Pour télé-travailler, mieux vaut être papa que maman

par Arnaud Bihel

Les hommes qui demandent des aménagements pour s’occuper de leurs enfants sont mieux perçus que les femmes, observe une étude.


 

Bonne nouvelle pour les parents : une demande de télé-travail est mieux perçue quand elle est justifiée par la garde d’un enfant que pour d’autres raisons. Mais il vaut mieux, surtout, être un père qu’une mère. C’est ce qui ressort d’une étude menée par une sociologue de l’université Furman aux États-Unis.

Les hommes qui demandaient à bénéficier de deux jours de travail à la maison par semaine pour s’occuper de leur(s) enfant(s) étaient « significativement avantagés par rapport aux femmes qui faisaient la même demande », a observé Christin Munsch.

La sociologue a fait participer 646 personnes à un exercice de simulation. Et si 70% des participants se montraient favorables au télé-travail d’un homme pour raisons familiales, ils étaient seulement 56% quand la demande émanait d’une femme. Seuls 2,7% ont jugé que l’homme n’était pas impliqué dans son travail, quand plus de 15% jugeaient négativement la demande de la femme.

« Ces résultats démontrent la façon dont les notions culturelles sur la parentalité influencent la perception des personnes qui requièrent un travail aménagé », commente Christin Munsch. « Aujourd’hui, nous estimons que les responsabilités des femmes incluent à la fois le travail et les obligations domestiques, mais nous considérons toujours le père en priorité comme un apporteur de ressources, et nous lui savons gré s’il contribue aux soins des enfants ou à d’autres tâches domestiques ».

Écarts de perception

Ainsi, « quand les deux partenaires d’un couple partagent équitablement les rôles à la maison comme au travail, ce sont les hommes, pas les femmes, qui en récoltent les bénéfices au bureau ». Il s’agit donc pour les employeurs, conclut Christin Munsch, d’avoir conscience de ce jugement biaisé, « afin de ne pas perpétuer les inégalités ».

Il y a un an une autre étude, menée auprès de chefs d’entreprises (et reprise par exemple par le site ThinkProgress), faisait des observations similaires. Globalement, les hommes ont davantage de chances que les femmes de se voir accorder des aménagements horaires, et en particulier pour s’occuper des enfants, et ce en raison « d’un plus grand respect » de la part des managers, observaient les auteurs de cette étude.

 

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