Remaniement viril chez David Cameron

par La rédaction

Cameron

Le remaniement du gouvernement britannique fait encore reculer la place des femmes. Elles occupent moins d’un ministère sur six.


 

Les Jeux Olympiques de Londres ont souvent été présentés comme ceux des femmes. Mais c’est loin d’être le cas du gouvernement britannique. Lors de la campagne qui l’a porté au pouvoir en mai 2010, David Cameron avait promis de nommer au moins un tiers de femmes à la tête de ministères. Mais son premier gouvernement s’est avéré loin du compte : avec 5 femmes sur 27 ministres, le Royaume-Uni pointait en 2010 à la 17ème place européenne dans ce domaine.

Le remaniement opéré mardi 4 septembre par le Premier ministre conservateur fait même reculer la place des femmes au gouvernement. Selon les données analysées par The Guardian, il y avait 5 femmes et 24 hommes dans le précédent gouvernement. Le nouveau compte deux hommes supplémentaires, ce qui signifie une baisse de la proportion de femmes qui y participent : de 17,2 à 16,1%.

Le poste de ministre « des femmes et de l’égalité » passe d’une femme à une autre. Elle revient à Maria Miller, qui aura également en charge la Culture. Elle était auparavant en charge des personnes handicapées.

Déplorable message

La presse britannique annonçait même, avant l’annonce officielle du nouveau gouvernement, qu’il compterait une femme en moins. Et ne manquait pas de souligner ce recul de la représentation politique des femmes. « Le remaniement ne permet pas de corriger l’impression d’une coalition [celle qui unit les Conservateurs de David Cameron et les Libéraux Démocrates de Nick Clegg] dominée par les hommes », note par exemple The Telegraph.

Les associations étaient également nombreuses à réagir. « Malgré le constat quasi-général selon lequel il faut plus – pas moins – de femmes pour construire notre économie, le Premier ministre a choisi de marginaliser davantage l’influence des femmes en politique », déplorait ainsi Ceri Goddard, directrice de la Fawcett Society. Elle soulignait que « ce recul envoie également aux autres secteurs de la société ce message : exclure les femmes des postes de pouvoir est acceptable ». La Grande-Bretagne est l’un des pays européens qui s’opposent au système de quotas pour féminiser les Conseils d’administration.

Les dernières élections législatives britanniques n’ont porté à la Chambre des Communes que 142 femmes sur 649, soit seulement 22%, contre 19,5% dans la précédente assemblée. Un chiffre « dérisoire », jugeait alors la directrice du Center for Women & Democracy. La France fait à peine mieux sur ce point : l’Assemblée nationale compte aujourd’hui 27% de femmes – 8 points de plus qu’en 2007.

 

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Voir aussi les tableaux réalisés par la Fondation Robert-Schuman sur la représentation des femmes dans les gouvernements et les parlements en Europe.

 

 

Photo : David Cameron le 13 mai 2010. United Kingdom Home Office

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De profundis 5 septembre 2012 - 14:01

les anglais n’ont jamais été très virulents sur la question de l’égalité

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