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Plus un pays favorise l’égalité, moins les femmes choisissent les sciences

par La rédaction

Pourquoi les femmes sont-elles davantage diplômées en sciences dans les pays les moins avancés en termes d’égalité des sexes ? Parce qu’elles y ont davantage d’intérêt à choisir une carrière scientifique, avancent des chercheurs.


 

Plus un pays favorise l’égalité entre les femmes et les hommes, moins elles s’orientent vers les sciences : c’est un « paradoxe de l’égalité de genre » que des chercheurs viennent de mettre en avant.

En analysant des données portant sur 475 000 adolescent·e·s, dans 67 pays ou régions, deux chercheurs – de la Leeds Beckett’s School of Social Sciences et de l’Université du Missouri – mettent en avant une corrélation : plus un pays est en avance sur l’égalité femmes/hommes, moins les femmes ont tendance à être diplômées en sciences et technologies (STEM).

En Algérie, en Turquie ou aux Émirats Arabes Unis, elles représentent plus de 35% des diplômées en STEM, contre moins de 25% en Suède ou en Norvège. Une situation paradoxale à première vue.

Graphique réalisé par The Atlantic d’après l’étude publiée dans Psychological Science

 

Les enquêtes internationales PISA menées par l’OCDE montrent que, quel que soit le pays, les filles réussissent aussi bien, ou à peine moins bien, que les garçons en sciences au cours de leur scolarité. Ce ne sont donc pas des différences de capacités qui influent sur les parcours. Mais ce que ces études montrent aussi, c’est que par rapport aux garçons les filles rapportent avoir moins plaisir à étudier les sciences (c’est d’ailleurs particulièrement le cas en France), et qu’elles croient moins en leurs capacités dans ce domaine.

Autre constat de ces enquêtes : les filles se montrent par ailleurs plus à l’aise – et plus fortes – que les garçons – dans d’autres matières. Or, au fil du parcours scolaire, « nous avons tendance à choisir les matières dans lesquels nous performons, et aussi que nous aimons », note l’un des auteurs de l’étude, Gijsbert Stoet.

D’où l’explication au paradoxe avancée par les chercheurs, en partant du principe que les carrières scientifiques sont généralement stables et bien payées : « Dans les pays les plus riches, où n’importe quel choix de carrière est relativement sécurisé, les femmes peuvent se sentir libres de fonder leur choix sur des critères non-économiques », autrement dit faire primer l’envie sur l’intérêt. « À l’inverse, dans les pays où les opportunités économiques sont moindres, où l’emploi peut être précaire, une carrière scientifique bien rémunérée et relativement sécurisée peut s’avérer plus attractive pour les femmes ».

Pour encourager les filles à s’investir dans les STEM, les chercheurs préconisent donc des actions plus ciblées : il s’agirait de se concentrer sur les filles douées en sciences et en maths, et qui aiment ces matières, et pourtant ne choisissent pas d’en faire leur métier.

 

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