Accueil International Tonio Borg, futur commissaire européen sur le grill

Tonio Borg, futur commissaire européen sur le grill

par La rédaction

TonioBorg

Proposé pour être le nouveau commissaire à la santé, le candidat maltais se voit reprocher ses opinions ultra-conservatrices. Je me plierai aux règles européennes, s’est-il défendu devant les eurodéputés.


 

Un Commissaire européen à la santé « anti-divorce », « anti-IVG », « homophobe », et « sans compétence » sur son domaine d’intervention ? Avant l’audition de Tonio Borg, mardi 13 novembre, par un groupe de parlementaires européens, Corinne Lepage ne mâchait pas ses mots. Mais l’eurodéputée française n’était pas la seule à émettre une opinion négative sur l’actuel ministre maltais des Affaires étrangères, désigné par son pays pour remplacer son compatriote John Dalli (qui a démissionné en octobre suite à des accusations de trafic d’influence) à la commission.

La travailliste britannique Nessa Childers, par exemple, jugeait (ici en anglais) que les positions de Tonio Borg, un ultra-conservateur catholique, « ne sont pas compatibles avec les valeurs européennes fondamentales d’égalité et de non-discrimination ». Au sein du gouvernement maltais, il s’est fortement opposé au divorce (finalement adopté par référendum en 2011), a cherché à inscrire l’interdiction de l’IVG dans la constitution et s’est opposé à des mesures favorisant l’accès au logement pour les couples homosexuels.

En tant que commissaire à la santé, Tonio Borg « aurait une voix forte sur les politiques européennes concernant les droits des LGBT et les droits reproductifs des femmes. De plus, il jouerait un rôle important sur les programmes de santé et de droits sexuels et reproductifs financés par l’Union européenne, dans l’UE et les pays en développement », écrit Nessa Childers, qui craint que le Maltais « ne soit pas impartial et laisse sa vision sociale influencer les politiques européennes ».

« Je serai un commissaire européen, et pas le commissaire de Malte »

C’est donc à une séance de questions sans concessions qu’à dû se soumettre Tonio Borg, mardi 13 novembre, dans le cadre du processus de nomination. Face aux parlementaires, il a réussi à esquiver les critiques en insistant sur la distinction entre ses convictions personnelles et son rôle à la commission. « Je serai un commissaire européen, et pas le commissaire de Malte », s’est-il défendu, s’appuyant à plusieurs reprises sur l’article 21 de la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne qui interdit « toute discrimination fondée notamment sur le sexe (…) ou l’orientation sexuelle. »

Le candidat sur le grill a assuré que « malgré [s]es croyances personnelles », il ne s’opposera pas aux politiques européennes déjà à l’oeuvre. L’avortement, selon les textes européens, est un sujet qui reste « entre les mains des Etats membres », a-t-il notamment rappelé. Une prestation « très solide », mais « cela reste ambigu », juge l’eurodéputée socialiste Sylvie Guillaume.

Le Parlement européen devra désormais se prononcer en plénière, le 20 ou 21 novembre, sur sa nomination. Les orientations morales du candidat n’ont pas à rentrer en ligne de compte, comme le souligne Euractiv.fr. Et ce ne sont pas les droits des femmes et des homosexuels, mais l’enjeu de la révision de la directive européenne sur le tabac, qui joue le rôle principal. Tonio Borg dispose par ailleurs du soutien du groupe conservateur, le plus important au Parlement européen. Sa prestation solide, lors de son audition, devrait lui éviter d’être recalé. Mais un rejet reste toujours possible : en 2004, la nomination de l’Italien Rocco Buttiglione au poste de commissaire à la justice avait été refusée par le Parlement à cause de son point de vue sur l’homosexualité et les droits des femmes.

 

 

A VOUS DE JOUER

o Vous appréciez nos articles ?
o Vous voulez partager l’information pour que tout le monde ouvre les yeux sur l’inégalité des sexes ?
o Vous considérez que l’égalité dans les médias est la mère de toutes les batailles pour l’égalité ?
o Vous savez qu’un journal indépendant et de qualité doit employer des journalistes professionnels ?
Si vous avez répondu oui à une de ces quatre questions, faites un don pour financer l’information. Ce don est défiscalisé à 66 %. (Un don de 50 € vous coûte en réalité 17 €)

JE FAIS UN DON

Laisser un commentaire