Accueil Politique & SociétéÉducation Un jardin et bientôt une statue à Paris pour Solitude, un symbole fort

Un jardin et bientôt une statue à Paris pour Solitude, un symbole fort

par Camille Saint-Cricq

La statue de Solitude en Guadeloupe DR

Héroïne de la résistance des esclaves de Guadeloupe au XIXe siècle, la « mulâtresse » Solitude a désormais un jardin à son nom à Paris. Elle sera la première femme noire à avoir sa statue dans la capitale.

Samedi 26 septembre, la Maire de Paris, Anne Hidalgo a inauguré le jardin Solitude, « figure guadeloupéenne de la résistance à l’esclavage » dans le 17e arrondissement. Et a promis que « bientôt, une statue de cette héroïne, la toute première représentant une femme noire à Paris, y sera installée. Un symbole fort pour ne jamais oublier son combat. » Et ce sera la première statue d’une femme noire dans Paris.

Guadeloupéenne, cette « mulâtresse », selon le terme utilisé par les colonisateurs pour évoquer les personnes ayant un parent blanc et un parent noir est née vers 1775. Elle est la fille d’une esclave africaine violée par un marin sur le navire qui la déportait aux Antilles. Son vrai prénom est Rosalie  mais Solitude symbolise les femmes des Caraïbes qui se sont battues pour la liberté et l’égalité face au système esclavagiste.

Très tôt séparée de sa mère par un colon qui en fit sa domestique, Solitude a connu l’abolition de l’esclavage en 1794. Mais huit ans après, Napoléon Bonaparte rétablit le système esclavagiste en Guadeloupe. Solitude entre alors en résistance, elle est enceinte de quelques mois.  Les insurgés perdent leur combat. Solitude est arrêtée et condamnée à mort. Elle est pendue, après avoir donné naissance à son enfant. 

« Solitude est la première femme noire représentée pour elle-même et pour son action dans l’espace public parisien », a déclaré à l’AFP Jacques Martial, adjoint à la maire de Paris chargé des Outre-mer. Le symbole est très fort. D’abord parce que c’est une femme qui est rendue visible. Et il y en a encore trop peu dont la mémoire est honorée par des statues, des places, des rues ou des jardins. C’est une femme noire et peu de Noirs sont représentés dans ces lieux de mémoire. Ce travail de mémoire s’opère après des manifestations de militants anticolonialistes qui ont déboulonné des statues de colonisateurs. Ces militants réclament que des figures noires de l’émancipation soient davantage mises en avant.

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