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Prix Poincaré : première féminine

par La rédaction

 

SarfatyAnantharaman

Pour la première fois, le prix Henri Poincaré est décerné à deux femmes ; deux jeunes Françaises. Attribué tous les trois ans depuis 1997, ce prestigieux prix récompense des scientifiques pour leurs « contributions remarquables » dans le champ de la physique mathématique ainsi que de jeunes scientifiques ayant déjà apporté des contributions exceptionnelles.

Les deux Françaises – Nalini Anantharaman du laboratoire de mathématiques d’Orsay (CNRS/Université Paris-Sud) et Sylvia Serfaty du laboratoire Jacques-Louis Lions (CNRS/UPMC) – ont été récompensées lundi 6 août au Congrès international de physique mathématique (plus d’informations sur leurs travaux sur le site du CNRS). Les deux autres lauréats sont les états-uniens Freeman Dyson et Barry Simon.

Lors de ses 5 précédentes éditions, le prix n’avait récompensé que des hommes. Seules deux femmes, Marie Curie en 1903 et Maria Goeppert-Mayer en 1963, ont obtenu le prix Nobel de physique. Tandis que la médaille Fields, équivalent d’un Nobel de mathématiques, n’a toujours été décernée qu’à des hommes.

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11 commentaires

Lili 10 août 2012 - 16:05

Oui, bravo à elles.
J’avoue que j’ai cherché (mais pas trouve) à savoir si elles ont des enfants. Oui c’est sexiste. Mais j’aurais posé la même question pour les hommes qui reçoivent ce prix chaque année.

Mais j’ai une amie qui est chercheuse en math après un parcours similaire à celui de ces femmes (qui ne fait que débuter, elle est plus jeune) et elle me disait que ses collègues, hommes (surtout hommes) ou femmes, qui sont au top niveau de la discipline, n’ont « pas de vie » (je la cite), et que c’est un questionnement existentiel pour elle que de savoir si elle satisfait son ambition au prix de sa vie personnelle ou si elle se donne le droit d’une vie équilibrée et renonce à atteindre le sommet. Ce fut une discussion visiblement douloureuse pour elle ce jour-là.

Dans un contexte où on veut encourager les jeunes vers les carrières scientifiques, jeunes qui portent cette préoccupation de manière plus intense que les plus âgées, savoir comment cela se passe pour ces jeunes femmes qui sont au top, ça peut compter.

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Viviane M 11 août 2012 - 09:11

En effet, le bac dit scientifique a été transformé peu à peu depuis trente ans en un bac généraliste où il devient impossible de tester ses goûts pour les études et métiers scientifiques. Déjà la réforme de 1995 dite de « rénovation pédagogique » avait supprimé le bac E, bac qui évitait la mise en échec de celles et ceux pour qui faisaient un blocage devant les codes d’expressions artificielles des littéraires. (Le bac S-SI ne le remplace en aucun cas : il n’a pas les mêmes caractéristiques).
La réforme Chatel est fait de telle manière que la nouvelle 1ère S vérifie que les élèves ont les capacités de poursuivre des études littéraires (ce n’est pas une faute de frappe), mais interdit la progressivité des apprentissages scientifiques réduits à la portion congrue. Il s’agit aussi d’une discrimination pour les femmes, car celles-ci, victimes des stéréotypes de la sociétés, ont besoin d’être rassurée sur leur goût. Il s’agit d’une stupidité économique car la France comme tous les pays européens n’ont pas assez de diplômés en science pour faire marcher son économie.
Pour plus d’informations, allez voir les « 20 propositions des femmes ingénieures et scientifiques » le thème 3 « Repenser la place des sciences et de l’ingénierie dans l’éducation ».

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Viviane M 11 août 2012 - 09:24

« Lili »
Oui, bravo à elles.
J’avoue que j’ai cherché (mais pas trouve) à savoir si elles ont des enfants. Oui c’est sexiste. Mais j’aurais posé la même question pour les hommes qui reçoivent ce prix chaque année.

Tous les métiers basés sur la passion sont prenants en temps, imposent des contraintes et supposent des choix en accord avec le/la conjoint-e concernant l’équilibre de la vie de famille et de la vie professionnelle. Les métiers peuvent être liés aux mathématiques, aux sports, à la littérature, à l’artisanat réputé, à l’art (musicien-ne-s virtuoses). Pour cette raison, je suis très gênée par votre remarque qui associe ces contraintes à la recherche en mathématiques et renvoie aux stéréotypes de la société.

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Lili 11 août 2012 - 20:09

Je n’associe pas uniquement ces contraintes à la recherche en math, mais là on parle de chercheuses en math… Je pouvais difficilement faire autrement, d’autant plus que je connais deux amies chercheuses, dont l’une en math, l’autre en physique, et qu’en effet elles ont souffert et souffrent encore de ces difficultés. Cela ne veut pas dire que ce soit exclusivement lié aux maths !!

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Lili 11 août 2012 - 20:11

Et il ne s’agit pas de stéréotypes, car mes ami-e-s chercheurs ne sont pas des stéréotypes mais bien des personnes, dont des filles qui ont justement dépassé ces stéréotypes, et qui n’ont pas de conjoint avec qui trouver un équilibre car justement leur travail ne leur permet pas de construire un couple équilibré. Je ne suis pas sûre qu’elles encouragent leurs filles (si elles en ont) à les imiter…

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Viviane M 12 août 2012 - 08:25

« Lili »
Et il ne s’agit pas de stéréotypes, car mes ami-e-s chercheurs ne sont pas des stéréotypes mais bien des personnes, dont des filles qui ont justement dépassé ces stéréotypes, et qui n’ont pas de conjoint avec qui trouver un équilibre car justement leur travail ne leur permet pas de construire un couple équilibré. Je ne suis pas sûre qu’elles encouragent leurs filles (si elles en ont) à les imiter…

Je suis proche d’une association de femmes scientifiques qui sont très épanouies dans leur métier, qui le conseillent à leurs enfants et qui trouvent le temps d’aller dans les établissements scolaires pour faire connaître leur métier aux jeunes. La quasi-totalité sont mariées et ont plusieurs enfants. C’est pour cela que votre opinion me gêne, car elle s’appuie sur une représentation inexacte de la société et elle renforce une idée reçue dont la conséquence est l’oubli des femmes pour les promotions vers les postes valorisants. Pourquoi les femmes avec enfants seraient moins capables que s’organiser que les hommes avec enfants pour libérer du temps pour leur passion ? D’autant que les cours (qui imposent une présence obligatoire dans l’établissement) finissent à 17H.

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Lili 12 août 2012 - 21:14

« Viviane M »
[quote name= »Lili »]C’est pour cela que votre opinion me gêne, car elle s’appuie sur une représentation inexacte de la société et elle renforce une idée reçue dont la conséquence est l’oubli des femmes pour les promotions vers les postes valorisants. Pourquoi les femmes avec enfants seraient moins capables que s’organiser que les hommes avec enfants pour libérer du temps pour leur passion ? D’autant que les cours (qui imposent une présence obligatoire dans l’établissement) finissent à 17H.

Je répète : je ne donne pas une opinion, je relate ce que vivent dans la vraie vie mes amies qui sont chercheuses.
Les cours finissent à 17 h certes, mais le temps de recherche se fait avant et après. Les conférences et séminaires se déroulent à l’étranger. Les diners et apéros où on fait son réseau, c’est le soir. Le directeur de labo qui vous rappelle pendant votre 8e mois de congé mat pour corriger des copies depuis chez vous, c’est la vraie vie. L’autre directeur qui cesse de vous associer aux nouveaux dossiers depuis que vous avez des enfants, c’est aussi la vraie vie.

Je pense que la prochaine fois que mes amies (ainsi que ma belle-soeur, qui a effectivement mari et enfant mais qui est en train de renoncer à sa carrière, pour le coup) craqueront devant le bébé des autres, le mariage des autres, je leur dirai que leur parcours a permis de casser les stéréotypes. Je pense que ça les consolera beaucoup.

Et en effet, la même chose s’applique à mes amies archéologues, directrices d’usines, agrégées de grammaires (encore que la littérature étant une activité dite féminine, ça passe mieux).

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Lili 12 août 2012 - 21:17

« Lili »
[quote name= »Viviane M »] Pourquoi les femmes avec enfants seraient moins capables que s’organiser que les hommes avec enfants pour libérer du temps pour leur passion ? D’autant que les cours (qui imposent une présence obligatoire dans l’établissement) finissent à 17H.

Je suis d’accord avec vous, mais justement mon amie qui constatait que les meilleurs de son labo n’ont pas de vie perso, ne parlait pas spécifiquement des femmes, mais aussi (et surtout car ils sont plus nombreux) des hommes, qui visiblement ont eux aussi tout donné à leur carrière. C’était précisé dans mon premier texte.

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Lène 13 août 2012 - 17:41

« Lili »

Je suis d’accord avec vous, mais justement mon amie qui constatait que les meilleurs de son labo n’ont pas de vie perso, ne parlait pas spécifiquement des femmes, mais aussi (et surtout car ils sont plus nombreux) des hommes, qui visiblement ont eux aussi tout donné à leur carrière. C’était précisé dans mon premier texte.

Donc, si j’ai bien suivi, il ne s’agit pas d’un problème féminin, mais du choix qu’un individu doit faire entre une passion, et une vie personnelle. Évidemment on incite moins les femmes à suivre leur passion car elles doivent se consacrer à leur famille. C’est pourquoi il est primordial de combattre les stéréotypes associées aux différentes disciplines d’une part, et à réfléchir à une autre répartition du temps de travail et de vie personnelle d’autre part.

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Viviane M 13 août 2012 - 19:32

« Lène »

Évidemment on incite moins les femmes à suivre leur passion car elles doivent se consacrer à leur famille.

C’est justement cela qui me gène. Il y a objectivement strictement aucune raison que la femme s’occupe plus de la famille que l’homme. Les personnes de confiance qui gardent les enfants cela existe. Le conjoint peut prendre sa part dans les activités domestiques et s’occuper des enfants lors des déplacements. Par ailleurs, les réunions en soirée dans la recherche, à part les « social events » lors des séminaires, je ne connais pas. Je ne vois pas où est le problème d’organisation pour corriger un tas de copies pendant un congé maternité. Un bébé, cela dort la moitié de la journée.(Il y a un problème de principe toutefois.). Toutes les activités de la recherche sont planifiées, les chercheuses et chercheurs ont parfaitement le temps de s’organiser pour les obligations en dehors du créneau habituel.
Franchement, le problème des femmes-chercheuses n’est pas le temps de travail et les déplacements, mais la difficulté qu’elles ont de faire reconnaître la qualité de leur recherche. Sauf bien sûr, si elles ont choisi un compagnon ou une compagne égoïste qui ne prend pas sa part des activités domestiques.

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lili 27 août 2012 - 15:07

« Viviane M »
[quote name= »Lène »]

C’est justement cela qui me gène. Il y a objectivement strictement aucune raison que la femme s’occupe plus de la famille que l’homme.

Bien d’accord avec vous.

Les personnes de confiance qui gardent les enfants cela existe.

Le but de la parentalité ne devrait pas être que d’autres s’occupent de vos enfants. On fait des enfants pour en profiter, aussi.

Moi non plus, mais ls social events ça fait déjà beaucoup. Et mon amie parle des heures du soir passées au labo à faire son boulot de recherche tranquillement.

Je ne vois pas où est le problème d’organisation pour corriger un tas de copies pendant un congé maternité. Un bébé, cela dort la moitié de la journée.(Il y a un problème de principe toutefois.)

Le problème est qu’un congé maternité est un congé. On se repose, on prépare la naissance, bref on fait autre chose. Puis on essaie de récupérer (parce qu’un bébé dort la moitié de la journée mais ne dort pas pendant la moitié de la nuit). C’est un problème de fatigue. Et aussi de principe.

Toutes les activités de la recherche sont planifiées,…
Certes mais la planification occupe 60 h par semaine. S’organiser est possible, réduire cette durée globale, visiblement, c’est plus compliqué. Et c’est là le problème.

Franchement (…), Sauf bien sûr, si elles ont choisi un compagnon ou une compagne égoïste qui ne prend pas sa part des activités domestiques.

Elles choisissent comme elles peuvent avec les gens qu’elles rencontrent et leurs sentiments amoureux. A force de célibat ou de ruptures, on finit par considérer que se séparer pour cause de dispute autour du balai alors qu’on est d’accord sur le reste ça ne vaut pas la peine. Et parfois leur compagnon/compagne pas égoîste a lui aussi des contraintes similaires. Mais c’est aussi un autre débat.

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