Dans une vidéo, The Representation Project revient sur les éléments qui ont particulièrement illustré, cette année, la « culture hyper-masculine qui valorise des attitudes telles que la domination, l’agression et le contrôle ».
La « masculinité toxique », concept de l’année ? C’est l’avis de The Representation Project. Ce mouvement de remise en cause des stéréotypes de genre a publié le 14 décembre une vidéo de 3 minutes intitulée « Comment la masculinité toxique a dominé 2016 ».
Un amer bilan de l’année écoulée. De ces footballeurs de l’université de Harvard qui notaient leurs homologues féminines à la complaisance à l’égard du violeur d’une étudiante à Stanford ; des tueries de masse à l’affaire d’agression sexuelle visant le patron de presse Roger Ailes ; en passant bien sûr par une campagne présidentielle particulièrement agressive, et marquée par la misogynie de Donald Trump. Autant d’éléments que le mouvement associe à ce concept de « masculinité toxique ».
The Representation Project explique : « Nous aurons connu une année tumultueuse. Qu’il s’agisse d’affaires d’agressions sexuelles sur les campus, de fusillades meurtrières ou du langage nuisible utilisé par le président élu, ce sont là les conséquences d’une culture hyper-masculine qui valorise des attitudes telles que la domination, l’agression et le contrôle au détriment de l’empathie, du soin et de la compassion. Cette culture de la masculinité toxique imprègne notre société. Qu’il s’agisse de harcèlement, de comportements humiliants ou dégradants envers les femmes, ou de placer la valeur de l’argent et le pouvoir au-dessus de tout, ces idées et ces motivations sont dangereuses et doivent être discutées en famille, dans nos communautés locales, et sur la scène nationale ».
Le concept de « masculinité toxique » a été largement discuté au cours de cette année, comme le notait déjà en août dernier Déborah Malet dans le magazine Stylist. En rappelant que c’est « la blogueuse féministe américaine Amanda Marcotte qui a popularisé le concept dans ses articles ».
De fait, Amanda Marcotte le rappelait en juin, après la tuerie d’Orlando : « La masculinité toxique est un modèle spécifique de la virilité, orienté vers la domination et le contrôle. C’est une virilité qui perçoit les femmes et les personnes LGBT comme inférieures, qui conçoit le sexe comme un acte non pas d’affection mais de domination, et qui valorise la violence comme seule façon de s’imposer dans le monde. »
En début d’année, dans Les Nouvelles NEWS, l’écrivaine Joumana Haddad évoquait également les dangers de ces normes de la virilité :
« Combien de fois avons nous entendu, voire utilisé, l’expression ‘Tu seras un homme, mon fils’ ? Dès leur plus jeune âge on encourage les garçons à jouer à des jeux virils, on les décourage d’être doux et attentionnés, et les autres enfants, voire leurs parents, se moquent d’eux s’ils le sont. Je pourrais écrire des pages sur toutes les pressions qu’on fait peser sur les hommes depuis leur naissance ; sur toutes les exigences qui forgent leur caractère et les poussent à adopter des comportements violents afin de correspondre aux ‘standards masculins’ ; sur les masques dont ils doivent s’affubler pour répondre à ce qu’on attend d’eux ; sur l’éducation stéréotypée qui les empêche de se montrer sensibles et empathiques ; sur les manœuvres déployées pour excuser des mauvais comportements. Tout cela encourage l’éclosion de mâles agressifs qui chercheront d’autant plus à opprimer les femmes et à ne pas les écouter qu’ils grandiront et deviendront des adultes sexualisés. »
Passage extrait de la chronique de Joumana Haddad : « Après Cologne. Le viol et nos hommes »
