Accueil Politique & SociétéÉducation PISA 2015 : filles et garçons en sciences, un paradoxe français

PISA 2015 : filles et garçons en sciences, un paradoxe français

par Arnaud Bihel
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pisaC’est l’une des observations de l’enquête PISA 2015 : en France les filles réussissent aussi bien que les garçons en sciences. Mais elles prennent beaucoup moins de plaisir à étudier cette discipline.


 

Tous les 3 ans, c’est une vaste enquête largement décortiquée dans la presse. L’OCDE a publié, mardi 6 décembre, les résultats 2015 de son enquête PISA sur l’éducation. Près de 540 000 élèves de 15 ans dans 72 pays et économies ont été soumis.e.s à des épreuves de sciences, de mathématiques et de compréhension de l’écrit.

Sur le fond, les résultats pour la France sont plus positifs que ceux de la récente enquête TIMSS : la France se situe dans la moyenne. En revanche, cela reste un point noir du système français, la relation entre performance et milieu socio-économique des élèves reste l’une des plus fortes parmi les pays ayant participé à l’enquête. « En d’autres termes, plus on vient d’un milieu défavorisé en France, moins on a de chances de réussir à l’évaluation ». Et en termes d’équité entre les filles et les garçons ? La France fait mieux que la moyenne… avec quelques bémols. Analyse genrée des résultats :

C’est un constat déjà observé pas le passé : l’écart de performance en sciences entre les sexes reste favorable aux garçons, mais il tend à être faible, en moyenne, dans les 33 pays étudiés. Il est encore plus faible en France, et se réduit. La Finlande est le seul pays où les filles sont plus susceptibles d’être très performantes que les garçons.

Sciences et mathématiques, quasi égalité des scores, pas du plaisir

En France, l’écart de performance entre les garçons et les filles en sciences et en mathématiques n’est plus significatif. En sciences, il n’est que de 2 points (en recul d’un point par rapport à 2006) sur une moyenne d’environ 500 points. En mathématiques, s’est réduit de 9 points en 2003 à 6 points en 2015. Dans les deux cas, cet écart entre les sexes est inférieur chez les élèves français.e.s à la moyenne de l’OCDE. Reste qu’il se resserre surtout parce que les garçons voient leur score moyen baisser.

Les filles en France réussissent donc aussi bien en sciences que les garçons… et pourtant, elles disent prendre moins de plaisir qu’eux dans l’apprentissage des sciences : sur ce point, l’écart observé entre les sexes est l’un des plus marqués de tous les pays concernés par l’enquête. C’est également le cas quand les élèves sont interrogé.e.s sur les motivations pratiques à l’apprentissage des sciences. Là encore, la France est l’un des pays où l’indice est largement plus faible pour les filles que pour les garçons.

Pas les mêmes aspirations

On peut y voir une cause directe du résultat suivant : en moyenne, dans les pays concernés par l’enquête PISA, presqu’autant de filles que de garçons (24% et 25% respectivement) ont indiqué qu’ils envisageaient d’exercer une profession scientifique. En France, l’écart est bien plus marqué : c’est le cas de 23,6% des garçons et de 18,7% des filles.

A noter que, sans différence majeure entre la Fance et la moyenne de l’OCDE, les disciplines scientifiques que les élèves privilégient varient fortement selon le sexe : les filles aspirent plus à exercer une profession en rapport avec la santé, tandis que les garçons s’imaginent plutôt informaticiens, scientifiques ou ingénieurs. En France, par exemple, 5% des garçons disent vouloir travailler dans le domaine des technologies de l’information et de la communication (TIC), contre seulement 0.2 % des filles.

À l’écrit, les garçons grignotent leur retard

Pour ce qui est de la compréhension de l’écrit, le tableau est différent : les filles sont loin devant. Elles réussissent mieux que les garçons dans tous les pays étudiés.Toutefois, l’écart s’est également réduit, alors qu’il s’était creusé en 2012.

Voir : PISA 2012 : le fossé de la lecture s’élargit entre filles et garçons

En France, cet écart en faveur des filles est passé de 40 points en 2009 à 29 points en 2015. Un resserrement spectaculaire, même si la différence reste légèrement plus marquée que la moyenne de l’OCDE (27 points), qui a également vu l’écart se resserrer ces dernières années. Les scores ont légèrement augmenté chez les garçons et diminué chez les filles.

 

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