Sénat, présidentielle, perchoir… à la fin c’est une femme qui perd

par Isabelle Germain

En 2012 encore, aucun des personnages les plus importants de la République ne devrait être une femme.


Le tweet assassin de la compagne du président de la République contre Ségolène Royal et le sondage qui a suivi ont fait tomber la perspective de voir une femme présider l’Assemblée Nationale. Depuis que quelques femmes ont acquis assez d’expérience pour briguer les plus hautes fonctions, elles donnent l’impression de faire de la figuration, puis d’être ralenties juste avant la ligne d’arrivée. La présidence de la République a échappé à Ségolène Royal puis à Martine Aubry pour plusieurs raisons… Le manque de soutien de leurs camarades de parti pesant lourd dans leurs défaites.

La présidence du Sénat a échappé à Catherine Tasca sans que cela ne fasse le début d’un commencement de polémique, alors que l’ancienne ministre avait bien plus d’expérience que Jean-Pierre Bel. Mais c’est la proximité de ce dernier avec le candidat François Hollande qui a primé dans la décision de présenter sa seule candidature pour le PS.

Aujourd’hui, c’est le perchoir qui semble se dérober sous les escarpins. Déjà, des candidats masculins piaffent, comme Jack Lang, parachuté en Moselle (ici avec Manuel Valls et le strauss-kahnien Christian Pierret).

Timide soutien des féministes

Même les féministes sont allées piano sur le soutien à la candidate. Seule l’Assemblée des femmes a envoyé un communiqué, dans lequel Yvette Roudy, ancienne ministre des droits des femmes et Danièle Bousquet, députée, regrettent que « le candidat de gauche arrivé en deuxième position décide de ne pas se désister » en faveur de Ségolène Royal… « cette décision est un nouveau coup porté à la parité. »

Du côté du Laboratoire de l’égalité ou d’Osez le féminisme, qui ont pourtant organisé une pression patiente et intense pour que le gouvernement soit paritaire… rien cette fois-ci. L’affaire est trop délicate. Ces associations sont apolitiques et ne veulent pas se prononcer en faveur d’une personne en particulier et ou entrer dans une affaire privée. Et puis le risque d’accuser les femmes de se mettre en position de victime est toujours là… Bref, pas facile de batailler sur le sujet.

Du coup, c’est un argument discutable qui est avancé ici ou là pour ne pas la défendre : c’est une parachutée… Présidente du Conseil régional de Poitou-Charentes, elle a pourtant choisi de se présenter dans une circonscription des Charentes-Maritimes dans laquelle le député sortant ne se présentait pas, donc réservée à une femme. Elle y a été désignée par le PS, et la discipline du parti veut que chacun respecte les désignations même s’il y a toujours beaucoup plus de frustrés que de candidats désignés… Et d’autres parachutages sont largement critiquables, comme celui de Christophe Borgel qui s’auto-désigne sur une circonscription réservée à une femme sans que cela n’émeuve grand monde.

Accord impossible ?

Olga Trostiansky, membre fondatrice du Laboratoire de l’égalité et présidente de la Clef (Coordination pour le lobbying européen des femmes)  ne veut s’exprimer qu’en tant que socialiste (elle est adjointe PS au maire de Paris). « Je soutiens Ségolène Royal, c’est la candidate de mon parti, c’est une grande dirigeante politique. Le PS a su trouver des solutions pour que nombre de figures comme Jack Lang, Elisabeth Guigou ou Benoît Hamon aient de sérieuses chance d’aller à l’Assemblée. Il serait vraiment surprenant qu’il n’en fasse pas autant pour Ségolène Royal… »  Il doit en effet y avoir un terrain d’entente à trouver avec Olivier Falorni à La Rochelle comme il y en a eu – ou pas – avec les autres candidats que d’autres parachutés ont frustré.

Surexposée aux critiques

Mais la personnalité controversée de Ségolène Royal rend sa défense difficile. Complexe à assumer aussi, le fait que chacun de ses faux pas ait été commenté, moqué beaucoup plus que ceux d’un homme. Souvenons-nous par exemple du mot « bravitude » qui a déchaîné des torrents de critiques – y compris dans le camp de la candidate – tandis qu’au même moment, le candidat Nicolas Sarkozy parlait d’« héritation » sans que les commentateurs y voient la preuve d’une incompétence… Un tweet d’Isabelle Alonso qui a beaucoup tourné résumait le malaise ainsi : « Royal, on aime ou pas, mais quel parcours ! Et quel courage ! »…

Avec son côté iconoclaste, la Présidente de Poitou-Charente a pourtant fait avancer les droits des femmes. Elle a été décriée quand elle a créé le « pass contraception »,  une initiative honnie puis reprise à son compte par l’ancien gouvernement. Elle a été moquée quand elle a fait voter le congé de paternité lorsqu’elle était ministre de la famille en 2002, un congé que beaucoup voudraient voir prolongé aujourd’hui  dans un souci d’égalité professionnelle entre hommes et femmes… 

En 2012 encore, aucun des personnages les plus importants de la République ne devrait être une femme. Et pas de mobilisation pour y remédier.
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24 commentaires

Eric Deshies 15 juin 2012 - 08:11

Disons que si Ségolène Royal ne s’était pas imposée de force dans la circonscription en refusant que les militants se prononcent (ce qui est aussi, normalement, la règle au PS), et qu’elle ne s’était pas fâchée depuis des années avec la plupart des responsables PS rochellais (elle en a viré un de la vice-présidence de la Région de façon assez brutale, en pleine séance plénière, sans le prévenir avant…), cela ce serait peut-être mieux passé.

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Maréchal 15 juin 2012 - 09:01

Eric,
certes Ségolène Royale est arrivée en terrain conquis et a sous-estimé l’animosité des dirigeants et des militants du PS local à son égard. Mais je ne comprends pas pourquoi l’on lui oppose de ne s’être pas pliée à la « règle » du vote des militants. La première règle était de donner une circonscription vacante à une femme. Est-ce que le PS local présentait en face une femme ? Non, aussi méritant et apprécié qu’il peut l’être Olivier Falorni, n’est pas une femme.
C’est bien donc cette règle de la parité qui a du mal à passer dans les esprits. On peut bien-sur ne considérer les personnes que par leur valeur et non leur genre. Mais là le bonus revient à ceux qui sont largement présents c’est à dire la gente masculine.

« Eric Deshies »
Disons que si Ségolène Royal ne s’était pas imposée de force dans la circonscription en refusant que les militants se prononcent (ce qui est aussi, normalement, la règle au PS), et qu’elle ne s’était pas fâchée depuis des années avec la plupart des responsables PS rochellais (elle en a viré un de la vice-présidence de la Région de façon assez brutale, en pleine séance plénière, sans le prévenir avant…), cela ce serait peut-être mieux passé.

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EUGENE 15 juin 2012 - 09:39

Je ne pense pas que la question de la parité soit le nœud du problème à La Rochelle. C’est plutôt la stratégie locale des uns et des autres dans le cadre de la succession de Maxime Bono. Après le siège de député, ce sera celui de maire qu’il libèrera. Et là il y a des candidats: une fois députée, Ségolène Royal aurait postulé; entre-temps elle aurait conquis, directement ou indirectement, la section PS locale. Parmi les autres postulants figure Jean-François Fountaine, l’ancien 1er vice-président du conseil régional de Poitou-Charentes que Ségolène Royal a fait partir de la Région. Il est le principal soutien du candidat dissident, Olivier Falorni, premier secrétaire du PS rochelais déjà en désaccord avec Ségolène Royal aux dernières régionales. Le combat Royal-Fountaine-Falorni continue. Il s’agit donc plutôt de concurrence locale, de chocs de personnalité, de rivalité d’ambitions; que l’une soit féminine ajoute de la coloration au combat, qu’elle s’appelle Ségolène Royal encore plus. Le dessous des cartes est plus prosaïque! Hélas pour la marche vers la parité à la tête de l’Etat -appelons-là équité- vous avez raison. Quant à la rivalité sentimentale et à la jalousie qui ajoutent à la confusion, elles sont de tous temps, même si c’est inhabituel, inconvenant et politiquement suicidaire à ce niveau. Cela fait sept ans que cela dure, ce n’est visiblement pas fini.

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09 Aziza 15 juin 2012 - 09:51

Il est tragique que les femmes n’aient pas gardé le principe fondamental d »indépendance politique des femmes  » prônée par le MLF dans les années 70. Ainsi, elles pourraient être beaucoup plus offensives pour demander des comptes au P.S de ces stratégies misogynes. Esclaves de la Gauche,les féministes modernes trouvent « délicat » de monter au créneau ? Comment peut on tolérer de tels crocs-en jambe systématiques? tolérer comme candidats des proches de DSK ? Mesdames, réveillez vous, réveillons nous, hurlez!! Evidemment, Valérie T. n’aide pas, et les propos condescendants sur les femmes incapables-de-sortir-de la-sphère-privée- et émotionnelle, fusent sur les réseaux sociaux..Je ne sais pas qui a la phobie du mariage, F. Hollande, ou ses compagnes successives, mais le résultat est désastreux: en tant qu’ancienne épouse de président, SRoyal aurait été mieux protégée; en tant que nouvelle épouse, Valérie T aurait été plus cadrée. Se marier n’est pas honteux , tant de personnes homosexuelles le réclament en vain ! En attendant, nous voici à la Cour de Louis XIV, dit la presse internationale…

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celmouz 15 juin 2012 - 10:03

« Du côté du Laboratoire de l’égalité ou d’Osez le féminisme (…) rien cette fois-ci. L’affaire est trop délicate. Ces associations sont apolitiques » : caramba ! non !
Elles sont non partisanes ou indépendantes des partis politiques, mais restent éminemment politiques, aussi bien dans leurs analyses que dans leurs discours et leurs revendications.

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De profundis 15 juin 2012 - 12:27

On fait passer la chute de Ségolène Royal pour une histoire de bonnes femmes . Pas du tout, c’est bel et bien une histoire de bonshommes bien machos qui veulent rester entre eux. Jospin, Glavani, les copains d’Hollande tirent les ficelles du côté de la Rochelle. Ils auraient plein d’autres choses à proposer à Falorni pour qu’il respecte les consignes du parti mais ils veulent écarter Royal. Jospin qui n’a pas passé la premier tour en 2002, hollande qui a fait perdre la gauche en 2007 en ne soutenant pas la candidate du parti alors qu’il en était le patron!..
Pour Royal ça ressemble à une répudiation… Ça va être difficile de voter PS dimanche

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De profundis 15 juin 2012 - 12:48

Quand on pense que Royal à apporté ses voix à la primaire à Hollande, contre Aubry et que maintenant Aubry la soutient alors que Hollande et sa bande ne font rien sauf des effets d’annonce pour exiger que Falorni respecte les règles du parti!..

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Lili 15 juin 2012 - 13:56

« Osez le féminisme, qui ont pourtant organisé une pression patiente et intense pour que le gouvernement soit paritaire… rien cette fois-ci. L’affaire est trop délicate. Ces associations sont apolitiques »

Osez le féminisme apolitique???? Vous rigolez???? Fondé par C. de Haas, proche de François Hollande au PS, mais « neutre »?

Je crois plutôt qu’OLF peine à prendre une position qui l’opposerait brutalement à une proche de Mr Hollande, lequel est dans une situation délicate, entre son ex femme mais aussi ex-concurrente politique, et Falorni, qui lui a toujours été fidèle, même aux pires moments…

Plus intelligemment, c’est sans doute le bon moment pour les féministes de ne pas intervenir. L’attitude de V. Trierweiler est plutôt interprétée (à tort ou à raison) comme une manifestation de jalousie qui n’aurait pas du être publique « typiquement féminine » (les machos se déchaînent). Royal est parachutée, et la défendre au nom de la parité c’est jouer le jeux de ceux qui diront « elle passe par double piston : parachute + « quota ». On l’accepterait peut-être pour une autre, mais pas pour une femme qui a su aller seule aussi loin (ministre, candidate présidentielle ayant eu le plus grand nombre de voix depuis 1981 pour le PS !!). Il y a une certaine logique a estimer qu’un tel poids lourd de la politique peut gagner une circo de gauche par elle-même.

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Lili 15 juin 2012 - 14:02

Ah oui, doit-on rappeler cette magnifique tribune publiée par des organisations féministes dans plusieurs titres nationaux « les droits des femmes passent par la gauche » appelant clairement à voter Hollande? Difficile (et visiblement impossible) quelques jours après l’objectif atteint, de devoir dénoncer comme une manoeuvre anti-femme les magouilles du parti qu’on a soutenu,non?

http://www.liberation.fr/politiques/2012/04/25/les-droits-des-femmes-passent-par-la-gauche_814041

Je sais bien que ce n’est pas mieux de l’autre côté, mais il doit y avoir des désillusions dans les rangs…

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meg 15 juin 2012 - 16:25

« Le PS a su trouver des solutions pour que nombre de figures comme Jack Lang »
Mais qu’est ce que le Ps fait encor avec ce type qui était prêt à vendre sa chemise pour faire partie du gouvernement Sarkozy. Je m’étrangle de les voire réservé une place à ce vieux machin tout en les voyant s’acharner encore et toujours sur Mme Royal. Ont-ils prevu un strapontin pour Besson et Kouchner ? En passant, DSK n’est toujours pas exclu. Et bah dimanche je décide fermement de voter blanc.

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Seb. 15 juin 2012 - 16:27

« Maréchal »
Eric,
certes Ségolène Royale est arrivée en terrain conquis et a sous-estimé l’animosité des dirigeants et des militants du PS local à son égard. Mais je ne comprends pas pourquoi l’on lui oppose de ne s’être pas pliée à la « règle » du vote des militants. La première règle était de donner une circonscription vacante à une femme. Est-ce que le PS local présentait en face une femme ? Non, aussi méritant et apprécié qu’il peut l’être Olivier Falorni, n’est pas une femme.
C’est bien donc cette règle de la parité qui a du mal à passer dans les esprits. On peut bien-sur ne considérer les personnes que par leur valeur et non leur genre. Mais là le bonus revient à ceux qui sont largement présents c’est à dire la gente masculine.

Etre une femme ce n’est pas un programme, ni un positionnement politique.

Ensuite, je ne suis pas forcément favorable à l’adversaire de Ségolène Royal. Nous sommes dans une élection nationale, et non locale. Mme Royal représente beaucoup chez les électeurs de gauche, même si elle est controversée, et il serait choquant qu’elle n’ait pas un poste d’un niveau national.

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Seb. 15 juin 2012 - 16:39

« 09 Aziza »
Il est tragique que les femmes n’aient pas gardé le principe fondamental d »indépendance politique des femmes  » prônée par le MLF dans les années 70. Ainsi, elles pourraient être beaucoup plus offensives pour demander des comptes au P.S de ces stratégies misogynes. Esclaves de la Gauche,les féministes modernes trouvent « délicat » de monter au créneau ? Comment peut on tolérer de tels crocs-en jambe systématiques? tolérer comme candidats des proches de DSK ? Mesdames, réveillez vous, réveillons nous, hurlez!! Evidemment, Valérie T. n’aide pas, et les propos condescendants sur les femmes incapables-de-sortir-de la-sphère-privée- et émotionnelle, fusent sur les réseaux sociaux..

OLF qui se prétend apolitique semble dans les faits une succursale du PS. Chaque proposition de l’UMP a été revue par ce mouvement dans une approche féministe un peu tiré par les cheveux. Par exemple, la TVA sociale été dénoncée comme anti-féministe car il y a plus de femme dans la précarité, donc qu’elles seraient les premières touchées. Je leur ai répondu que toutes les femmes n’étaient pas pauvre, que tous les pauvres n’étaient pas des femmes, alors qu’en définitif c’était surtout une mesure contre les pauvres. Il ne vous a pas échappé que Caroline de Haas était désormais au gouvernement. Il y a une proportion chez les féministes, toute aussi important que dans le reste de la population, de carriéristes, et de gens incapable de prendre conscience que leur altruisme affiché n’est qu’en réalité qu’un carriérisme dissimulé.

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Seb. 15 juin 2012 - 16:43

« 09 Aziza »
Je ne sais pas qui a la phobie du mariage, F. Hollande, ou ses compagnes successives, mais le résultat est désastreux: en tant qu’ancienne épouse de président, SRoyal aurait été mieux protégée; en tant que nouvelle épouse, Valérie T aurait été plus cadrée. Se marier n’est pas honteux , tant de personnes homosexuelles le réclament en vain ! En attendant, nous voici à la Cour de Louis XIV, dit la presse internationale…

Chacun est libre de se marier ou de ne pas se marier, le statut matrimonial des élus ne concerne pas les électeurs. Ici, le problème c’est justement qu’une personne non élue a utilisée son statut de compagne d’un élu pour influencer des positionnements politiques, et visiblement afin de régler des comptes personnels.

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Seb. 15 juin 2012 - 16:49

« meg »
« Le PS a su trouver des solutions pour que nombre de figures comme Jack Lang »

C’est Royal qui a choisi sa circonscription.

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Pascale Fautrier 15 juin 2012 - 19:35

Isabelle Germain, il y a eu un malentendu à propos de mon partage de votre billet sur mon blog. Pouvez-vous me contacter : fautrierpascale@yahoo.fr

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Elue Opposition 16 juin 2012 - 08:06

Et je souligne votre courage à publier cet article; et notamment, les associations de féministes qui baissent la tête. Comme au conseil municipal de ma ville?

Voilà fort longtemps, cette question posée à Ségolène Royale :
– Qui va garder les enfants ? pour l’écarter…

Et comme la question n’est plus d’actualité, on trouve une autre c… dans ces Parti-e-s de la honte, droite comme gauche, qui renvoient les femmes dans la chambre… la chambre à coucher, pas la chambre haute, ni la chambre basse ! Un délit de plus dans la lie de nos Politiques.

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rivi 16 juin 2012 - 08:50

« Mais je ne comprends pas pourquoi l’on lui oppose de ne s’être pas pliée à la « règle » du vote des militants. La première règle était de donner une circonscription vacante à une femme. Est-ce que le PS local présentait en face une femme ? Non, aussi méritant et apprécié qu’il peut l’être Olivier Falorni, n’est pas une femme. »

Royal a refusé une primaire contre une proche de Falorni si je me souviens bien.

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Seb. 16 juin 2012 - 09:19

« rivi »

Royal a refusé une primaire contre une proche de Falorni si je me souviens bien.

Toutes les personnes qui ont une opinion sur la question ont le choix entre deux postulats :
Soit on considère que SR fait l’objet d’une discrimination principalement parce qu’elle est une femme.
Soit on considère que SR fait l’objet de critique comme tout politique, mais qu’elle a une fâcheuse tendance à se victimiser.

La vérité est probablement un peu entre les deux, bien que je penche davantage pour la seconde option. Même si je trouve déplorable qu’une femme politique comme SR puisse se retrouver sans mandat national, je ne lui voue pas nécessairement une admiration sans borne. Et effectivement dès que l’on critique SR on nous renvoi toujours à sa qualité de femme. Seulement pour ma part, j’ai voté Aubry au primaire, car Aubry parle politique pendant que SR nous parle de ses états d’âme. SR se croit investie d’une mission, touchée par la grâce, et à chaque fois qu’elle se prend la réalité dans la gueule on a droit exhibition de sa complainte. J’attends des hommes et des femmes politiques qu’ils me parlent de politique, je ne suis pas là pour les aimer, ni pour compatir à leur difficulté, d’autant qu’ils ne sont pas les plus à plaindre. Je me permets de rappeler que SR a contribué assez significativement, dès qu’elle a été ministre, à ce que l’on nomme aujourd’hui la peopolisation de la politique. Il a d’autres femmes à gauche, qui ont été ministre, qui ont un bagage et une réflexion politique conséquente, dont on entend, hélas, peu parler, notamment Guigou, Lebranchu… J’espère que pour qu’on parle de leur vision politique, elles ne vont pas devoir poser dans Paris Match. D’ailleurs, pour être franc, j’en ai rien à foutre que l’on parle de femmes politiques, pas plus que cela m’intéresse de parler d’homme politique. Parlons politique !

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@rbella24 16 juin 2012 - 13:34

Royal n’est pas qu’une femme, c’est une personnalité politique de premier rang, de loin meilleure que la plupart d’hommes politiques français du moment.
Sa valeur est connue et appréciée sur le plan international; elle est aussi connue qu’un Président de la République!
Seulement en France,les jalousies et les complexes de supériorité ou d’infériorité des uns et des autres les empêchent de la juger en toute objectivité et sans aigreur. Les actions politiques et les choix politiques de Ségolène Royal ont largement contribué à la victoire de François Hollande.Elle porte les espoirs de beaucoup de français tant dans le monde rural que dans les banlieues.
Ségolène Royal est une personnalité politique complète qui a étudié tous les problèmes qui touchent à la vie de la France et des Français.

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@rbella24 16 juin 2012 - 13:50

Elle menait la campagne présidentielle sans état d’âme,pendant que d’intenses campagnes de dénigrement et d’insultes étaient menées contre sa personne à La Rochelle,malgré tout ce qu’elle a fait pour cette zone pendant et après la tempête Xynthia, tout ce qu’elle y réalise en tant que Présidente de Région.Elle s’était oubliée pour l’intérêt général,pendant que ses détracteurs s’activaient dans des manœuvres dignes des maffieux et du FN!argument politique de taille: elle a été désignée!était-elle la seule à l’être? surtout quand on sait les obstacles mis en oeuvre par Falorni pour empêcher un vote serein!Tout parti dans sa stratégie globale réserve des circonscriptions pour des personnalités qui jouent un rôle national. C’est grâce à Royal que le Poitou-Charentes est à Gauche.
Olivier Falorni s’est vendu à l’UMP et sert les intérêts des anti-Royal du PS:il est victime de son ambition et de son trop plein d’orgueil;en 8 ans comme Premier Fédéral,il s’est octroyé et cumule 3 mandats!Il use des arguments UMP-FN: « elle n’est pas de souche », « elle est parachutée », « je suis né ici », pour combattre Ségolène Royal. Actuellement, avec ses 83%de voix UMP et55%FN, il est désormais le candidat officiel de l’UMP!
Quant aux critiques stériles du genre « il faut poser dans Paris Match », elle n’a pas eu besoin de le faire pour s’imposer! Paris Match, c’était pour montrer qu’on peut être mère et femme politique!L’action et son bilan parlent pour elle, d’où des arguments puériles utilisés contre elle par les jaloux et par ses adversaires; aucun argument politique de poids dans votre critique de Royal, seuls vos états d’âme.
Royal n’est pas le genre de personnalités politiques qui considèrent qu’être une femme suffisait en politique, elle est trè_s au-dessus de ce seul schéma -là; mais c’est une réalité qu’être une femme en France est un handicap professionnel et politique.

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Seb. 17 juin 2012 - 13:54

Effectivement SR est une personnalité de premier rang, ce qui n’oblige pas à adhérer à l’ensemble de ses propositions. Mais indépendamment des propositions de SR, ce qui peut rebuter c’est la manière dont-elle personnifie les débats, ce qui ne correspond pas vraiment à la tradition de la gauche. Dès que l’on personnifie, on clive. Et il n’est guère étonnant qu’il y ait eu des résistances locales à sa candidature. Ce qui est également choquant avec SR, c’est sa certitude d’être dans le juste, et son absence de recul quant à cette certitude. Je ne nie pas que SR ait pu avoir de bonnes idées, d’ailleurs qui n’en a pas, mais après il faut aussi être capable de les mettre en œuvre sans créer un excès de mécontentement qui pourrait se révéler finalement contreproductif.

Avec tout cela, on parle peu des divergences politiques, sur des questions de fonds, entre SR et son adversaire. Prendront-ils les mêmes positions à l’assemblée sur telle ou telle loi qui serait soumise à leur vote.

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hic 17 juin 2012 - 16:46

@seb
En même temps, du temps ou DSK était assuré de devenir président de la république, ou encore du temps de Mitterand l’on avait bien affaire à une personnalisation également, de mon point de vue. De manière générale, il me semble que cette personnalisation du pouvoir n’est pas liée directement à la personne de Royal, mais à la personnalisation du pouvoir politique dans la 5ème république. Par contre, le fait que ce soit une femme qui personnalise le pouvoir ressort plus car l’on y est moins habitué, ou encore, parce que ça agace carrément les gens.

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rivi 18 juin 2012 - 07:44

Il y a des tas de femmes politiques très médiatisées partout dans le monde, suffisamment pour se rendre compte que l’antipathie que suscite Royal est due à sa personne, pas son sexe. D’ailleurs beaucoup d’électeurs de gauche ne la supportent pas.

Deux défauts majeurs et rédhibitoires à mon avis: son arrogance et son recours déplacé à des postures parano-victimaires. Ou encore sa façon de nous parler de ses sentiments ou de ses enfants.

Elle nous fait un coup à la Domenech quand elle embarque ses enfants comme boucliers pour se sortir d’une mauvaise passe. Quasiment tous les hommes/femmes politiques ont des enfants. Quasiment tous se prennent des coups à la figure. Combien évoquent leurs enfants pour tenter d’apitoyer?

Sa carrière nationale est finie.

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Seb. 19 juin 2012 - 16:11

@Hicle, effectivement la 5ème République encourage la personnification du pouvoir, et cela nécessairement davantage pour l’exécutif que pour le pouvoir législatif. Cela étant, la personnification à la Mitterrand, à la DSK portaient davantage sur des qualités réelles ou supposée que sur des états d’âmes ou des position victimaire. La personnification portait davantage sur une capacité supposer à remplir les fonctions que sur l’identification au/à la candidat(e) et/ou sur de la compassion. Lorsque j’ai voté Aubry au primaire, j’ai voté, en connaissance de cause pour une personne, pour partie sur son positionnement politique, sur lequel j’étais plus ou moins d’accord, mais aussi sur sa perception de l’incarnation du pouvoir. Sur ce dernier point, Aubry aborde la chose avec sobriété et recul. Je ne peux pas en dire autant de SR, et il ne me semble pas que cela corresponde à la tradition de gauche. Après on peut considérer que ce positionnement traditionnel de la gauche n’est pas pertinent au regard du fonctionnement de nos institution, mais en ce cas il ne faut pas non plus être surpris de susciter des mécontentements, des résistances, voir des dissidences.

@Rivile, la vie politique est pleine de revirements, et il n’est pas rare que celui qu’on enterrait hier soit celui qui sera acclamé demain.

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