Accueil Politique & SociétéSanté Pourquoi si peu de réanimatrices à la télévision ?

Pourquoi si peu de réanimatrices à la télévision ?

par La rédaction

Le groupe Femmir dénonce l’invisibilisation des femmes dans la médecine intensive de réanimation. Elles sont pourtant nombreuses dans cette profession… mais pas aux postes les plus prestigieux.

Alors que la crise sanitaire n’en finit pas de rebondir, nombre de représentants du corps médical vont, sur les plateaux télé, éclairer la lanterne des journalistes. Et ces médecins sont principalement des hommes. En particulier pour ce qui concerne la Médecine Intensive Réanimation (MIR) qui « est l’un des acteurs clefs de la prise en charge des patient.e.s infecté.e.s par le virus Sars-Cov-2 depuis maintenant deux ans ».

Dans une tribune publiée dans le Huffington post, le groupe Femmes Médecins en Médecine Intensive Réanimation (Femmir) de la Société de Réanimation de Langue Française (SRLF) rappelle des chiffres publiés par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) en 2020 : 73 % des médecins sollicités par les médias étaient des hommes alors que la médecine généraliste et spécialiste compte 46 % de femmes dans ses rangs.

Elles étaient deux en 2020 à avoir été invitées sur des plateaux télé et trois ou quatre en 2021…  Olfa Hamzaoui, médecin réanimateur médical à Clamart, qui co-signe la tribune a notamment été vue à plusieurs reprises sur LCI par exemple.

Mais comme les médias ont plutôt tendance à appeler les dirigeants pour partager leur expertise, ils appellent rarement des femmes. En outre, la profession de réanimateur est moins féminisée que d’autres professions médicales. « En 2021, selon le Conseil de l’ordre national des médecins, 49,8% des médecins en activité sont des femmes, et 65% des moins de 39 ans. La représentativité des femmes diffère selon les spécialités : elles sont 51,5% parmi les généralistes en activité, 33% parmi les médecins réanimateurs médicaux, taux le plus bas parmi les spécialités médicales » indique la tribune.

Problème systémique, transculturel,

En outre « Les médecins experts sollicités sont habituellement les professeurs d’université. Rappelons que seulement 19% de ces professeurs d’université, toutes spécialités confondues, sont des femmes et que ce taux chute à moins de 8% en médecine intensive réanimation (rapport des inspections générales des affaires sociales et de l’enseignement supérieur). »

Dans ces conditions, les femmes susceptibles de s’exprimer dans les médias sont rares. Et agir sur la seule profession des réanimateurs n’est pas suffisant pour donner davantage la parole aux femmes.

Le collectif souligne que « Le problème est systémique, transculturel, non spécifique d’un groupe, d’un pays ou d’un contexte donné. »

Plusieurs fils sont à tirer pour démêler la pelote des inégalités. Parmi ceux-ci : l’argent. « En sciences et en médecine, les femmes ont moins de projets de recherche scientifique financés et reçoivent des fonds moins importants que les hommes » écrivent les autrices de la tribune. Moins de projets de recherche financés, donc elles publient moins d’articles scientifiques, sont moins visibles et moins sollicitées… Dans les congrès scientifiques elles ne représentent que 5 à 26% des orateurs. Et c’est un cercle vicieux, moins visibles, les femmes sont perçues comme moins légitimes aux postes les plus prestigieux. Elles sont donc moins nombreuses à pouvoir devenir des modèles pour d’autres femmes.

Et bien sûr, les rôles sociaux de sexe toujours traditionnels en France sont un autre frein : c’est aux femmes qu’incombe la charge de la famille et du domestique, les femmes sont donc perçues comme moins disponibles pour leur réussite professionnelle.

Alors la Femmir bataille sur tous ces fronts pour que « demain, il y ait au lit des malades, aux postes décisionnaires, parmi les professeurs d’université, parmi les auteurs d’articles scientifiques, parmi les orateurs des congrès, autant de femmes que d’hommes et autant d’expertes que d’experts. »

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