Accueil Politique & SociétéÉducation PISA 2012 : le fossé de la lecture s’élargit entre filles et garçons

PISA 2012 : le fossé de la lecture s’élargit entre filles et garçons

par Arnaud Bihel

PISA2012bigL’enquête PISA 2012 confirme que les garçons réussissent à peine mieux que les filles en mathématiques, mais en compréhension de l’écrit l’écart en faveur des filles se creuse, en France comme ailleurs.


 

Les performances des adolescents français en mathématiques et en français se sont dégradées par le bas ces dernières années en France. C’est le principal élément qui est analysé dans la presse après la parution, mercredi 3 décembre, des derniers résultats de l’enquête PISA menée tous les 3 ans par l’OCDE. On peut y voir un autre fait marquant : le décrochage continu des garçons dans le domaine de la compréhension de l’écrit, tandis que leur avantage en mathématiques n’est pas significatif.

Inégalités accrues

L’enquête PISA porte sur deux domaines principaux : les mathématiques et la compréhension de l’écrit. En 2012, les performances des élèves français de 15 ans dans ces deux domaines se situent dans la moyenne des 65 pays concernés par l’enquête. Mais en 2003, elles étaient au dessus de la moyenne. « Le système s’est dégradé principalement par le bas entre 2003 et 2012 », explique l’OCDE.

Sans compter que les inégalités sociales se sont accrues en parallèle : « lorsqu’on appartient à un milieu défavorisé, on a aujourd’hui moins de chance de réussir en France qu’en 2003 », assène l’OCDE.

En maths, peu de différences entre filles et garçons

En mathématiques, la France compte « à peu près autant d’élèves très performants (niveau 5 ou 6 de compétence) » en 2012 qu’en 2003, « mais surtout beaucoup plus d’élèves en difficulté (sous le niveau 2 de compétence). » Et dans ce domaine, les différences entre filles et garçons sont minimes.

Dans ce domaine, l’écart de performance entre les garçons et les filles en France (un écart minime : 9 points sur environ 500) est légèrement plus faible que la moyenne, et est resté stable depuis 2003. Les résultats des garçons et des filles se sont dégradés parallèlement.

En lecture, l’écart se creuse en faveur des filles

En compréhension de l’écrit, la France se situe également dans la moyenne, et l’ écarts entre élèves très performants et élèves en difficultés s’est également creusé sur les 10 dernières années.

Mais contrairement aux mathématiques, l’évolution n’a pas été la même selon le genre : les filles ont accru leur avantage. Entre 2000 et 2012, la proportion d’élèves très performants a augmenté de 6 % chez les filles (contre seulement 2 % chez les garçons), tandis que la proportion d’élèves en difficulté a augmenté de 6 % chez les garçons (contre seulement 2 % chez les filles). Au final, entre 2000 et 2012, l’écart en faveur des filles est passé de 29 à 44 points de différence, sur environ 500.

L’enquête 2009 de l’OCDE témoignait d’une corrélation entre le plaisir et l’habitude de lire – bien davantage développés chez les filles – et les résultats PISA (Voir : Entre filles et garçons, le fossé de la lecture).

Les différences ne sont pas innées

Les observations au regard du genre en France se retrouvent à l’échelle internationale. En mathématiques « les garçons ne devancent les filles que dans 37 des 65 pays et économies qui ont participé à l’évaluation PISA 2012 ; les filles devancent quant à elles les garçons dans 5 pays. »

L’OCDE renouvelle un constat déjà abordé en 2009 : les écarts entre les sexes « varient sensiblement entre les pays/économies, ce qui donne à penser que les points forts et les points faibles des uns et des autres dans certaines matières ne sont pas innés, mais qu’ils s’acquièrent par le travail, et qu’ils sont souvent renforcés par des valeurs sociales. »

Pour les filles, blocages en haut de l’échelle

En fait, chez les filles, « la difficulté majeure est d’atteindre le sommet de l’échelle de compétence : les filles sont sous-représentées parmi les élèves les plus performants dans la plupart des pays et économies, ce qui est un sérieux obstacle, à l’avenir, sur la voie de la parité dans les professions en rapport avec la science, la technologie, l’ingénierie et les mathématiques ». Pour l’OCDE, il importe de donner davantage de confiance aux filles dans le domaine des mathématiques où, montre l’enquête, elles « croient moins en leurs capacités ».

A noter que c’est en France, juste après la Suisse, que la proportion de filles se déclarant anxieuses vis-à-vis des mathématiques est la plus élevée parmi les participants à l’enquête PISA. Alors que leurs résultats se situent pourtant dans la moyenne.

La moitié des garçons pas armés en lecture pour la vie quotidienne

Pour changer la donne, il faut « rompre avec les stéréotypes au sujet des domaines dans lesquels garçons et filles excellent, de ce qu’ils aiment faire et de ce qu’ils se croient capables de faire », souligne encore l’OCDE.

Cela vaut pour les filles en mathématiques, et pour les garçons en compréhension de l’écrit. D’autant qu’ils sont encore davantage pénalisés dans la mesure où, dans ce domaine, ils sont bien plus nombreux en bas de l’échelle de compétence… avec des conséquences majeures pour leur avenir social : un garçon sur deux (49 %), contre une fille sur trois (34 %), n’atteint pas le niveau 3 du test de compréhension écrite, « qui correspond au niveau demandé pour mener à bien les types de tâches que les adultes rencontrent couramment dans leur vie quotidienne. »

 

4 commentaires

Gina 3 décembre 2013 - 14:58

Allez les filles, croyez en vous !

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Eric 3 décembre 2013 - 15:36

Allez les filles!

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Lili 4 décembre 2013 - 11:47

Je dirai plutôt « allez les garçons » !!! Vous n’avez pas moins le gène de la lecture que les filles !! Rattrapez donc ce retard !!

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Imeon 12 décembre 2013 - 10:08

Le travail est à fournir pour chaque genre. C’est l’affaire de tous.tes pour combler les inégalités.

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