Accueil Eco & SocialBien-être et richesses Les sages-femmes, trop souvent méprisées

Les sages-femmes, trop souvent méprisées

par La rédaction

midwivesDans une enquête mondiale inédite, des sages-femmes témoignent du manque de reconnaissance qu’elles rencontrent dans leur profession. Dans un contexte d’inégalités de genre.


 

L’Organisation mondiale de la santé et plusieurs organisations appellent à « mettre un terme à la discrimination, au harcèlement et au manque de respect » que subissent les sages-femmes dans le monde. « Il est temps de reconnaître le rôle crucial que jouent les sages-femmes pour garder les mères et les nouveaux-nés en vie », a déclaré de Dr Anthony Costello, Directeur à l’OMS du Département Santé de la mère, du nouveau-né, de l’enfant et de l’adolescent.

L’OMS, avec la Confédération Internationale des Sages-Femmes, la White Ribbon Alliance et le soutien de l’Agence des Etats-Unis pour le développent (USAID) dévoilait jeudi 13 septembre la plus grande enquête internationale à ce jour sur les conditions de travail des sages femmes (ici en anglais). Elles sont près de 2 500, dans 93 pays, à avoir répondu à un questionnaire.

Une répondante sur cinq dépend d’une autre source de revenus

Conclusion : « Trop souvent les sages-femmes rapportent que leurs efforts sont entravés par des relations de pouvoir inégalitaires au sein du système de santé ». Un tiers d’entre elles, par exemple, déplorent un « manque de respect » de la part de leurs supérieurs.

Un manque de reconnaissance qui a des répercussions sur les salaires, souvent très bas. Une répondante sur cinq dit dépendre d’une autre source de revenus pour vivre, « ce qui ajoute à la pression et la fatigue auxquelles elles sont confrontées », insiste l’OMS.

Si l’ampleur des problèmes rapportés par les répondantes varie parfois selon les régions, un élément est « universel », souligne la conclusion de l’enquête : « Parce que la grande majorité des sages-femmes sont des femmes, leurs expériences s’intègrent dans un contexte d’inégalités de genre ».

« Nous sommes des femmes, nous aidons des femmes et notre société patriarcale a l’habitude de considérer que c’est une vocation, pas un métier. Nous sommes considérées comme des petites mains », témoignait une sage-femme française lors d’une manifestation en novembre 2013.
Voir :
Les sages-femmes, symbole de l’invisibilité du travail féminin

 

« Il faut s’assurer que les sages-femmes profitent d’une éducation de qualité, de réglementations et de conditions de travail sûres », plaide Frances Ganges, directrice de la Confédération Internationale des Sages-femmes. « Elles soivent être respectées, payées et valorisées sur le même plan que les autres professionnels ».

Selon l’ONU, plus de 300 000 femmes meurent chaque année en donnant la vie, et 2,7 millions de nouveaux-nés décèdent au cours de leurs 28 premiers jours, principalement de causes évitables. Si les progrès sont sensibles au cours des 25 dernières années, « beaucoup reste à faire », relevait l’ONU fin 2015.

 

 

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09 Aziza 8 novembre 2016 - 15:02

Le message de la société? donner la vie est négligeable; donner la mort est valorisé: on gagne plus d’argent et de reconnaissance sociale à être soldate que sage-femme.
Quand cela cessera, le changement sera enfin en marche.

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