« Submergée », l’AVFT doit faire une pause

par La rédaction

En deux ans, deux fois plus de femmes ont saisi l’Association contre les violences faites aux femmes au travail. Saturée, l’AVFT doit fermer son standard téléphonique et appelle les pouvoirs publics à répondre aux besoins des victimes.


C’est une décision « aussi difficile qu’inévitable » qu’annonce mercredi 31 janvier l’Association européenne contre les violences faites aux femmes au travail. Principale association en France de soutien juridique aux victimes de violences sexuelles au travail, l’AVFT n’a d’autre choix que de fermer « jusqu’à nouvel ordre » son accueil téléphonique.

« Après l’affaire ‘Weinstein’, après la grandissante mise à l’agenda médiatique de la question du harcèlement sexuel au travail », l’AFVT dit se trouver dans une « situation intenable ». Elle est « submergée par un flot ininterrompu de saisines des femmes victimes de violences sexuelles au travail mais aussi de professionnel.les à la recherche d’informations ».

Pour la seule année 2017, ce sont 223 femmes qui ont saisi l’association. Ce nombre a plus que doublé depuis 2015. Si elle continuait à répondre aux nouvelles demandes, elle ne pourrait plus traiter convenablement les dossiers en attente.

 

L’association, dont le budget dépend à 80% de fonds publics, souligne qu’elle fonctionne « sans augmentation de subventions et donc d’effectifs depuis treize ans ».

En mars 2014, déjà, l’AVFT alertait sur sa « saturation » et avait dû se concentrer pendant 7 mois sur les dossiers en cours. En janvier 2017 encore, après « l’affaire  Baupin », sa déléguée générale Marilyn Baldeck interpellait le gouvernement sur son « engorgement » dans une lettre adressée à la ministre des Droits des femmes.

L’association évoque deux options pour pouvoir rouvrir son accueil téléphonique : renforcer ses moyens propres, ou renforcer ceux d’autres acteurs concernés par la lutte contre les violences sexuelles au travail, « particulièrement les acteurs publics, afin que les victimes disposent de relais démultipliés ». Reste donc à combler le « fossé abyssal qui sépare les besoins des victimes de la réponse de l’État », conclut l’AVFT.

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Au 3919, davantage d’appels mais pas assez de moyens

Et (re)voir le documentaire Sexe, mensonges et harcèlement consacré au travail de l’AVFT :

https://www.youtube.com/watch?v=mDAVq8b4_MM

 

 

 

 

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