Accueil SagaInitiatives « Riposte » unitaire contre les violences envers les femmes

« Riposte » unitaire contre les violences envers les femmes

par La rédaction

C’est l’appel le plus unitaire depuis qu’a éclaté l’affaire DSK, il y a six mois. Des dizaines d’associations et syndicats s’associent à une manifestation nationale contre les violences faites aux femmes, samedi 5 novembre à Paris. Les organisatrices espèrent 10 000 personnes dans le cortège entre la Bastille et Matignon, pour « réaffirmer que la lutte contre les violences faites aux femmes est une lutte première pour atteindre l’égalité réelle entre les femmes et les hommes » et pour porter une série de revendications. Entretien avec Suzy Rojtman, du Collectif national pour les droits des femmes (CNDF), à l’initiative de cette manifestation. (Lire l’appel sur le site du CNDF)


Cette manifestation s’inscrit dans un contexte particulier. Cette année 2011 a été marquée par plusieurs affaires et un déferlement médiatique…

(1) Jacques Mahéas : Condamné pour agression sexuelle, il quitte le PS mais reste sénateur-maire (8 juillet 2011)

(2) Toute une série d’articles sur le sujet…

– L’affaire DSK et l’omerta sur les violences sexuelles (16 mai 2011)

– Sexisme, opération camouflage à l’Assemblée. (7 juin 2011)

– Promo sur le « troussage de domestiques » (28 juin 2011)

– Le vent tourne pour DSK, le mépris des femmes reste (1er juillet 2011)

– « Virils », pas corrects : Déferlement de machisme sur RMC (5 septembre 2011)

– « Pour un viol il faut un couteau ou un pistolet ». Ivan Levaï sur France Inter. (6 octobre 2011)

(3) Voir :

– « Ils se lâchent, les femmes trinquent » : un manifeste, une manif (22 mai 2011)

– Manifestation place des Vosges le dimanche 11 septembre. Puis autour de Tristane Banon.

– Remous avant l’interview de Dominique Strauss-Kahn (17 septembre)

(4) Un beau jour… Combattre le viol, de Clémentine Autain

(5) Délit de harcèlement psychologique, ordonnance de protection, bracelet électronique… notre dossier sur cette loi.

(6) Lire aussi :

– DSK-Banon : agression sexuelle, donc prescrite, a tranché le parquet. Fin d’un épisode judiciaire, pas des difficultés de la justice à traiter ce genre d’affaire.

– Pour la juriste Catherine Le Magueresse, il faut réformer le droit sur les violences sexuelles.

Et la balance ne penche pas forcément du côté des victimes ?


C’est justement pour faire pencher le rapport de force du bon côté que nous organisons cette manifestation. Parce que les féministes se sont mobilisées jusque là de façons très diverses par rapport à ces affaires et aux propos sexistes ; par des rassemblements (3), des communiqués de presse, même des livres (4). Ce sont des réactions tout à fait positives, mais nous sentions qu’il était nécessaire de riposter de façon forte et unitaire. Nous portons des revendications fortes, préparées sur le long terme, et nous espérons être reçues à Matignon à l’issue de la manifestation.

L’appel souligne : « Nous réaffirmons que les violences sexuelles ne sont pas du domaine du privé, du domaine de la drague et de la séduction ». Et demande des lois « ambitieuses et pleinement mises en œuvre »…


Le 9 juillet 2010 était adoptée une énième loi concernant les violences faites aux femmes (5). Cette loi, nous l’avons arrachée, elle ne nous satisfait pas totalement mais nous sommes très soucieuses de son application effective. Car un an après, nous constatons de fortes disparités selon les départements. Par exemple en Seine-Saint-Denis, où il y a depuis longtemps du travail sur les violences faites aux femmes par le biais d’un observatoire départemental, la loi est appliquée de façon satisfaisante. Mais dans d’autres départements, c’est un peu la misère. Et au-delà de ce qui existe, l’appel unitaire demande une loi cadre contre les violences faites aux femmes, comme en Espagne.

La question du prescription des agressions sexuelles a resurgi plus récemment (6). L’appel n’y fait pas référence…

Nous n’avons pas abordé cette question dans le cadre de la préparation de la manifestation. Contrairement à d’autres associations, nous ne pensons pas au CNDF que l’allongement du délai de prescription serait une mesure efficace. A l’heure actuelle, la justice ne sait pas, ne veut pas, pour des affaires de violences sexuelles, traiter des plaintes tardives. On ne voit pas en quoi l’allongement du délai de prescription permettrait un meilleur traitement. On serait toujours confronté au problème des preuves, des témoignages…

En revanche, nous réclamons la création de tribunaux spécialisés dans les affaires de violences à l’encontre des femmes, comme ils existent Espagne. Avec des magistrats spécialement formés. Cela se justifie par l’importance numérique de ce type d’affaires, et par leur complexité.

Départ de la manifestation à Paris samedi 5 novembre à 14h30 place de la Bastille.

Appel à retrouver sur Facebook.


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1 commenter

Nic 7 novembre 2011 - 20:11

Parmi les livres parus à la suite de l’affaire DSK qui a re- dynamisée le mouvement féministe , on trouve dans LE TROUSSAGE DE DOMESTIQUE , un article particulièrement intéressant de Madame Christelle Hamel sur ce qui s’appelle au Canada le CRI-VIFF et qui pourrait s’appeler autrement en France mais avec les mêmes buts et les mêmes méthodes.
Il s’agit d’un centre de recherche interdisciplinaire qui travaille sur les violences faites aux femmes et coordonne tous les domaines susceptibles de fournir informations et analyses de données, pour trouver des outils de prévention à l’usage de policiers, travailleurs sociaux, enseignants etc…
Mme Hamel le dit mieux que moi.
Mais il s’agit là d’une piste constructive et positive et qui pourrait venir en soutien concret et complément de la loi , essayant de faire travailler ensemble associations, chercheuses et représentants des institutions ou de la loi dans un esprit différent de celui que l’on connait.

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