Un peu plus de places d’accueil pour la petite enfance

par Arnaud Bihel

Mais l’offre chez les assistantes maternelles progresse bien plus que celle en crèche. Une option moins coûteuse pour les finances publiques… et plus coûteuse pour les familles modestes.


 

 

L’accueil de la petite enfance s’étoffe doucement. En 2011, la France comptait un peu plus de 52 places d’accueil pour 100 enfants de moins de 3 ans, selon les derniers chiffres publiés par la Caisse d’allocations familiales (« L’accueil du jeune enfant en 2012 », à télécharger ici). Cela représente un progrès de deux places par rapport à l’année précédente, et de quatre depuis 2008.

Les assistantes maternelles restent le principal recours, avec 30,5 places pour 100 enfants (+2,5 points en un an). Les crèches accueillent 15,8% des enfants (+1 point) et l’école à peine 4% des moins de 3 ans (moins un point). Les inégalités territoriales persistent, puisque selon les départements les capacités de garde varient entre 9 et 86 places.

Place en crèches : il faudra tripler le rythme

C’est l’accueil auprès des assistant(e)s maternel(le)s qui explique l’essentiel de cette évolution, note la CAF, avec une hausse de 121 500 agréments depuis 2008. Dans le même temps, le nombre de places en crèche a crû de 31 900. La scolarisation des moins de trois ans a poursuivi son recul, en attendant une inversion de la courbe à partir de cette année.

Au mois de juin dernier, le gouvernement a annoncé la création de 275 000 places d’accueil pour les enfants de moins de 3 ans avant la fin du quinquennat, dont 100 000 places en crèche (Voir : Accueil de la petite enfance : la politique du chiffre est de retour). Il faudra donc pour cela tripler le rythme du précédent quinquennat. Vaste programme.

La crèche moins coûteuse pour les familles modeste, plus pour les finances publiques

La CAF calcule par ailleurs le coût pour les finances publiques (un peu moins de 15 milliards d’euros en 2011) de ces différents modes d’accueil pour les 0-3 ans. Des calculs parlants.

Il s’avère que ce sont les assistantes maternelles qui reviennent le moins cher à l’Etat et aux collectivités, et les crèches le plus cher. De quoi expliquer que l’Etat ait privilégié les créations de places d’accueil auprès des premières.

Pourtant, le recours à une assistante maternelle se révèle bien plus coûteux pour les familles modestes. Ce n’est que pour les ménages gagnant au moins 4 fois le Smic que les différences de coût entre ces modes de garde ne sont plus significatives. Pour un ménage gagnant 2 Smics, le reste à charge pour un enfant en crèche est de l’ordre de 100 euros mensuels, mais de 300 euros s’il a recours à une assistante maternelle.

CAF2013

 

 

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manil 15 novembre 2013 - 13:02

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