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Dans les lycées, référent.es égalité fantômes

par Camille Saint-Cricq

Selon une enquête du collectif  #NousToutes, plus de deux lycées sur trois ignorent les référent.es égalité pourtant obligatoires depuis 2018.

Pas un débat, une discussion, une réflexion sur l’égalité des sexes sans que soit évoquée la question de l’éducation des jeunes. Et pourtant, il a fallu attendre 2018 pour qu’un comité interministériel rende obligatoire la nomination d’un.e référent.e égalité dans chaque établissement scolaire du second degré. Combien de temps faudra-t-il pour que ces référent.es puissent vraiment accomplir leur mission ?

Le rôle de ces référent.es devait être de transmettre une « culture de l’égalité ». Ces référent.es pouvant être des professeur.es, conseiller.es principaux d’éducation ou encore infirmièr.es scolaires. Plus de trois ans après, quand le collectif #NousToutes appelle les lycées pour faire un point de la situation, c’est un peu le désert. Certains établissements ignorant tout simplement cette obligation.

#NousToutes a appelé 978 lycées, soit près du quart des établissements de second degré en France, ce qui représente un bel échantillon représentatif. Sur ces 978 établissements, 258 étaient incapables de répondre et n’ont pas su dire si un.e tel.le référent.e avait été désigné.e. Sur les 720 qui ont répondu, 68% n’avaient pas nommé de référent.e égalité.

Très moyens et mauvais élèves

Les lycées privés figurent parmi les plus mauvais élèves : seulement 11% d’entre eux sont dotés d’un.e référent.e, contre 41% des établissements publics. Les régions qui ont encore une très grosse marge de progression sont Paca et Pays-de-la-Loire : respectivement  79 et 76 % des établissements ne sont pas dotés de référent.es égalité. Et la Normandie fait figure de meilleure élève avec un score au-dessus de la moyenne : 60% d’établissements ont nommé un.e référent.e.

Encore une règle favorable à l’égalité qui s’applique de façon très marginale. Car, observe #NousToutes, non seulement le sujet semble être le cadet des soucis des lycées, mais quand des référent.es ont été nommés, ils et elles manquent de ressources : peu de contenus pédagogiques adaptés, peu d’horaires et de salles aménagés pour des séances de sensibilisation et des référents quasiment bénévoles. «De nombreuses référentes et nombreux référents nous ont dit manquer de temps disponible pour exercer leur mission. Le titre de référent leur est donné sans que ne soient prévues des heures de délégation pour assurer la mission » déplore #NousToutes, qui a entendu, au cours de l’enquête : « C’est moi (le/la référent-e)! Mais je ne sais pas ce que c’est, je veux bien des infos ! » rapporte le communiqué.

Le collectif dénonce  « l’absence de volonté politique criante sur le sujet de l’égalité filles-garçons au sein des établissements scolaires »… Mais pas sûr que de mauvaises notes au semestre prochain empêchent les dirigeants politiques de passer dans la classe supérieure…

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