Accueil MédiasBruits et chuchotements Une semaine d’info-égalité au mois d’août

Une semaine d’info-égalité au mois d’août

par Isabelle Germain

Revue de presse : le sexisme ne prend pas de vacances. De l’ex-secrétaire général du gouvernement à Darmanin-victime en passant par l’absence du garde des Sceaux aux obsèques de Gisèle Halimi, la vision patriarcale du monde s’impose toujours au pouvoir.

Mais commençons pas une bonne nouvelle :

#La Coupe de France de foot médiatisée. Les Lyonnaises l’ont emporté dimanche 9 août contre le PSG et tous les journaux en parlent. La médiatisation du sport féminin avance a petits pas. Ne cherchons pas à savoir si c’est parce que l’actualité sportive est par ailleurs très faible…

Absences aux obsèques de Gisèle Halimi. « La place réservée à Eric Dupond-Moretti est d’ailleurs restée désespérément vide durant l’office » écrit l’avocate Laurence Heinich dans l’OBS.  Elle note aussi que parmi les anciens bâtonniers de Paris seules les femmes se sont déplacées. Eric Dupond-Moretti avait pourtant interrompu ses vacances pour assister aux obsèques d’Albin Chalandon la veille. (Lire :HOMMAGES À GISÈLE HALIMI, BREVETS DE FÉMINISME ET THÉORIE DU COMPLOT)

Présidence d’intercommunalités : de 7 à 12 % de femmes. Le Monde livre les chiffres et évoque le sexisme des nouvelles assemblées des métropoles, communautés urbaines, communautés d’agglomération et communautés de communes qui viennent d’élire leurs responsables. Et indique que « certains départements ne recensent aucune présidente d’une quelconque communauté, relève l’étude de la fédération, citant la Manche, le Calvados, les Pyrénées-Orientales, la Charente, l’Aude et le Haut-Rhin. » Le Monde l’affirme : « C’est le plafond de verre, dans toute sa splendeur : rien n’interdit théoriquement aux femmes d’accéder à ces responsabilités, mais les obstacles invisibles sont multiples. » Le HCE met en garde depuis longtemps contre ce phénomène.

Gérald Darmanin : l’inversion de culpabilité c’est lui (aussi).  Dans un entretien au Point   mis en ligne mercredi 5 août, le Ministre de l’intérieur a joué à fond la culture du viol, c’est-à-dire l’inversion de culpabilité : « La victime dans cette histoire, c’est moi. C’est moi dont on salit le nom.» Et toute la presse a repris.  Pour comprendre les épisodes précédents, lire : AFFAIRE DARMANIN : POURQUOI LA « PRÉSOMPTION D’INNOCENCE » EST HORS-SUJET

Les masques alourdissent la charge mentale des femmes. C’était prévisible mais c’est confirmé un sondage réalisé par YouGov pour Le HuffPost « Il faut envisager les oublis de masques, prévoir que tout le monde ait bien le sien, vérifier que chaque membre de la famille ne tripote pas son masque toutes les deux secondes et prendre en compte ceux qui sont hypersensibles et dont le port du masque est compliqué » dit une mère de famille. Et, comme par (dés)enchantement c’est sur les femmes que pèse cette charge.

Egypte : condamnées à de la prison pour avoir dansé et chanté sur un réseau social. « L’emprisonnement fin juillet en Égypte de jeunes influenceuses a mis en lumière la disparité de traitement: les femmes sont prestement condamnées pour des publications en ligne, alors que le mouvement #MeToo local dénonce les agressions sexuelles d’hommes rarement poursuivis » dénonce 24heures.ch

Proxénètes nigérians condamnés. Le Monde consacre un long article au calvaire de jeunes femmes violentées et prostituées de force par des proxénètes nigérians qui viennent d’être condamnés à 19 ans de prison. L’article évoque « la cruauté des proxénètes » mais pas la complicité des clients.

Caroline Fiat, députée, aide-soignante humiliée à l’Assemblée nationale. La députée meurthe-et-mosellane de La France insoumise Caroline Fiat raconte, dans un portrait que lui consacre Le Figaro que, selon des propos qui lui ont été rapportés, certains, dans l’Hémicycle l’appellent  « députée bac -2 ». Une députée qui réclamait qu’une minute de silence soit respectée à l’Assemblée nationale pour tous les fonctionnaires morts dans l’exercice de leur métier. Policiers comme infirmières (lire LA MINUTE DE SILENCE EST-ELLE SEXISTE ?)

Sexisme de haut vol chez Marc Guillaume, ex secrétaire général du gouvernement, préfet de région. Le Monde révèle une note datée du 8 mars 2018, journée internationale des droits des femmes, signée par toutes les conseillères de l’Elysée dénonçant la misogynie quotidienne du secrétaire général qui s’est succédé à lui-même quand Emmanuel Macron a été élu. L’homme vient d’être nommé préfet de région… Son éviction récente a fait plus de bruit que la nomination de celle qui lui a succédé à ce poste et qui est pour la première fois une femme (lire CLAIRE LANDAIS, SECRÉTAIRE GÉNÉRALE DU GOUVERNEMENT)

La parité est toujours très loin au sommet de l’Etat. Le Parisien a fait les comptes : « Bilan : des progrès, mais encore beaucoup trop de résistances » constate le quotidien qui note par exemple que le Cabinet du président compte 11 hommes et 1 femme et 24 hommes sur 34 conseillers. Dans le gouvernement Castex, 29 hommes sont directeurs de cabinet et 11 femmes, mais aucune n’occupe ce poste dans un ministère régalien.

Turquie : manifestation contre les féminicides et le retrait de la convention d’Istambul. « Toutes brandissent les mêmes pancartes violettes portant les noms de disparues, surmontées du slogan « Les femmes ne pardonneront pas la violence » » raconte le JDD

La religiosité augmente les stéréotypes sexistes. The conversation a décortiqué le rapport 2020 du Le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) sur la situation des inégalités femmes-hommes dans le monde. « Si ces inégalités ont nettement diminué entre le milieu des années quatre-vingt-dix et le début des années 2010, le rapport souligne que le rythme de cette amélioration a franchement ralenti depuis. » La persistance de préjugés négatifs contre les femmes expliquant ce ralentissement. « Le manque d’éducation et l’intensité du sentiment religieux semblent jouer un rôle notable » indique The Conversation

Les revues de presse de l’été sont dans la rubrique « bruits et chuchotements » ici

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