Pourquoi seulement 12 % de femmes à la tête de PME ?

par La rédaction

Selon une étude de BpiFrance, le plafond de verre est très bas dans les PME de plus de dix salarié.es et entreprises de taille intermédiaire (ETI).

« Les femmes représentent 49 % de la population active mais seulement 12 % des dirigeants de PME-ETI » constate l’étude « Dirigeantes et dirigeants de PME-ETI, quelles différences ? » réalisée par BpiFrance avec l’association Femmes chef d’entreprise.

La banque publique qui soutient les entreprises a enquêté auprès de 417 dirigeantes et 743 dirigeants de PME de plus de dix salariés et d’entreprises de taille intermédiaire (ETI), qui emploient entre 250 et 4 999 personnes.

Plus la taille des entreprises augmente, moins les femmes accèdent aux postes de dirigeantes : elles sont 14 % dans les entreprises de moins de 50 salariés, 8 % pour les entreprises de plus de 100 salariés, 6 % dans celles qui en comptent plus de 250. Près de 37 % de ces dirigeantes ont créé elles-mêmes leur entreprise, près d’une sur trois a repris une affaire familiale, contre un dirigeant masculin sur dix.

Si ces chiffres sont éloignés de la proportion, souvent citée, d’un tiers de femmes parmi les entrepreneur.es, c’est parce que l’enquête, ici, ne porte pas sur les très petites entreprises (TPE), qui emploient moins de dix salariés. Dans ces toutes petites entreprises, la part de femmes dirigeantes est très élevée.

Moins nombreuses, les femmes sont aussi moins bien rémunérées que les hommes dans la cour des PME / ETI étudiées dans cette enquête de BpiFrance. Leur rémunération moyenne est inférieure à celle des hommes «quelle que soit la taille de l’entreprise ». Un quart de ces dirigeantes gagne moins de 50.000 euros par an quand c’est le cas de 14 % des hommes. Et, en haut du tableau, 5 % gagnent plus de 250.000 euros, contre 11 % des hommes.

Contrairement à bien des études, selon celle de BpiFrance, les femmes n’éprouvent pas plus de difficultés que les hommes à accéder aux financements. 61 % des dirigeantes de PME et ETI interrogées considère l’accès au financement facile, et c’est le cas pour 67 % des hommes. Mais les cheffes d’entreprises seraient « un peu plus prudentes que les hommes sur les levées de fonds et le financement de la croissance », a déclaré à l’AFP Elise Tissier, directrice du Lab de BpiFrance qui a réalisé l’enquête… Elles ont sans doute intériorisé une forme d’infériorisation des femmes dans la sphère économique.

La banque publique met surtout en cause les stéréotypes de genre extérieurs au financement des entreprises.  Les dirigeantes font « régulièrement face à des discriminations liées au genre, dans les interactions professionnelles hors de l’entreprise.» Elles « portent aussi la charge de la gestion familiale. 37 % des cheffes d’entreprise en couple déclarent que leur conjoint ne s’occupe pas de la gestion familiale.» Elles ont aussi des parcours «moins linéaires» que les hommes.

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