Prix Nobel de la paix en 2023, Narges Mohammadi est de nouveau visée par une condamnation. Depuis plus de dix ans, la militante féministe, engagée contre le Régime des Mollahs, subit un harcèlement judiciaire.

L’acharnement contre Narges Mohammadi se poursuit. Six ans de prison supplémentaires. Déjà incarcérée en Iran, l’activiste engagée pour les droits des femmes et contre la peine de mort est visée par une nouvelle condamnation.
Condamnations en série
Le combat de Narges Mohammadi pour la liberté ne date pas d’hier. Dès 2008, elle devient une cible des autorités iraniennes. Le Centre de défense des droits humains qu’elle dirigeait est fermé et plusieurs membres sont arrêtés et condamnés. L’année suivante, en 2009, son passeport lui est confisqué et elle est depuis soumise à une interdiction de quitter le territoire iranien.
Mais c’est en 2011 que l’acharnement judiciaire se durcit. Cette année-là, elle est déclarée coupable de « propagande contre le régime ». Depuis, la vie de Narges Mohammadi est rythmée d’arrestations, de condamnations, d’incarcérations et de libérations temporaires.
Le 12 janvier 2022, elle est condamnée à huit ans et deux mois de prison et 74 coups de fouet lors d’un procès qui dure à peine cinq minutes, comme le rapportent de nombreux médias et organisations internationales. Malgré son incarcération, Narges Mohammadi ne cesse pas son combat. Elle apporte son soutien au mouvement Femme, Vie, Liberté dès 2022 et organise des grèves de la faim et des rassemblements dans l’enceinte de la prison. En 2023, la militante est nommée Prix Nobel de la paix pour « sa lutte contre l’oppression des femmes en Iran, et son combat pour la promotion des droits de l’homme et de la liberté pour tou.te.s ». À cette occasion, Berit Reiss-Andersen, la présidente du comité Nobel norvégien, rappelait qu’« au total, le régime l’a arrêtée 13 fois, l’a condamnée cinq fois, à un total de 31 ans de prison ».
Narges Mohammadi accepte la prestigieuse distinction depuis la prison d’Evin à Téhéran où elle était incarcérée. Mais ses conditions de détention nuisent à sa santé. En décembre 2024, elle est finalement libérée pour raison de santé.
20 ans d’emprisonnement
Trois semaines après sa libération temporaire, le harcèlement judiciaire de Narges Mohammadi reprend le 12 décembre 2025. Présente à une cérémonie en l’honneur de Khosrow Alikordi, avocat iranien engagé pour les droits humains retrouvé mort dans son cabinet le 6 décembre 2025, Narges Mohammadi est arrêtée avec 38 autres militant.e.s. À la suite de son arrestation, l’activiste obtient un appel avec sa famille. Elle les informe que le régime l’accuse de « coopérer avec le gouvernement israélien ».
En attente de son procès, la militante entame une grève de la faim le 2 février dernier. Ses revendications ? Avoir le droit de téléphoner, d’avoir « accès à ses avocats » et de recevoir de la visite, comme le détaille l’avocate Chirinne Ardakani le 4 février.
Le 8 février, un tribunal iranien condamne Narges Mohammadi à une nouvelle peine de six ans d’emprisonnement et d’une interdiction de quitter le pays pendant deux ans, comme l’a révélé son avocat Mostafa Nili à l’AFP. « Elle a été condamnée à six ans de prison pour rassemblement et collusion en vue de commettre des crimes », détaille-t-il. L’activiste a également été condamnée à un an et demi de prison pour « activités de propagande » ainsi qu’à deux ans d’exil dans la ville de Khosf, précise son avocat.
Au total : vingt ans d’emprisonnement.
Une nécessaire solidarité internationale
Alors que l’acharnement à l’encontre de la militante se poursuit, la communauté internationale ne bouge pas. Le ministère des affaires étrangères français a seulement fait savoir sa « vive préoccupation » suite à l’annonce de la nouvelle condamnation de Narges Mohammadi. « Par cette condamnation, le régime iranien fait, à nouveau, le choix de la répression et de l’intimidation, au mépris des droits fondamentaux du peuple iranien, dont Narges Mohammadi est l’inlassable défenseuse. La France appelle à sa libération ».
À la fin du mois de décembre 2025, une colère populaire contre la crise économique et l’augmentation du coût de la vie jaillit des rues de Téhéran. Ce mouvement de contestation a été violemment réprimé par le régime Iranien. De nombreuses sources révèlent que des dizaines de milliers de morts ont été recensés. Lire : « Les Iraniennes brûlent les symboles du régime islamique à coup de cigarettes«
Face à cette nouvelle vague de répression, Narges Mohammadi et les militant.e.s du mouvement Femme, Vie, Liberté continue de réclamer une véritable solidarité internationale pour le respect des droits humains en Iran.
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