Accueil Economie Ubérisation : les femmes valent moins que les hommes

Ubérisation : les femmes valent moins que les hommes

par La rédaction

Dans l’économie des petits boulots à la tâche, les femmes gagnent jusqu’à 37 % de moins que les hommes.

Dans la « gig economy », les femmes gagnent entre 10 % et 37 % de moins que les hommes. C’est ce que révèle un rapport commandé par le gouvernement de l’État de Victoria à l’Université de technologie du Queensland en Australie.

La « gig economy » c’est l’économie des petits boulots rémunérés à la tâche. Pour ce travail, les hommes gagnent en moyenne 2,67 dollars de l’heure de plus que les femmes, (bien qu’environ 40 % des travailleurs de la gig economy ne sachent pas quel est leur taux horaire.)

Et les femmes seraient beaucoup plus susceptibles que les hommes de gagner moins de 40 000 dollars par an hors plateforme. Elles sont plutôt femmes au foyer ou des aides non rémunérées et, si elles ont un emploi, elles occupent un poste à temps partiel, occasionnel ou sous contrat à durée déterminée.

Les hommes de la « gig economy » travaillent plutôt dans le développement de logiciels et la technologie, le transport et la livraison de nourriture ou le commerce qualifié, tandis que les femmes vont être dirigées vers des travaux historiquement féminisés -et moins bien rémunérés- tels que le travail de bureau ou la saisie de données, la vente et le soutien marketing, la rédaction, la traduction ou les soins.

14 % des femmes ont indiqué que le lieu de leur travail sur la plateforme était « au domicile d’un client individuel », contre 5 % des hommes.

La flexibilité que permet la « gig economy » n’est pas appréciée par les hommes et par les femmes pour les mêmes raisons. Les hommes y voient la possibilité de cumuler des revenus. Les femmes y voient la possibilité de mieux gérer les contraintes familiales et le travail gratuit qu’elles effectuent à la maison. Au final elle cumulent ainsi les travaux les moins rémunérés.

Ces différences sont guidées par des stéréotypes encore vivaces. The Guardian cite par exemple une femme de Melbourne, Lorna Berry, qui s’est lancée dans la conduite en covoiturage en 2016 pour compléter ses revenus. Elle déplore ces « Boomer men », qui veulent lui dire comment conduire ou quelle direction prendre. « On vous demande souvent : « Vous sentez-vous en sécurité ? Où est votre partenaire, qu’est-ce qu’il fait ? Ce ne sont pas vos affaires », » déclare-t-elle. Elle raconte qu’un homme a voulu qu’elle conduise dans les rues d’Eltham, au nord-est de Melbourne, tard dans la nuit. Qu’un autre a prétendu être un officier de police et lui a demandé à plusieurs reprises si elle avait entendu parler d’un chauffeur de taxi qui avait récemment été poignardé par un passager et si elle avait peur…. Plutôt dissuasif.

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