Accueil Médias Au Royaume-Uni, 84% d’hommes à la Une

Au Royaume-Uni, 84% d’hommes à la Une

par La rédaction

Une nouvelle étude britannique montre que les signatures et les personnes citées dans les journaux restent très largement masculines.


 

Une information dominée par les hommes : une étude britannique vient ajouter une pierre à ce constat. Selon l’étude réalisée par le réseau de femmes journalistes « Women in Journalism » publiée lundi 15 octobre, 78% des articles en première page des quotidiens nationaux britanniques sont signés par des hommes. Et 84% des personnes citées dans les principaux articles sont des hommes. Les trois quarts des experts sont également masculins.

Pour cette étude (à lire ici, en anglais) « Women in Journalism » a épluché les Unes de 9 quotidiens nationaux britanniques sur une période de 4 semaines en avril et mai 2012.

Mauvaise image

Les femmes citées dans les journaux sont présentées comme des « célébrités » deux fois plus souvent que les hommes. Et 19% d’entre elles sont présentées comme victimes, contre seulement 2% des hommes.

Les inégalités de traitement sont moins flagrantes, quantitativement, en terme d’image. La moitié des photos de première page montrent des hommes, et 36% des femmes (le reste montrant des groupes mixtes). Mais c’est parce que les photos de Kate Middelton sont de loin les plus nombreuses à la Une. Et qualitativement, les femmes y perdent souvent, souligne l’étude. Par exemple la ministre de l’Intérieur, Theresa May, est apparue quatre fois en photo en première page au cours des 4 semaines d’étude. Mais trois de ces photos étaient identiques, la montrant en train de faire la grimace.

Constats convergents

Ces conclusions britanniques font écho à de nombreuses autres. Comme celles, internationales, établies tous les 5 ans par le GMMP, montrant que les femmes ne comptent que pour le quart des personnes apparaissant dans les médias.

La proportion des experts dans l’étude de « Women in Journalism » aboutit à des conclusions semblables à celles relevées récemment en France par la commission Grésy-Reiser : on compte, « tous médias confondus, toujours 20% d’expertes pour 80% d’experts. »

Aux États-Unis, l’analyse de la couverture médiatique de la campagne électorale montre que 3 articles sur 4 sont écrits par des hommes.

Au Royaume-Uni, la campagne « No more page 3 » contre la page 3 du tabloïd The Sun – page qui affiche quotidiennement, depuis 40 ans, une jeune femme dénudée – ne faiblit pas. La pétition en ligne, lancée début septembre, approche les 50 000 signatures.

… Et tout récemment, L’Express mettait cinq femmes connues dans le même sac pour dire qu’elles ne sont bonnes qu’à gâcher la vie du président. Un rapide coup d’oeil sur les photos illustrant les articles en Une et la présentation des éditorialistes et chroniqueurs sur Lepoint.fr, Lexpress.fr ou Le Nouvel Obs et bien d’autres donne une idée de la place réservée aux femmes et aux hommes.

Voilà le miroir déformant que les médias nous tendent. Miroir auquel chacun, chacune, va inconsciemment se conformer. Et on s’étonne ensuite de voir si peu de femmes aux postes de pouvoir ?

 

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