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Quand l’Église découvre les vertus de la parité

par La rédaction

Pour dénoncer l’ouverture du mariage aux couples homosexuels, le cardinal Vingt-Trois dégaine la notion de parité, « nécessaire » dans le couple. Un argument à double tranchant.


 

L’Eglise s’invite dans le débat autour du mariage pour tous. Alors que le gouvernement doit présenter le projet de loi en conseil des ministres ce mercredi 7 novembre, elle sonne la charge. Samedi, l’archevêque de Paris, André Vingt-Trois, a appelé les chrétiens à s’opposer à l’ouverture du mariage aux couples homosexuels.

Avec, dans son argumentaire, un élément particulièrement fallacieux : la parité. « Alors que l’on prescrit la parité stricte dans de nombreux domaines, imposer, dans le mariage et la famille, où la parité est nécessaire et constitutive, une vision de l’être humain sans reconnaître la différence sexuelle serait une supercherie », a lancé le cardinal Vingt-Trois à Lourdes.

Eglise et parité, le malentendu

La notion de parité au secours de la famille traditionnelle : le procédé est culotté. Mais pas tout à fait nouveau. Au printemps 2011, alors que le PS venait de dévoiler son projet, incluant le mariage pour tous, l’UMP utilisait ce même argument : le couple, c’est la parité. « Si nous nous battons pour la parité, c’est bien parce que nous reconnaissons qu’il y a une dimension essentielle à préserver dans l’altérité sexuelle. Il serait paradoxal de se battre pour la parité et de considérer que cela n’a pas d’importance au cœur de la famille », pouvait-on lire dans un argumentaire officiel du parti.

Mais venant de l’Église, l’argument de la parité est d’autant plus étonnant qu’il est à double tranchant. Certains l’ont d’ailleurs remarqué. « La bonne nouvelle, c’est que M. Vingt-Trois défend la parité. En voilà une bonne idée pour la hiérarchie catholique », s’amuse le député Denis Baupin sur Twitter. L’archevêque semble confondre la notion de parité avec le dangereux concept de « complémentarité » que les Tunisiennes ont courageusement combattu.

Bastion d’inégalité

Car l’Église, c’est une évidence, reste l’un des bastions de l’inégalité entre hommes et femmes. Et André Vingt-Trois n’est pas le dernier pour perpétrer cette tradition. On se souvient qu’en 2009 il défendait l’interdiction faite aux femmes d’accéder à des ministères liturgiques avec cette phrase : « Le tout n’est pas d’avoir une jupe, c’est d’avoir quelque chose dans la tête. »

Et dans plus d’une église sur trois en France, les filles n’ont même pas le droit d’être enfant de chœur, comme le soulignait récemment le Comité de la jupe, association chrétienne de lutte contre la discrimination à l’égard des femmes dans l’Église. Elle s’indignait dans une lettre ouverte de cette « exclusion ». On attend toujours la réponse du cardinal Vingt-Trois.

 

 

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