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Viols : les excuses du gouvernement britannique

par La rédaction

Face à la baisse du nombre de condamnations pour viol, les autorités britanniques promettent de réagir et d’en finir avec « l’accent obsessionnel mis sur la crédibilité de la victime ». Les associations sont sceptiques.

 En Grande Bretagne, après la vague #MeToo, le nombre de poursuites judiciaires qui aboutissent à des condamnations a drastiquement baissé. Les chiffres des services du procureur sont accablants : 1439 suspects ont été condamnés l’année dernière pour viol ou agression sexuelle en Angleterre et au Pays de Galles. Une baisse de 1925 condamnations par rapport au comptage précédent, alors même que les plaintes pour viol sur adultes ont presque doublé depuis 2015-2016.

Les autorités estiment que 128.000 personnes sont chaque année victimes de viols ou de tentatives de viols, mais seulement 3% des cas signalés ont donné lieu à une inculpation en 2019-2020. Un chiffre qui s’élevait à 13% en 2015-2016.

Le gouvernement Britannique n’a pas cherché à se défausser. En conclusion d’un rapport visant à améliorer la situation présenté vendredi 18 juin, il a présenté ses excuses, sans réserve aux victimes de viol et a promis une refonte du système de justice pénale. «Ce sont des tendances dont nous avons profondément honte. Les victimes de viols ont été laissées pour compte » et « des milliers de victimes sont restées sans justice », ont déclaré la ministre de l’Intérieur Priti Patel et le ministre de la Justice Robert Buckland.

Le rapport propose une série de mesures visant à ramener d’ici aux législatives de 2024 le nombre d’inculpations et d’affaires portées devant les tribunaux à leurs niveaux de 2016.

Surtout, Robert Buckland a déclaré vouloir s’éloigner de «l’accent obsessionnel mis sur la crédibilité de la victime » et  se concentrer sur le passé du suspect, afin de «garantir que la prise de décision est fondée sur des preuves, plutôt que sur des jugements subjectifs concernant la crédibilité de la victime». Le gouvernement a parlé de « défaillances systémiques » et a promis « une refonte du système pour augmenter les poursuites et améliorer l’accompagnement des victimes »

Un projet pilote sera déployé par le ministère de l’Intérieur d’ici la fin de l’année pour mettre en œuvre un « nouveau modèle opérationnel radical » national et sera financé à hauteur de 3,2 millions de livres.

Il s’agit de mieux coordonner les services, cesser d’interroger les mœurs de la victime plus que le passé de l’accusé (les victimes ne devront plus être soumises à une « fouille numérique » de leurs communications par exemple), de faire décroître le nombre de victime renonçant à leur plainte : au cours des cinq dernières années, le taux d’abandon est passé de 25% à 43% selon les chiffres du Guardian.

Malgré ces annonces, les associations d’aide aux victimes restent circonspectes. Andrea Simon, directrice de End Violence Against Women Coalition (EVAW), a accueilli favorablement les excuses du gouvernement et les ambitions affichées, mais a regretté la lenteur des démarches engagées et la faiblesse du plan d’action et des ressources à engager.

Dans une déclaration conjointe, Evaw, le Center for Women’s Justice, Imkaan et Rape Crisis ont mis en garde contre ces projets pilotes et consultations qui pourraient ne pas donner de résultats avant des années.

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