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Polanski président : le mauvais scénario des César

par La rédaction

polanskiAppel au boycott de la prochaine cérémonie des César, qui sera présidée par Roman Polanski. Pour la ministre Laurence Rossignol, c’est une décision « choquante » qui s’inscrit dans la « culture du viol ».
(Article initialement publié le 19 janvier, mis à jour le 20 janvier)

En 2016, 20% des bad buzz avaient pour origine le sexisme. Et c’est sans doute le premier exemple de 2017 que vient de connaître l’Académie des Césars. Un appel au boycott de la prochaine cérémonie a été lancé mercredi 18 janvier, après que l’Académie et Canal+, se disant « fiers », ont dévoilé le nom du Président des César 2017 : le réalisateur Roman Polanski.

De nombreuses voix ont aussitôt déploré la mise à l’honneur d’un homme qui a fui les États-Unis pour ne pas avoir à répondre devant la justice d’un viol sur mineure. Pour rappel, le cinéaste a reconnu avoir eu, en 1977, des relations sexuelles avec une jeune fille âgée de 13 ans, qui affirmait avoir été « droguée et violée » durant une séance photo. Le réalisateur avait plaidé coupable pour « relation avec une mineure », mais nié le viol.

Dans les dizaines de commentaires indignés sur la page Facebook de l’Académie des César, le terme de « honte » revient souvent. Tandis qu’un appel au boycott de la cérémonie, qui se déroulera le 24 février, était lancé sur Twitter.

https://twitter.com/valerieCG/status/821726016364281859

 

Des voix politiques se sont même élevées. Comme celles des sénatrices Chantal Jouanno et Michelle Meunier, présidente et vice-présidente de la délégation aux droits des femmes.

 

Mise à jour : Vendredi 20 janvier, sur France Culture, la ministre des Droits des femmes a réagi, jugeant « surprenant et choquant que l’histoire d’un viol dans la vie d’un homme ne pèse pas ». Pour Laurence Rossignol, « c’est un choix qui témoigne, de la part de ceux qui ont décidé de le nommer président des César, d’une indifférence à l’égard des faits qui lui sont reprochés», et « cela s’inscrit (…) dans une espèce de banalité à l’égard du viol, ce que les féministes désignent comme « la culture du viol ». »

 

« L’affaire Roman Polanski en dit long sur la tolérance sociale qui existe encore au sujet du viol en France », réagissaitt, jeudi 19 janvier, l’association Osez le Féminisme !, qui appelle à manifester le 24 février devant la salle Pleyel, où se déroulera la cérémonie des César.

Une pétition a été lancée pour réclamer que Roman Polanski soit destitué de son rôle de président de cérémonie. « Par ce choix, les Césars se révèlent comme une institution profondément conservatrice quant aux droits des femmes », souligne le texte de la pétition qui dénonce « une insulte aux femmes et à la souffrance qu’elles peuvent endurer, une insulte aux victimes de viol (une femme toutes les sept minutes) qui sont des dizaines de milliers chaque année. ». L’Académie des César n’a pas souhaité réagir à la polémique.

Ce n’est pas la première fois que le passé de Roman Polanski crée le débat en France, son arrestation en Suisse en 2009 en avait été un autre exemple frappant.

 

Lire aussi :

Le HCE s’attaque au viol, cette “arme de destruction des femmes”

 

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4 commentaires

4 commentaires

flo 19 janvier 2017 - 13:50

Tiens c’est marrant.. Polanski est également membre de l’Association pour la Promotion du Cinéma (APC), association gestionnaire de l’Académie des Césars… La boucle est bouclée et le cercle bien fermé – et très masculin (80 % d’hommes sur 52 membres) mais je pense qu’en matière de cercle, fermé est synonyme de masculin non ?

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crimone 19 janvier 2017 - 16:33

et les PPDA (re)connus pour leurs ‘exploits » ? l’un violait à 13 ans et l’autre se promène, en public, avec l’aval de politiques avec une prostituée qu’il traite de facon inacceptable . Pourquoi personne n’a réagi quand il était directeur Fculture ou je ne sais plus où ?

Combien de « mme beaupin » ou autre andouille ?

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kundy 19 janvier 2017 - 17:51

Je pense surtout à Samantha qui s’en est sortie et a pu pardonner… son vrai calvaire a été la médiatisation qui l’a poursuivi alors que ses parents voulaient la protéger des affres de la Culture du Viol et de toutes ses justifications dégueu qui font de la victime une complice aussi coupable ….Si nous voulons une vraie justice stoppons toutes les minimisations des faits et des petits arrangements au plus simple délit….Rendre la justice au coup par coup ne sert à rien si le système de domination n’est jamais remis en cause ; reconnaissons déjà la culpabilité des agresseurs avant de vouloir les emprisonner, ce qui ne réduit pas le traumatisme….Polanski est un lâche mais il sait et a reconnu par euphémisme son attitude « inappropriée » mais avec délicatesse comme selon sa défense pratiquer une sodomie par souci respectueux de ne pas mettre enceinte sa partenaire ( merci Mon Maitre)…

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09 Aziza 20 janvier 2017 - 11:39

Entendu sur « Télématin », à une heure où des adolescents pouvaient entendre: « Polanski est en bisbille avec la justice américaine pour « UNE HISTOIRE DE VIOL QUI DATE DE PLUS DE QUARANTE ANS » et pour laquelle la victime a retiré sa plainte. Bref, une peccadille. Aucune mention du fait que la victime était âgée de 13 ans.
Le journaliste? un homme. A-t-il une fille?

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