Accueil CultureScience Sexe du cerveau : l’étude qui embrouille les neurones

Sexe du cerveau : l’étude qui embrouille les neurones

par Arnaud Bihel

CerveauxUne étude, largement médiatisée, met en avant des différences de connexions neuronales entre hommes et femmes et fait passer l’idée de différences innées. La neurobiologiste Catherine Vidal dénonce une approche partisane, qui passe sous silence la plasticité du cerveau.

 

C’est, selon la quasi-totalité des titres de presse qui s’en font l’écho, et ils sont nombreux, une étude scientifique qui vient « valider des stéréotypes » : les cerveaux des femmes et des hommes seraient, intrinsèquement, très différents. Et même « complémentaires ».

« Sex differences in the structural connectome of the human brain », c’est le titre de cette étude, menée par des chercheurs de l’Université de Pennsylvanie sur près de 1000 individus (521 femmes et 428 hommes) âgés de 8 à 22 ans, et publiée mardi 2 décembre dans lesComptes-rendus de l’Académie américaine des sciences (PNAS).

Ses résultats mettent en avant des schémas de connectivité neuronale différents, en moyenne, entre hommes et femmes. Dans leur échantillon, les connexions neuronales étaient en effet plus nombreuses entre les deux hémisphères qu’à l’intérieur de chaque hémisphère dans les cerveaux féminins, et c’était le contraire dans les cerveaux masculins. Cela, toujours, en moyenne. A noter aussi que la différence entre les sexes n’était pas statistiquement significative dans toutes les régions régions du cerveau.

Pour ses auteurs, les résultats suggèrent que « les cerveaux masculins sont structurés pour faciliter la connectivité entre la perception et l’action coordonnée, tandis que les cerveaux féminins sont conçus pour faciliter la communication entre des processus analytiques [dans l’hémisphère gauche] et intuitifs [dans l’hémisphère droit] ».

Des différences… et des évolutions

De quoi expliquer « pourquoi les hommes excellent dans certaines tâches et les femmes dans d’autres », selon Ragini Verma qui a dirigé ces travaux. Et la presse de reprendre en chœur l’analyse qu’en tire cette spécialiste en imagerie biomédicale : « Les hommes sont en moyenne plus aptes à apprendre et à exécuter une seule tâche, comme faire du vélo, du ski [voilà donc pourquoi on ne trouve pas de chaussures de ski pour expertes ! Ndlr] ou la navigation. Les femmes ont en revanche une mémoire supérieure et une plus grande intelligence sociale qui les rendent plus aptes à exécuter de multiples tâches et à trouver des solutions pour le groupe ».

Mais alors que « complémentarité » et « différences » sont mises en avant, les évocations de cette étude passent sous silence un point important : elle montre aussi que dans l’enfance les différences sont insignifiantes. Les auteurs ont en effet observé peu de différences de connectivité cérébrale entre les sexes dans un premier groupe d’âge, composé d’enfants de 8 à 13 ans. Des différences plus prononcées dans le deuxième groupe, adolescent (13-17 ans), et plus encore dans le troisième groupe (17 à 22 ans). Les auteurs observent donc une « progression des différences sexuées ».

La plasticité au placard

Mais leur analyse apparaît alors partiale. Pour eux, cela prouve que le cerveau est « conçu », « structuré », pour évoluer ainsi. Comme si les différences entre sexes étaient naturelles. Mais ils passent totalement sous silence une autre hypothèse : le fait que ces évolutions soient influencées par l’environnement. A aucun moment ils ne font référence à cette plasticité du cerveau, pourtant reconnue.

Ainsi que l’explique la neurobiologiste Catherine Vidal (comme ici dans Le Monde), 90% des connexions neuronales se construisent après la naissance, à partir du moment où l’enfant est en interaction avec son environnement.

Effarée par l’écho médiatique de cette étude, Catherine Vidal souligne que ses auteurs sont « partisans » et passent volontairement sous silence la question de la plasticité. Plusieurs d’entre eux ont orienté depuis des années leurs travaux sur les différences entre hommes et femmes : « pas étonnant qu’ils trouvent ce qu’ils cherchent », explique Catherine Vidal aux Nouvelles NEWS, observant qu’ils ne font référence, dans cette étude, « qu’aux travaux qui vont dans leur sens ».

Les risques de détournement

D’autres scientifiques, interrogés par la BBC, mettent en garde contre les risques d’interprétation abusive de cette étude. « Des approches mathématique sophistiquées sont fréquemment utilisées pour analyser et décrire les réseaux du cerveau. Ces méthodes peuvent être utiles pour identifier des différences entre des groupes, mais il est souvent périlleux d’interpréter ces différences en termes biologiques », souligne Heidi Johansen-Berg, experte en neurosciences à l’université d’Oxford.

Mise à jour, jeudi 5 décembre : Dans La Libre Belgique, le neurologue Jean-Christophe Bier se dit « pas du tout convaincu par l’hypothèse des chercheurs américains », déplorant lui aussi qu’ils concluent sans ambages que c’est le genre qui définit les connexions. « Je penche plutôt pour l’éducation et le contexte, que pour les hormones, comme responsables des changements » observés à l’adolescence, souligne-t-il. En Australie, Cordelia Fine dénonce elle aussi une étude « neurosexiste », en se qu’elle se focalise sur les différences sexuées en évacuant toute interrogation sur les influences sociales.

« L’aspect le plus inconfortable de résultats de ce genre est qu’ils peuvent être – et ils le sont souvent – détournés pour renforcer des stéréotypes et des préjugés. Des études comme celle-ci offrent alors du grain à moudre à ceux qui cherchent à justifier la sous-représentation des femmes dans des champs comme l’ingénierie », fait remarquer Olga Khazan en évoquant cette étude dans The Atlantic.

Pour contrer les interprétations fallacieuses, on peut sortir de son chapeau l’enquête PISA de l’OCDE qui montre que, dans tous les pays, le niveau des filles en mathématiques, à 15 ans, n’est pas significativement inférieur à celui des garçons. Des résultats scolaires qui donnent « à penser que les points forts et les points faibles des uns et des autres dans certaines matières ne sont pas innés, mais qu’ils s’acquièrent par le travail, et qu’ils sont souvent renforcés par des valeurs sociales. »

 

La mauvaise foi de certaines études scientifiques et les erreurs de leur traitement médiatique, nous les évoquons régulièrement dans Les Nouvelles NEWS. Voir ces deux récents exemples :

Mauvais père ? Les boules !

Les filles, les garçons et l’humour : le cerveau a bon dos

Ou encore

N’avalez pas tout ce qu’on vous dit sur les bienfaits du sperme

 

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38 commentaires

38 commentaires

Vincent 3 décembre 2013 - 18:55

Bonjour,

Et la question hormonale ?
Vous en faites quoi ?
N’est-il pas normal que les « différences » s’agrandissent au moment de l’adolescence, qui est quand même un sacré festival homonal ?

Truc 3 décembre 2013 - 19:22

Vous croyez que le festival hormonal de l’adolescence est l’apanage d’un seul sexe ?

Eric 4 décembre 2013 - 02:07

« faciliter la connectivité entre la perception et l’action coordonnée »

Voilà qui doit être utile pour réussir ses créneaux.

« Vous croyez que le festival hormonal de l’adolescence est l’apanage d’un seul sexe ? »

Ce ne sont pas les mêmes hormones, pas les mêmes récepteurs, pas les mêmes sites de réception. Les filles n’ont pas la moustache qui pousse à partir de l’adolescence (en tout cas pas toutes), et les garçons ne se mettent pas à porter des soutien-gorge (en tout cas pas moi).

Vincent a raison. Le développement spectaculaire du dimorphisme structural du connectome suit parfaitement la courbe du développement du dimorphisme physique et l’apparition des caractères sexuels secondaires. Difficile de penser que les deux ne sont pas liés. Pourquoi cette différentiation attendrait-elle dix ou douze ans pour commencer à se mettre en place en accéléré, alors que les enfants baignent dans un environnement sexué depuis leur naissance ? Parce qu’il manquait les engrais hormonaux.

D’ailleurs un autre effet peu connu de cette tempête hormonale : à 12 ans les filles ont un QI légèrement supérieur à celui des garçons, mais dès que ces derniers mettent en action leur arme secrète (leurs bourses), ils rattrapent leur retard et au début de l’âge adulte ils ont en moyenne cinq points de QI de plus que les filles (sans parler d’une meilleure aptitude aux créneaux).

Lène 4 décembre 2013 - 08:15

(je ne porte pas de soutien-gorge et je réussis très bien mes créneaux, mieux que mon compagnon. Il faut dire qu’on ne lui a pas correctement appris, ceci explique-t-il cela?)
Pour ma part, j’ai fait des études scientifiques (en plein « festival hormonal », rendez-vous compte!!!). J’ai observé que les solutions des d’équations aux dérivées partielles étaient les mêmes que l’on soit fille ou garçon, ainsi que toutes les théories de la mécanique newtonienne (sans exception). En revanche, chacun-e a sa façon de résoudre l’équation.
Pour terminer, le genre ne se détecte pas à la lecture d’un article scientifique…

taranis 4 décembre 2013 - 08:20

Ce sont bien les scientifiques « en société » qui élaborent et réélaborent les critères de la différenciation entre les sexes le « naturel » a été inventé avec le rôle des scientifiques dans cette fabrication du « féminin » et du « masculin ».» La race et le sexe partagent des caractéristiques sociales communes, à savoir l’alibi de la nature et l’« évidence » des apparences physiques….. L’homme plus fort que la femme, l’instinct maternel, l’horloge biologique, Mars, Vénus tout ça tout ça… Sans parler du sublime argument animalier “C’est comme ça que ça se passe chez nos amis les animaux et on reste quand même que des animaux”. Mais au fait c’est la lionne qui chasse non? Et les hippocampes mâles qui élèvent leurs petits? Et les escargots alors c’est quoi? Ben dites donc les modes d’organisations peuvent être variés en fait. D’ailleurs 5% des humaines naîtraient intersexués, comme quoi cette grande différence des sexes, elle tient pas à grand chose

DestyNova 4 décembre 2013 - 10:12

mais chut! surtout n’en parlons pas!
Cette étude est biaisée à partir du moment où ils prennent des mesures sur des individus déjà formés et intégrés dans la société. Les enfants de 8 ans reproduisent déjà les comportements de leurs parents et ont déjà été exposés à des milliers de publicités leur indiquant de quelle façon se comporter et à quoi s’intéresser.
En neurosciences on considère que dire qu’il n’y a pas de cerveau « mâle et femelle » c’est à peu près aussi con que de dire qu’il y a un foie mâle et un femelle, même en prenant en compte l’influence des hormones, il n’y a pas d’hormone de la mécanique comme il n’y a pas d’hormone de la couture, n’en déplaise aux pseudo scientifiques qui trainent sur ce site.

Après BIEN SUR on peut trouver des différences dans le cerveau, sur des bases biologiques on peut faire des différences entre « races » prouver des différences enter homosexuel et hétérosexuel, prouver que les noirs sont plus performants en sport que les blancs, pour autant est-ce qu’on a une catégorie différente aux JO pour ces pauvres petits blancs qui peinent à récupérer des médailles?

DestyNova 4 décembre 2013 - 10:17

Autrefois aussi on faisait des différences entre races sur la base du poids du cerveau, jusqu’à ce qu’on découvre que les asiatiques avaient un plus gros cerveau. On peut tout prouver avec la science. Comme la religion, elle peut être instrumentalisée pour arriver à certaines fins ou pour faire passer ses idées.

DestyNova 4 décembre 2013 - 10:30

Eric la différence de compétences en mathématiques à l’age de 12 ans a été expliquées maintes fois par les sciences sociales, renseignez vous un peu (vous aussi vous faites de l’obscurantisme en regardant avec des œillères).
Par ailleurs, les femmes ont rattrapé depuis un an ou deux les hommes au score du QI donc la question ne se pose plus (et le Qi ne mesure pas l’intelligence sociale au passage).

De toute façon je ne sais pas ce que vous essayez de prouver, que vous le vouliez ou non il y a des femmes en science et puis c’est tout. Au pire si une catégorie de la population y était moins disposée, alors on devrait mettre le paquet sur eux et les encourager à réussir dans cette discipline afin qu’ils aient les même chances dans la vie.

PS : une corrélation n’implique pas une relation de cause à effet, vous devriez peut-être reprendre quelques cours de stat

patabra 4 décembre 2013 - 11:30

et c’est toujours la (mauvaise) foi qui l’emporte.
Je suis profane en biologie mais les arguments de Catherine Vidal semblent s’éroder davantage chaque jour, il existe plétore d’expériences qui montrent une différenciation marquée des sexes des la naissance, que ce soit chez l’homme, le singe ou beaucoup d’autre mamifères. L’exemple du lion m’a fait rire , car oui ce sont les lionnes qui chassent tres majoritairement et c’est un comportement sexué donc que j’assimile aux taches ménagères (humour)

taranis 4 décembre 2013 - 11:49

[quote name= »DestyNova »
Cette étude est biaisée à partir du moment où ils prennent des mesures sur des individus déjà formés et intégrés dans la société.

Vous avez mille fois raison d’ailleurs cette étude a montré qu’il existait peu de différences entre les cerveaux masculin et féminin chez les enfants de moins de 13 ans. Peut-être une affaire de culture ? La division de l’humanité en deux sexes, mâle et femelle, est présentée comme une vérité biologique, universelle et immuable. Mais cette base est moins évidente qu’il n’y paraît et,à travers la manière dont la biologie et la médecine conçoivent les femmes et les hommes, transparaissent quelques-uns des mécanismes de la construction des inégalités de sexe Des anciennes représentations, opposant un principe masculin actif à un principe féminin passif, on est passé à ce que certains chercheurs qualifient de « compétition » entre le masculin et le féminin. Mais de nombreux domaines de la science sont encore empreints de l’idéologie de la domination masculine, l’anthropologie et l’éthologie notamment.

taranis 4 décembre 2013 - 12:04

[quote name= »patabra »]et c’est toujours la (mauvaise) foi qui l’emporte.
La votre sans doute, car rien n’est prouvé parce que la science étant constamment à la recherche d’un critère qui ne souffrirait aucune exception. Ce fut d’abord celui des gonades – testicules et ovaires – qui fonda la différence des sexes ,avant que l’observation de cas cliniques présentant des gonades mixtes ne vienne remettre en cause cette conception. Puis, au début du XXe, la découverte des hormones sexuelles en fit, pendant un temps, les agents de la définition de la femme et de l’homme, d’autant plus que celles-ci étaient considérées comme engendrant des comportements typiquement féminins ou masculins. Mais cette fois encore, l’approfondissement des recherches mit en lumière une réalité plus diverse, moins dichotomique : femmes et hommes possèdent les hormones dites féminines et masculines. À partir du milieu du XXe siècle, les découvertes semblent en mesure de trancher sur le, sexe d’une personne. Au final, la difficulté du dessein tient peut-être à l’étroitesse de son objectif : classer l’ensemble des individus en deux catégories sexuelles strictement hermétiques l’une à l’autre et s’exposer à une extrême variabilité de caractéristiques génétiques, hormonales ou encore physiques.

jpl 4 décembre 2013 - 12:42

La radicalité n’est pas du côté que l’on croit. Les auteurs de l’étude ne nient pas que l’environnement influence la structure du cerveau masculin et féminin, ils indiquent qu’il existe une participation génétique à cette organisation, tandis que Catherine Vidal, elle, nie toute intervention de ce type, une opinion aventureuse si l’on considère qu’il existe un chromosome entier différent entre les sexes.
L’argument principal de Catherine Vidal n’est pas recevable : elle ne dit pas simplement que 90% des liaisons neuronales se forment après la naissance, elle postule que ces 90% se formeraient indépendamment des 10% existants, ce que les études neuroscientifiques réfutent : par exemple le nourrisson dispose dès les premières semaines de vie de capacités mathématiques innées ; il serait surprenant que le reste de l’esprit se construise selon les hasards environnementaux.

fsdfzef 4 décembre 2013 - 13:00

« Plusieurs d’entre eux ont orienté depuis des années leurs travaux sur les différences entre hommes et femmes : « pas étonnant qu’ils trouvent ce qu’ils cherchent », explique Catherine Vidal « 

Est-ce dit sérieusement ? De la part de mme. Vidal, qui a consacré une grande partie de sa carrière à démontrer que l’homme et la femme sont en tout points égaux (ben voyons), c’est juste halluciant … oeil, paille, poutre !

taranis 4 décembre 2013 - 13:33

[quote name= »jpl »]La radicalité n’est pas du côté que l’on croit

La plasticité est tout le contraire d’une forme radicale, contrairement à vous qui mettez en avant l’inné qui serait la base de notre construction mentale . Mais vous n’avancez que des considérations naturalistes et au contraire de ce que vous affirmez : Les auteurs observent donc une « progression des différences sexuées » avec les groupes d’’age et ils passent totalement sous silence une autre hypothèse : le fait que ces évolutions soient influencées par l’environnement. A aucun moment ils ne font référence à cette plasticité du cerveau, pourtant reconnue.» Au fait votre nourrisson c’est bien une fille !!? Le seul problème de ce genre d’etudes c’est qu’ à partir du moment où cette naturalité devient moins évidente, la bi-catégorisation sexuelle des êtres humains peut également apparaître comme une construction due à la nécessité de l’inscription des normes de genre dans le corps. L’objectif n’est pas de nier les différences entre les corps mais de les décloisonner et de remettre en cause les significations qui y sont attachées. Car la bi-catégorisation permet la naturalisation de la différence et constitue un levier important de la justification des inégalités. Mais révéler son caractère construit ouvre une brèche dans le système de genre et menace les formes de normalisation qu’il engendre. .

taranis 4 décembre 2013 - 13:50

« fsdfzef »

Est-ce dit sérieusement ? De la part de mme. Vidal, qui a consacré une grande partie de sa carrière à démontrer que l’homme et la femme sont en tout points égaux (ben voyons), c’est juste halluciant … oeil, paille, poutre !

Sauf que derrière ces 2 théories opposées les intérêts ne sont pas les mêmes . Cherchez le mobile , car comme avec le religieux , c’est tout l’édifice patriarcal qu’elle remet en question. Quelle détermination de genre construit un statut de dominé ? Quel critère de genre entérine et valide a posteriori des inégalités ? Quel genre véhicule une image dévalorisante des être humains qui le composent ? Quel genre enferme les individus dans leur statut de géniteur ? Quel genre est, COMME PAR HASARD, associé aux métiers les moins valorisés socialement et économiquement ?

Eric 4 décembre 2013 - 14:13

@Destynova

« pour autant est-ce qu’on a une catégorie différente aux JO pour ces pauvres petits blancs qui peinent à récupérer des médailles? »

Cette remarque n’a de sens que si l’on ne comprend rien à la signification de la compétition sportive pour les hommes, ce qui est le cas de pas mal de femmes.

Le sport est fait pour révéler les inégalités. Le principe qui sous-tend la compétition sportive est que les hommes naissent fondamentalement inégaux. Le sport vient élucider la hiérarchie.
Réclamer des quotas ou des catégories à part, c’est typiquement féminin. Les hommes acceptent les différences et veulent simplement que les règles soient les mêmes pour tous. C’est l’égalité de départ qui compte, pour garantir une inégalité finale qui reflète fidèlement les différences de niveau des sportifs. Réclamer une égalité de chances de l’emporter, c’est ne rien comprendre au sport. Un mauvais qui se mesure à un bon n’a pas autant de chances de l’emporter que ce dernier. Normal. Et s’il n’est pas content, il faut qu’il fasse du sport loisir, avec les femmes.

Quand on est sûr de perdre dans une discipline, il faut migrer vers une autre qui correspond mieux à ses aptitudes.

Si tu n’as aucune chance de rivaliser avec les Kenyans au marathon, tu peux essayer le bicross, le yoyo, ou les échecs. Aux échecs il n’y a pas un seul noir au niveau international.

taranis 4 décembre 2013 - 14:56

[quote name= »Eric »]

Le sport est fait pour révéler les inégalités. Le principe qui sous-tend la compétition sportive est que les hommes naissent fondamentalement inégaux.

Vous avez volontairement fait abstraction le début de la phrase pour pouvoir dénigrer la parole d’une Femme : Le but était justement de démontrer qu’il n’y pas de cause à effet si l’on raisonne simplement en terme d’être humain et sans racisme .Les performance des individus ( il n’y a qu’une race humaine) ne sont pas ethniques mais liées à l environnement dans lequel évoluent les athlètes . Il y a aussi des blancs endurants et kenyans qui se trainent, il y a même des kenyans blancs…..Le sport est au contraire de ce que vous dites basé sur la similitudes des performances, c‘est pourquoi il est crée des catégories et c’est l’esprit même de l’origine des compétitions sportives (Le Fair Play ) . Un poids lourd ne combat pas un poids plume. C’est le meilleur oui mais dans son domaine, l’égalité des chances ne nuit pas à la performance. La violence et l’argent sont des considérations externes de notre société néolibérale, c’est pourquoi je vous laisse volontiers à votre prédéterminisme , j’ai mon tricot qui m’attend….

zatopek 4 décembre 2013 - 14:59

« Eric »
@Destynova

« pour autant est-ce qu’on a une catégorie différente aux JO pour ces pauvres petits blancs qui peinent à récupérer des médailles? »

Cette remarque n’a de sens que si l’on ne comprend rien à la signification de la compétition sportive pour les hommes, ce qui est le cas de pas mal de femmes.

Le sport est fait pour révéler les inégalités. Le principe qui sous-tend la compétition sportive est que les hommes naissent fondamentalement inégaux. Le sport vient élucider la hiérarchie.
Réclamer des quotas ou des catégories à part, c’est typiquement féminin. Les hommes acceptent les différences et veulent simplement que les règles soient les mêmes pour tous. C’est l’égalité de départ qui compte, pour garantir une inégalité finale qui reflète fidèlement les différences de niveau des sportifs. Réclamer une égalité de chances de l’emporter, c’est ne rien comprendre au sport. Un mauvais qui se mesure à un bon n’a pas autant de chances de l’emporter que ce dernier. Normal. Et s’il n’est pas content, il faut qu’il fasse du sport loisir, avec les femmes.

Quand on est sûr de perdre dans une discipline, il faut migrer vers une autre qui correspond mieux à ses aptitudes.

Si tu n’as aucune chance de rivaliser avec les Kenyans au marathon, tu peux essayer le bicross, le yoyo, ou les échecs. Aux échecs il n’y a pas un seul noir au niveau international.

Tout est dit. C’est d’un sexisme et d’une condescendance…

maybe 4 décembre 2013 - 15:04

« Eric »
@Destynova
Cette remarque n’a de sens que si l’on ne comprend rien à la signification de la compétition sportive pour les hommes, ce qui est le cas de pas mal de femmes.

Réclamer des quotas ou des catégories à part, c’est typiquement féminin.

Et s’il n’est pas content, il faut qu’il fasse du sport loisir, avec les femmes.

Que doit répondre une femme comme moi qui regarde (et aime) probablement plus le sport que vous, qui comprend totalement ce que c’est qu’aimer la compétition ?
En vous lisant, j’ai une pensée pour Serena Williams, Justine Henin, Lucie Décosse, Yelena Isinbayeva, Marie-Josée Perec, Steffi Graf, Martina Navratilova, pour ne citer que ces joueuses de pacotille qui ne comprennent décidément rien au sport et feraient mieux de réclamer des quotas dans la catégorie broderie…
Les femmes de votre entourage doivent être foutrement bien loties, dites donc !

Lili 4 décembre 2013 - 17:21

Y a un truc qui me chiffonne avec ce genre de débat. Parce que finalement, à part pour le progrès de la science, ça ne change rien. En fait, on s’en fiche.
Même si demain on me prouve de manière irréfutable que mon cerveau est différent de celui des hommes, ça n’enlève RIEN à l’exigence d’égalité. Parce que justement, l’égalité, c’est ça : donner les mêmes droits et traiter de ma même manière des gens qui sont différents.
Traiter différemment des gens différents, c’est le principe de la discrimination. Discrimination est devenu un mot connoté négativement, mais au départ ce n’est pas le cas. Est « discriminant » ce qui peut faire la différence, point. C’est aussi une notion mathématique.
Il y a des discriminations injustes, d’autres justes. Alors que nos cerveaux soit identiques ou différents, que ce soit inné ou acquis, on s’en fiche. Je fais mon boulot aussi bien que mon collègue, j’ai les mêmes diplômes (et même si j’ai eu d’autres méthodes d’apprentissage et de travail parce que c’est moi, et que dans moi il y a -entre autres choses-, mon cerveau de fille, mon éducation…), d’aussi bons résultats, je veux le même salaire et la même progressions. Point.
Egalité n’est pas uniformité, et il n’y a pas besoin d’uniformité pour avoir l’égalité.

Lili 4 décembre 2013 - 17:28

« Eric »
@Destynova

Réclamer une égalité de chances de l’emporter, c’est ne rien comprendre au sport. Un mauvais qui se mesure à un bon n’a pas autant de chances de l’emporter que ce dernier. Normal.

Et bien il faut croire que vous n’avez rien compris au sport. Tous les athlètes partent sur la même ligne de départ, et le principe des sélections multiples fait que plus on avance dans la compétition, plus il y a égalité des chances de l’emporter, justement. Tout le contraire de la vraie vie, d’ailleurs. Le jour où la société sera aussi égalitaire que le sport, votre machisme souffrira, tout comme votre racisme d’ailleurs.
Dans la vraie vie, on met sur la même ligne de départ les handicapés, les valides, les entraînés et les amateurs, et tout le monde est censé pouvoir gagner…. Ca ne révèle pas les inégalités, ça ne fait que les transformer en machine de destruction, alors que dans le sport à la fin on se serre la main, et on peut retenter sa chance la saison suivante.

jpl 5 décembre 2013 - 02:45

« taranis »
[quote name= »jpl »]
La plasticité est tout le contraire d’une forme radicale.

Vous accordez beaucoup trop d’importance à la plasticité. Notre organisation mentale se fonde sur des rails fort impératifs, sinon nous serions tout simplement incapables de communiquer entre nous. Dans un système chaotique tel que la construction de l’esprit, de petites différences initiales dans le plan des « rails », invisibles à la naissance, vont provoquer des différences croissantes au fil de la maturation et expliquer parfaitement les trouvailles de ces neuro-scientifiques. Bien sûr l’on peut exalter ces différences par la culture… autant qu’elles peuvent être réprimées. C’est malheureusement la démarche que je ressens dans le négationnisme de Catherine Vidal.

Jaimepaslescons 5 décembre 2013 - 05:20

Eric c’est une allégorie de la connerie en fait ?

Déjà que ça ne vole pas haut parce que finalement je présume qu’ici personne ne maitrise réellement le sujet, moi comprise (pour ça que j’émets pas de suppositions sur la différence -ou non- entre les cerveaux masculins et féminins voyez).

Sauf si quelqu’un a fait des études en neurobiologie, mais sinon vous recrachez juste du contenu lu à la volée sur Wikipédia et divers articles, si je ne m’abuse. C’est un peu comme les réflexions de bistrot finalement, sauf qu’au lieu de parler de à la chatte à Ginette avec Gerard accoudé au bar, ça parle plasticité du cerveau. Why not, ça peut être marrant, même quand on y bitte que dalle après tout. Ça donne l’air intelligent et tout … Oh, désolée … ça ressemble fortement à un procès d’intention, vous m’en voyez navrée. Je penserais à faire mon mea culpa … à l’occasion.

Mais revenons à nos petites circonvolutions. Apparemment d’après Eric, avec les sacro-saintes couilles, on gagne en QI, ding-dong, c’est livré avec la bite et la puberté ! (je pourrais tenter un clash de mauvais gout ici, sachez-le ! C’est cool, faut me greffer une paire de couilles ou j’ai le droit de faire des études, malgré les « déficiences » mentales dues à mon sexe ? C’est vrai ça, et je parie que c’est la même pour le jeu vidéo d’ailleurs. Les filles ça ne joue pas au jeu vidéo, elles n’ont pas le « génie, la logique, les réflexes » (et la modestie face à un adversaire plus puissant, of course !) que les hommes ont voyez. D’ailleurs, ça s’intéresse aux jeux vidéos et aux études, les filles, déjà ? Je pensais que c’était fait pour trouver un mec, lui tailler une pipe et lui faire un gosse dans le dos pour ensuite partir avec tout les billets, billets qui seront dépensés en shopping, évidemment !

Si ce n’est pas le cas, je hurle au complot et à la haute trahison.

jpl 5 décembre 2013 - 10:39

Eh bien mesdames, ce dialogue très politisé avec Eric montre surtout que l’émancipation a créé le féchisme, cet équivalent du machisme qui manie avec le même bonheur ses dialectiques les plus populaires : mauvaise foi, interprétation, technique de la pente glissante, vulgarité, etc… De cette façon, se monter le bourrichon entre copines est étonnamment semblable à faire des blagues de comptoir entre potes.
Eric a décrit précisément le mode de pensée masculin, qui correspond à une volonté de puissance personnelle très nietzschéenne, tandis que le mode de pensée féminin est fondé sur la coopération au sein du groupe. Est-ce surprenant qu’un Eric plaçant entièrement sa confiance en lui-même et une Lili la reportant sur une société égalitariste aient du mal à se comprendre ?
Inutile pourtant de faire voler la vaisselle, car le débat n’est pas là. Clairement, nous possédons tous ces deux modes de pensée, et le masculin prédomine à présent chez de nombreuses femmes qui en ont les moyens, comme les sportives de haut niveau ou celles qui ont achevé une formation élitiste. Réfléchir en homme ou en femme n’est plus l’apanage du sexe idoine. Pourtant, cela n’implique en rien qu’il n’existe pas une influence génétique du sexe dans la construction du mode de pensée. Il est possible de retourner l’argument de la plasticité du cerveau dans l’autre sens : la culture peut parfaitement travestir les pulsions instinctives ; c’est la sublimation. N’est-ce pas à l’évidence ce qui survient pour le désir sexuel ?

taranis 5 décembre 2013 - 12:09

[quote name= »jpl »][quote name= »taranis »] C’est malheureusement la démarche que je ressens dans le négationnisme de Catherine Vidal.

Les cerveaux des hommes et des femmes sont identiques et construits par l’environnement et l’apprentissage. Non, les filles ne sont pas moins bonnes en maths. Oui, le cerveau évolue tout au long de la vie. Combattre ces idées archaïques qui traînent encore sur les prétendues différences naturelles entre le cerveau masculin et le cerveau féminin est très utile quand on sait qu’un tiers des citoyens français pensent, grâce à ce travail de désinformation orienté ,que ce petit organe essentiel est sexué et que les filles sont moins douées que les garçons pour les maths et les sciences. Or les écarts de performance en maths entre les filles et les garçons dépendraient de la culture égalitaire de leur pays « dans les pays où l’émancipation des femmes est faible comme la Turquie, la Corée, l’Italie, les écarts sont importants ; ils sont moindres au Portugal, en France, et en Pologne. Il n’y a pas de différence en Norvège et en Suède Les connexions sont d’autant plus nombreuses que les relations avec l’environnement sont riches et stimulantes. Bonne nouvelle : on peut acquérir de nouvelles synapses tout au long de la vie, y compris après de graves traumatismes cérébraux, tant le cerveau est plastique : « La plasticité est cette capacité du cerveau de se modeler selon l’expérience vécue… rien n’est jamais figé » François Jacob disait à juste titre : « L’être humain est génétiquement programmé, mais programmé pour apprendre. Les apprentissages créent les différences. »

taranis 5 décembre 2013 - 12:30

[quote name= »jpl »]Eh bien mesdames, ce dialogue très politisé avec Eric montre surtout que l’émancipation a créé le féchisme

Cette idéologie antiféministe non isolée , est dans l’air du temps réactionnaire. Elle s’inscrit dans le cadre de ce mouvement général de la pensée qui nie les rapports de domination et conteste aux opprimées le droit légitime à combattre l’oppression et à revendiquer l’égalité. Pour cette « classe » des hommes, certains l’émancipation des femmes leur est insupportable. La perte de leur statut social, de leurs privilèges, et du contrôle sur « leurs » femmes, leur est tout bonnement inacceptable. Ils vont donc adopter une grille de lecture masculiniste. Il est alors question, dans les discours, de femmes qui détruisent « leurs » hommes par égoïsme,obsédées par leur carrière, ne songeant qu’à leur plaisir, leur liberté s’exerçant au détriment des hommes et de la vie de famille. Pour ces hommes, il est urgent de se reprendre en main. Ils se présentent comme des victimes des femmes, du féminisme ou encore d’un système social imaginaire dans lequel les femmes surpuissantes exerceraient un pouvoir sans partage, avec comme idéologie ce neo logisme sortit d’une ejaculation « le Fechisme » Pour cela tous les moyens sont bonscomme inverser le sens du rapport de domination et réclamer, sans vergogne, l’égalité… pour les hommes aussi.

Eric 5 décembre 2013 - 13:11

Une illustration des problèmes de perception-coordination que peuvent rencontrer certaines femmes à cause de la structuration de leur connectome :

Quelque chose me dit que cette fille va galérer avec ses créneaux (enfin, c’est une Américaine semble-t-il, et les Américains, pionniers du féminisme, ont eu la sagesse de construire des villes où il n’est pas nécessaire de savoir faire des créneaux)

taranis 5 décembre 2013 - 14:47

[quote name= »Eric »]Quelque chose me dit que cette fille va galérer avec ses créneaux

Le principal déterminant des accidents de la route s’impute à la tenue du volant par un homme ou par une femme. Le reste est presque négligeable » En effet, les hommes meurent beaucoup plus sur la route que les femmes. Le nombre d’hommes tués sur les routes est 3,4 fois supérieur à celui des femmes par million d’habitant. « On constate de grandes différences entre hommes et femmes. Parmi les jeunes, huit tués sur dix sont des garçons et, sur les deux filles, l’une se trouvait être la passagère d’un conducteur masculin. La responsabilité des accidents mortels s’établit donc à neuf contre un selon le sexe », Ce chiffre est aussi le reflet de prises de risques différenciées selon les sexes. Ainsi, les conducteurs masculins représentent 92 % des conducteurs impliqués dans les accidents mortels au taux d’alcool positif. Il en va de même pour la consommation de cannabis et pour les vitesses excessives, inutiles de préciser que tous ces items sont bien culturels. Je crois que l’on peut bien louper un créneau de temps de temps.

taranis 5 décembre 2013 - 15:29

[quote name= »Lili »]Y a un truc qui me chiffonne avec ce genre de débat. Parce que finalement, à part pour le progrès de la science, ça ne change rien. En fait, on s’en fiche.

En s’enficherait si le but n’était pas prouver la thèse essentialiste qui définitivement et par la volonté « divine » classe la femme en complémentarité et surtout en infériorité de l’homme.Ce genre d’études ne trouvera toujours que ce qui conforte la position des dominants. C’est le fondement même du patriarcat, des religions et du capitalisme….Les configurations culturelles du sexe pourrait pénétrer les discours qui structurent culturellement la vie intelligible, faire en sorte de révéler la dualité du sexe et son caractère fondamental non naturel. Quelles autres stratégies de contestation du « naturel” pourraient nous conduire à dénaturaliser le genre en tant que tel?

Vincent 5 décembre 2013 - 16:31
Vincent 5 décembre 2013 - 17:43

Et au niveau de la force physique ?
Pas de différences entre hommes/femmes ?

Eric 5 décembre 2013 - 17:45

« Et au niveau de la force physique ?
Pas de différences entre hommes/femmes ? »

C’est culturel.

jpl 5 décembre 2013 - 19:24

Au départ, Taranis, vous aviez des arguments… qui sont devenus des aboiements. C’est vous qui rétrécissez votre conscience dans un idéologisme rassurant, alors que je vous ai donné des éléments scientifiques. Il est certain que nous sommes toujours dans une société machiste, et ce au niveau mondial, excepté quelques communautés îliennes. C’est un héritage venu du fond des temps où la culture n’avait guère le pouvoir de modifier fondamentalement la nature. Il serait surprenant qu’un chromosome entier séparant les sexes n’ait pas des effets d’origine génétique impératifs sur le comportement. Considérer ceci comme inacceptable me fait penser à ceux qui jugent impossible que l’activité humaine ait un effet sur l’écosystème planétaire.
Tous les parents expérimentent, lors de la poussée pubertaire de leurs enfants, les difficultés de la culture à encadrer des pulsions très instinctives.

Vincent 5 décembre 2013 - 19:52

« Eric »
« Et au niveau de la force physique ?
Pas de différences entre hommes/femmes ? »

C’est culturel.

Vade retro satanas ! 😉

http://www.sportexperts.org/publication/46.pdf

Prune 6 décembre 2013 - 12:05

« Vincent »

Dommage, il y a des erreurs assez grossières notamment sur la menace du stéréotype (le type est-il réellement psychologue? j’ai des doutes, ou alors il n’a pas pris la peine de potasser ses expérimentations ce qui enlève beaucoup de crédit à ses affirmations. Les objections soulevées en fin de vidéos sur les singes et les phénomènes de culture et d’influence sociale chez les singes est très pertinente, et le fait que les chimpanzés soient 7 fois plus performant que les humains mâles pour la rotation des objets dans l’espace est assez piquante, en ce qui me concerne, ça me fait ma journée.

Enfin concernant l’expérience sur la préférence entre les visages et les objets mobiles (l’Alien ^^)je vous renvoie à cet article très détaillé qui la met en pièce (sachant que c’est de la m*****).
http://allodoxia.blog.lemonde.fr/2013/10/04/sexes-mensonges-et-video-baron-cohen/

Si toute sa démonstration est à l’avenant, on a beaucoup de peine pour ce garçon qui est cependant très doué pour les moulinets dans l’espace lorsqu’il parle, une ascendance de chimpanzé est bien prouvé en ce qui le concerne!!!

Lène 7 décembre 2013 - 09:19

Ce « débat » est du dernier ridicule.
Autour de moi il y a des chercheuses brillantes dans un domaine traditionnellement réservé aux hommes (les sciences de l’ingénieur).
Peut-être ont elles une façon d’envisager les problèmes typiquement féminine, elles n’en restent pas moins des scientifiques de valeur.
Je ne comprends même pas comment on peut se poser la question de l’évaluation de l’intelligence différenciée entre hommes et femmes, tant les exemples sont nombreux autour de nous qui nous montrent que cela n’est pas une question de sexe ni de genre.

taranis 9 décembre 2013 - 08:37

[quote name= »Lène »] pas une question de sexe ni de genre.
Bien sur il suffit de s’affranchir du « prédéterminisme biologique » et de prendre la réalité non biaisée; Dans le test du labyrinthe, destiné à évaluer les gens sur leur capacité à se repérer dans l’espace, certain(e)s utilisent une stratégie globale de l’espace, d’autres une stratégie par indices de parcours. Avec la répétition des tests, ceux et celles qui utilisaient la stratégie globale optent finalement pour celle des indices de parcours, plus efficace. A la fin des tests, on observe que l’écart entre hommes et femmes est faible, qu’il disparaît en une semaine de tests, et qu’après ce délai, hommes et femmes progressent au même rythme. Cela ne peut que nous conduire, encore une fois, à considérer que c’est l’expérience qui a un impact sur le biologique, et non l’inverse, et que notre construction cérébrale, basée sur des expériences, peut être un cercle vertueux si les expériences sont variées, ou un cercle vicieux si les apprentissages sont limités à des domaines qui se ressemblent.

taranis 9 décembre 2013 - 08:38

Tant que certains chercheurs se focaliseront sur les différences présumées entre les genres, ils ne pourront voir que les différences entre un homme et une femme sont beaucoup moins importantes qu’entre un violoniste et un matheux, ou entre une athlète et une championne d’échec. Et pourtant, la variabilité entre les individus d’un même sexe l’emporte sur la variabilité entre hommes et femmes, malgré les fortes disparités qui perdurent dans l’éducation. Ce n’est pas l’incapacité qui empêche l’expérience, c’est d’empêcher l’expérience qui rend incapable. On a longtemps cru que les femmes étaient incapables de conduire, et pourtant elles conduisent, comme on a prétendu que les hommes ne pouvaient se montrer « maternels » avec leurs enfants. Comme s’ils étaient incapables de tendresse ! En somme, il suffit d’enlever les cadres et les limites, factices, pour que les gens s’en libèrent et que tout devienne possible. Et alors, adieu Mars et Vénus !

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