emplois.

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