Pour annoncer la nomination de Lucie Daudigny à un poste clé chez Legrand, un journal passe son nom sous silence dans son titre et illustre l’information avec le portrait… de son patron.
« Une femme » : il y a six ans, Wikipédia créait une page pastiche recensant les titres de presse qui annonçaient le succès d’ « une femme » sans jamais la nommer. Imaginerait-on un gros titre annonçant : « Un homme reçoit le prix Nobel » ? Comme si l’accession des femmes aux responsabilités devait rester une exception.
Lire : « Une femme », l’exception qui confirme la règle « sans femme » .
En 2026, le quotidien en ligne La Lettre, qui se présente comme « la référence sur les pouvoirs en France », livre une nouvelle version de ce syndrome journalistique. Au vu de sa ligne éditoriale centrée sur les sphères dirigeantes, le média a rarement l’occasion d’afficher des visages féminins. Il vient d’en rater une belle.
Sur les réseaux sociaux, pour annoncer la nomination de Lucie Daudigny, à la tête des relations médias du groupe Legrand, La Lettre publie la photo de Benoît Coquart, le directeur du groupe, sous le titre : « Legrand débauche une dirigeante de TBWA Corporate ». Il faut lire le chapeau pour découvrir le nom de l’intéressée et son ancien poste de directrice générale adjointe.
Ainsi, la personne qui incarne le pouvoir n’est pas celle qui est nommée mais celui qui l’a « débauchée ». Certes, ici « une femme » est promue comme étant « une dirigeante ». Mais elle ressemble à une prise de guerre. Le syndrome de la schtroumpfette sévit toujours comme nous l’expliquions ici.
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