Dans son dernier numéro, Marianne consacre un dossier de 100 pages aux femmes… Mais le reste ne déroge pas aux habitudes.
« 100 pages garanties sans testostérone » annonce fièrement l’hebdomadaire Marianne pour présenter son numéro double à cheval sur 2016 et 2017. Et en effet, un épais dossier très bien fourni est entièrement consacré aux femmes « libres, combattantes (…) libertines. »
Le hic c’est que dans les pages qui précèdent ce dossier, Marianne traite l’actualité. Et cette actualité est, comme à l’accoutumée très testostéronée. Après deux chroniques écrites par deux hommes, les trois illustrations d’un sujet consacré à l’intégration de l’islam à la république affichent des assemblées masculines, les photos sont saisissantes !
Sujet suivant ? Les sarkozystes. Enorme photo avec 5 hommes, pas une femme. Et on n’en trouvera pas davantage citées dans le texte. Tournons la page : Marianne s’intéresse à l’OM, le club de foot marseillais. Là encore, pas de place pour les femmes. Moins évident au premier coup d’œil mais significatif néanmoins, dans une analyse sur les conséquences sanitaires des téléphones mobiles, la seule personne interviewée est un homme.
Enfin ! Dans un sujet sur « l’Amérique divisée », Marianne donne la parole à une femme, serveuse dans un bar. Mais celle-ci a le rôle habituellement dévolu aux femmes qui s’expriment dans les médias : juste un témoin d’un monde dont le destin se décide entre hommes.
Puis vient un article sur l’assassinat de l’ambassadeur russe en Turquie, les protagonistes sont des hommes encore. Dans une double page « Mieux vaut en rire », 18 sujets citent au total 23 hommes et 3 femmes. Viennent ensuite trois éditos signés par trois hommes avant les 100 pages consacrées aux femmes. Un dossier qui ressemble bien à une session de rattrapage de l’année 2016. Hors dossiers spéciaux, les femmes n’ont toujours pas beaucoup de place soit parce qu’elles n’occupent pas les postes de « décideurs », soit parce que leurs activités n’intéressent pas ceux qui font les médias. (voir notre dossier Femmes à l’antenne)
