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Revalorisation « historique » pour les métiers du care en Nouvelle-Zélande

par Arnaud Bihel

Le gouvernement néo-zélandais annonce des augmentations de salaires majeures dans les métiers très féminisés des services à la personne.


 

En Nouvelle-Zélande, 55 000 employé.e.s vont bénéficier d’augmentations de salaires allant de 15% à 50%, selon la qualification et l’expérience, dans les métiers très majoritairement féminins du care. Cette annonce du gouvernement néo-zélandais, mardi 18 avril, est saluée comme « historique » par les syndicats concernés, qui y voient « une avancée majeure face aux inégalités de genre » dans le pays.

Cette revalorisation salariale s’applique aux métiers des soins aux personnes âgées ou handicapées, en établissement ou à domicile. Les 20 000 employé.e.s du secteur qui reçoivent le salaire minimum, par exemple, verront celui-ci passer de 15,75 à 19 dollars néo-zélandais (de 10,4 à 12,5 euros) de l’heure dès le 1er juillet, une augmentation de 21%.

Kristine Bartlett, « héroïne de l’égalité salariale »

L’enveloppe totale de ces augmentations représente un montant de plus de 2 milliards de dollars (1,3 milliards d’euros) sur 5 ans. Cet accord intervient après 20 mois de négociations entre le gouvernement et les syndicats.

À l’origine, un jugement de la Cour Suprême. En 2012, l’autorité judiciaire estimait que les bas salaires de Kristine Bartlett, une employée de maison de retraite, résultaient d’une discrimination liée au sexe : un emploi à prédominance masculine requérant les mêmes compétences serait mieux rémunéré. Membre du syndicat E tū, qui voit en elle une « héroïne de l’égalité salariale », Kristine Bartlett salue aujourd’hui un accord qui va tout simplement « changer la vie » de ces employées jusque là sous-payées.

 

 

En France, à quand la revalorisation des emplois à prédominance féminine ?

De quoi donner des idées en France ? L’un des enjeux de l’égalité salariale repose en effet sur la revalorisation des grilles de rémunérations des métiers majoritairement occupés par des femmes. C’est une demande formulée, entre autres, par le Laboratoire de l’Égalité. Deux des principaux candidats à la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon, mettent cette mesure en avant dans leur programme.

C’est avant tout aux partenaires sociaux qu’il revient de revoir ces grilles de rémunération. Le gouvernement les avait d’ailleurs chargés, en 2014, « d’analyser les critères d’évaluation retenus dans la définition des postes de travail, et ce afin de repérer ceux qui seraient susceptibles d’induire des discriminations entre les femmes et les hommes et, le cas échéant, revaloriser les emplois à prédominance féminine ». Un travail qui, à ce jour, n’a toujours pas abouti.

 

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