Accueil Politique Pour Nicolas Sarkozy, seul l’homme blanc a un nom. Et pour Ligne jaune, seul l’homme blanc parle.

Pour Nicolas Sarkozy, seul l’homme blanc a un nom. Et pour Ligne jaune, seul l’homme blanc parle.

par Isabelle Germain

nicolas sarkozyAvec une constance troublante, le président de la République a appelé par leur nom les hommes blancs qui l’interrogeaient lundi sur TF1 tandis qu’il apostrophait par leur prénom les femmes et les autres hommes.

Et chez « Ligne jaune », seul l’homme blanc s’exprime sur l’inconscient du président

Invités à commenter les trahisons du vocabulaire présidentiel : des hommes ! C’est le cas dans cet extrait diffusé sur Dalymotion. Mais Guy Birenbaum, l’animateur nous fait savoir qu’il y avait une femme et qu’elle a parlé. Pour voir l’émission en entier il faut être abonné. Cet extrait est un teasing, une pub. Manifestement, la femme invitée n’a pas été considérée comme un bon produit d’appel par ceux qui ont fait le montage.

 

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26 commentaires

oups 26 janvier 2010 - 18:21

j’espère que les personnes apostrophées par leur prénom on eu le génie de répondre au président par « Nicolas »

Après tout, si on lui doit le respect il le doit aussi et je pense pas qu’ils aient élevé les cochons ensembles !!!! 😛

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Isabelle 26 janvier 2010 - 21:48

bien vu, appelons le Nick

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guy birenbaum 28 janvier 2010 - 19:39

Si vous aviez pris la précaution de regarder l’émission dont vous parlez en entier(la Ligne Jaune) vous auriez vu qu’il y avait une femme en plateau, Laure Le Forestier et qu’elle a commenté. Il s’agit malheureusement pour vous d’un montage réalisé par @si…C’est mieux de regarder les émissions dont on veut parler en entier…

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Isabelle G 28 janvier 2010 - 20:15

Cher Guy, j’ai apporté la précision que vous demandiez. Il s’agit d’un montage réalisé par @si, malheureusement pour vous, pas pour moi

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guy birenbaum 28 janvier 2010 - 20:44

Quand je vais dire aux gens d’@si que leur montage est sexiste, ils vont bien rire. Pardonnez moi mais votre deuxième passage est légèrement tiré par les cheveux…La prochaine fois vous regarderez une émission et pas un extrait. Elle sera en entier sur ma page du Post samedi matin et vous pourrez constater de visu, sans vous abonner que Laure Le FOrestier a tenu sa place et toute sa place !!!

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Isabelle G 28 janvier 2010 - 22:01

ma brève porte sur l’extrait pas sur l’émission. tant mieux si vous faites rire vos amis d’@si. Peut-être certains d’entre eux auront-ils envie de s’interroger sur certaines pratiques du journalisme qui ont tendance à accorder plus de légitimité aux paroles masculines qu’aux paroles féminines. En ce qui me concerne, je n’ai pas utilisé le mot « sexiste », je vous en laisse la paternité.

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Laure Leforestier 29 janvier 2010 - 07:39

j’ai participé à l’émission ligne jaune. je n’ai pas eu un instant le sentiment que ma parole n’était pas aussi importante que celle des hommes.

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marie-claude 29 janvier 2010 - 09:45

ligne jaune ou pas (une femme pour combien d’hommes?) j’ai été aussi choquée par la façon dont le président s’adressait à ses différents interlocuteurs et le fait d’utiliser le prénom pour les uns et monsieur pour une catégorie bien déterminée est très révélatrice!!

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Isabelle G 29 janvier 2010 - 09:55

@Laure : oui, mais votre parole n’a pas été retenue dans le teasing de Dailymotion et, (Pouvez-vous me le confirmer ?) il me semble que vous étiez la seule femme sur le plateau, comme dans beaucoup d’émissions politiques. Le propre de la discrimination inconsciente est précisément de ne pas s’annoncer, s’afficher ouvertement. Jamais un animateur d’émission ne dit ouvertement « bon je vous prévient, les femmes auront beaucoup moins la parole que les hommes ». C’est pourtant ce qui se passe (Voir le rapport sur l’image des femmes dans les médias cité dans l’édito)

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Geekgirl 29 janvier 2010 - 11:16

je trouve la réaction de M. Birenbaun assez flagrante du déni de sexisme. M. Birenbaun, votre émission a le mérite d’insister sur le sexisme inconscient de M. Sarkozy. Maintenant, ce n’est pas votre faute, mais lorsque l’on regarde la bande annonce de votre émission, on ne peut pas s’empêcher de n’y voir que des hommes qui en plus sont bien en mal de condamner clairement ce comportement. Vous avez été pris au même délit inconscient. Admettez-le et puis passons au fond du débat : la place des femmes dans la société et leur représentation dans les médias écrits ou audiovisuels.

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Olympeblogueuse 29 janvier 2010 - 23:22

je n’ai pas non plus vu l’émission en entier et j’attends avec impatience qu’elle soit sur le Post. de toute façon je ne doute pas une seconde, connaissant Laure qu’elle y a pris sa place et toute sa place .
Mais Guy je le répète régulièrement, le ratio des invités de la ligne jaune est très en défaveur des femmes.

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Geekgirl 4 février 2010 - 22:35

J’ai pris le temps de regarder l’émission en entier, et le passage concernant le sexisme de N. Sarkozy dure un peu plus de 5 minutes. Guy Birenbaum pose de bonnes questions sur le sujet, vraiment pertinentes. Mais en face, ça bafouille sec. Et il est normal que seuls les hommes apparaissent dans l’extrait, car la blogueuse invitée n’a pas souhaité ajouter de commentaires, malgré l’invitation de M. Birenbaum à le faire. Voilà c’est dit.

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Nad 5 février 2010 - 11:19

Un peu pathétique ces hommes qui cherchent des explications dans l’univers personnel de Sarkozy!
Qu’ils descendent de leurs blogs pour aller dans la vie professionnelle et ils s’apercevront que c’est un standard dans les entreprises, un usage hérité de l’époque où les femmes incarnaient, même au bureau, leur « rôle de femme » (« Mireille, apportez un café à Monsieur XYZ »). Notre président ne fait que porter notre inconscient collectif. Nous avons juste le porte parole que nous méritons: comment ce fait-il que toutes ces femmes apostrophées par leur prénom n’aient pas fait de même en répondant à Nicolas Sarkozy. Si on veut l’égalité, il faut commencer par la penser soi-même!

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jo 12 février 2010 - 14:24

U type qui fait élire à la tête d’une radio pour faire sa propagande un autre type condamné pour corruption de mineure, après avoir fait voter une loi loopsi 2 dont le volet informatique repose justement sur le blocage de sites pédophile en dit long sur l’état mental dudit type…Le peuple devrait avoir le droit de réclamer un certificat médical et psychologique de ses élus et des personnes qui se présentent à des élections. ce pays est un pays de cinglés !

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Karine D. 9 juillet 2010 - 08:47

Réduire aujourd’hui une femme à son prénom, c’est tenter ici de la séduire, de montrer une proximité, de se montrer populaire par une certaine familiarité mais c’est la réduire à un anonymat.. la réduire tout court: « Bernadette », ce n’est pas le « Monsieur Machin ».

Toute une stratégie d’approche et de persuasion: sérieux et respect pour l’un, familiarité et séduction pour l’autre (au féminin).

« Karine D. » qui n’est pas toujours réduite à cela sur le net, parfois je signe avec mon nom complet mais on se méfie du net …

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agnes.maillard 12 juillet 2010 - 08:28

Je ne pense pas qu’il y ait une once de séduction dans l’usage du prénom dans ce cadre précis, c’est bien la volonté de dominer, de rabaisser l’autre au statut d’enfant, de mineur, d’inférieur.

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Karine D. 12 juillet 2010 - 09:13

« agnes.maillard »
Je ne pense pas qu’il y ait une once de séduction dans l’usage du prénom dans ce cadre précis, c’est bien la volonté de dominer, de rabaisser l’autre au statut d’enfant, de mineur, d’inférieur.

Je pense que les deux ne s’excluent pas : il aime séduire son électorat en privilégiant un contact familier (tapes dans le dos, langage familier, il fait cela avec tout le monde pour montrer qu’il est le copain de tous …); les allusions à la séduction et à (la beauté de) son épouse reviennent d’ailleurs souvent.
Il essaie de montrer qu’il est un « homme »: sportif, direct et séducteur …
Ces femmes pourront se dire que « Nico les a appelées par leur prénom » … (la belle affaire …)
et ces messieurs seront contents d’avoir été traités d’égal avec le « monsieur » …

Donc séduction, infantilisation et infériorisation vont pour moi ensemble pour Nicolas Sarkozy mais je pense qu’il a plus conscience de cette recherche de séduction, d’amadouement, de familiarité si populaire que le processus d’infériorisation qui est en jeu.
Je ne suis pas psy mais je pense que c’est une manière de se rassurer sur sa virilité …

A lire Nicolas Sarkozy ou la masculinité mascarade du Président
de Catherine Achin et Elsa Dorlin

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Karine D. 12 juillet 2010 - 09:41

Cela me fait penser cette différence entre hommes et femmes au distinguo qui n’est pas souvent reconnu entre « madame » et « mademoiselle » … L’usage -seulement l’usage- fait qu’un petit garçon peut être appelé « monsieur » sans trop choquer et qu’une femme adulte peut être appelée « mademoiselle » sans trop choquer.
Il y a bien infériorisation avec le mademoiselle qui considère la femme non mariée comme une espèce de mineure …
Mais la séduction n’est pas loin: combien de femmes (bien) adultes adorent se faire appeler « mademoiselle » ??
Oui cela infériorise mais c’est souvent pour séduire …
« On m’abaisse mais on me charme … alors tout va pour le meilleur des mots: infériorisée mais séduite ! « .

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Karine D. 12 juillet 2010 - 09:46

« Karine D. »

Oui cela infériorise mais c’est souvent pour séduire …
« On m’abaisse mais on me charme … alors tout va pour le meilleur des mots: infériorisée mais séduite ! « .

Je voulais dire le meilleur des mondes … mais le lapsus renseigne sur l’importance des mots 😉

J’invite d’ailleurs à écouter la fin de cette interview de Brigitte Grésy qui fait allusion à l’usage de la séduction pour réduire la personne, la mettre dans une position qui bloque la réponse à ce sexisme :

http://blog.plafonddeverre.fr/post/Indispensable-Brigitte-Gr%C3%A9sy

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agnes.maillard 12 juillet 2010 - 13:08

Finalement, on est bien d’accord sur le fond : l’infériorisation de celle qui est appelée par son prénom.
Quant à la séduction de NS telle que tu la décris, on est plutôt sur le registre hypnotique du serpent, lequel séduit, stupéfie sa victime pour mieux la manger.

La séduction dans les relations sociales est aussi une arme à double tranchant. Certes, séduire l’autre permet d’arriver plus facilement à ses fins, mais le problème, c’est que c’est un peu un impératif pour les femmes. Les femmes, plus que de convaincre, se doivent de séduire pour « réussir ».
Et de ce point de vue-là aussi, je trouve cela terriblement discriminant et infériorisant : ne pouvoir réussir qu’en suscitant le désir de l’autre, sachant que dans ce cas, les qualités autres et intrinsèques sont quantités négligeables. Si être séduisante devient plus important que d’être compétente, alors l’égalité de traitement n’est pas pour demain.

Maintenant, savoir séduire permet de manipuler et de réussir sans plus de compétence que l’homologue masculin. Mais ça reste un pouvoir du pauvre. 😉

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Karine D. 14 juillet 2010 - 06:23

Dans ton analyse, Agnès -oui je signe Karine !-,je note une différence dans cette approche « séductrice ».

Faite par un homme plus ou moins mal intentionné comme N.S., les femmes peuvent se retrouver coincées car comme le dit Brigitte Grésy, il y a « brouillage du code amoureux … le sexisme prend souvent appui sur un faux témoignage de séduction ». Dans la logique de la galanterie, les femmes sont séduites mais infériorisées …( la belle affaire) ! c’est en effet le serpent qui met en avant la séduction pour cacher l’infériorisation…

Faite par les femmes, il me semble que cela procède d’un autre registre, point de galanterie mais l’idée (fausse mais qui marche plutôt bien) selon laquelle le charme peut tout faire … la toute-puissance de la beauté, du charme … une forme de pouvoir, du pauvre, comme tu dis ou de la pauvre … car, certes, de beaux hommes doivent aussi en user mais on est loin de cette « séduction » hypnoptisante d’un Nicolas Sarkozy … qui est dans la ligne droite de la galanterie qui a encore de beaux jours devant elle, me semble-t-il.

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agnes.maillard 14 juillet 2010 - 18:53

Là, je viens d’attendre mon point de Peeters en comportements humains. Je dois avouer que la séduction est un truc qui m’échappe assez au quotidien et du coup, je n’ai pas les armes intellectuelles pour comprendre ton raisonnement sur la différentiation sexuée de la séduction.
Désolée.

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Karine D. 15 juillet 2010 - 07:19

ah le point de Peeters ? je ne connaissais pas … J’ai appris récemment la Loi de Godwin mais pas le point de Peeters …
Mon argumentation est tout à fait discutable …
La différence que je vois ici dans cette démarche de la séduction chez les hommes et les femmes, c’est le poids de la galanterie qui, c’est mon poids de vue, infériorise les femmes.
Le poids de la tradition et de l’histoire qui ont aussi souvent réduit les femmes à investir dans le pouvoir de la séduction à défaut du pouvoir tout court -puisque la Révolution française a assez vite balayé les femmes de l’espace public : interdiction des clubs féminins en 1793, exécution d’Olympe de Gouges qui avait écrit la « Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne »-.

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agnes.maillard 15 juillet 2010 - 12:20

En fait, il s’agit du principe de Peter qui fixe le seuil d’incompétence de chacun dans un système hiérarchique

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fanchon 23 août 2010 - 07:58

à noter aussi dans cet extrait, l’impuissance des hommes sur le plateau d’@si à dépasser leur ressenti.
Ils n’ont que des intuitions qu’ils disent ne pas pouvoir analyser – ce que font très bien les femmes qui commentent ici.
Donc, en abîme, il manque aussi des femmes à @si et ils n’en ont pas conscience.
Ou bien les ont-ils éventuellement cachées pour éviter la comparaison ?

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fanchon 23 août 2010 - 08:08

Ce n’est pas nouveau, un petit souvenir :
Giscard président, interviewé sur France-Inter, disait « Annette » à la grande journaliste A. Ardisson. Séduction ? en tout cas on avait l’impression qu’il parlait à une soubrette !

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