Une telle loi était attendue, encore faut-il qu’elle soit mise en œuvre efficacement, observent des militantes des droits des femmes.
L’Arabie saoudite se dote d’une loi contre les violences. Ce texte approuvé par le gouvernement punit, pour la première fois, toute forme d’abus physique, psychologique ou sexuel, sur le lieu de travail ou à domicile. La peine pourra aller jusqu’à un an de prison. Et, alors que toute femme doit être accompagnée en public par un « gardien » mâle, un agresseur condamné pourra se voir retirer son statut de « gardien ». La loi prévoit en outre la confidentialité des plaintes, ainsi que des refuges et du soutien pour les victimes.
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Défenseurs des droits poursuivis Le 28 août, une cour d’appel du Royaume a confirmé le refus du ministère des Affaires Sociales d’enregistrer une association de défense des droits humains, Adala Center for Human Rights, en tant qu’organisation autorisée – seules les associations « de charité » étant acceptées. « C’est le dernier d’une série de refus similaires », souligne Human Rights Watch, pour qui cette politique permet ensuite de poursuivre les militant(e)s des droits humains pour « appartenance à une organisation illégale ». Pendant ce temps, deux militantes saoudiennes, condamnées en première instance pour avoir aidé une femme séquestrée par son mari, attendent leur procès en appel. |
Efficace ?
Reste que si cette loi « était attendue depuis longtemps », son efficacité ne peut résider que dans les conditions de sa mise en œuvre, constate dans la Saudi Gazette Fatin Bundagji, une responsable de la chambre de commerce et d’industrie de Jeddah. « Sans la participation de policiers formés, sans des tribunaux compréhensifs » et une mise en œuvre efficace des aides aux victimes, la loi « ne pourra pas servir son objectif ».
Sur le site ArabNews, Suhaila Zain Al-Abideen Al-Hammad, membre de la National Society for Human Rights, s’interroge également sur l’efficacité de la loi, notamment en raison de la persistance de ce statut de gardien : « Il va falloir que le ministère des Affaires sociales modifie sa façon de traiter les femmes, alors qu’il leur demande encore de venir accompagnée de leur gardien pour porter plainte pour violence domestique. » Ces gardiens étant souvent les agresseurs eux-mêmes, souligne la militante.
Campagne
La question des violences, en tout cas, est sortie du statut de tabou dans le royaume. En avril dernier, une fondation saoudienne avait lancé une toute première campagne de communication contre les violences domestiques.

Le message sous cette photo de femme en niqab, dont on ne voit donc que les yeux… dont un au beurre noir : « Il y a des choses qu’on ne peut couvrir. Combattons ensemble les violences contre les femmes. »
