Les Islandais ont dit « oui » par référendum au projet de nouvelle constitution. Ils plébiscitent tout particulièrement la nationalisation des ressources naturelles. Mais le processus, novateur, n’est pas assuré d’aboutir.
Quatre Islandais sur cinq veulent une nationalisation des ressources naturelles. Les habitants de l’île nordique étaient appelés à se prononcer par référendum, samedi 20 octobre, sur le projet de nouvelle constitution. Six questions précises portant sur des éléments du texte leur étaient posées. Toutes ont reçu une réponse positive, et celle qui a emporté le plus d’adhésion est celle-ci : « Dans la nouvelle Constitution, voulez-vous que soient déclarées propriété nationale les ressources naturelles qui ne sont pas [à l’heure actuelle] propriété privée ?» Ce sont 83% des votants qui ont dit « oui ».
« Barons »
Cette question en particulier, et la réponse sans ambiguïté, « marque la défiance qui s’est installée dans le pays vis-à-vis du secteur privé depuis la crise », remarque LaTribune.fr. En effet, après l’effondrement de ses trois grandes banques, au cœur de la crise de 2008, les Islandais avaient refusé par référendum de payer pour le sauvetage de ces banques. Et le gouvernement avait procédé à leur nationalisation.
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Cette question de la nationalisation des ressources est aussi une réponse à un système parfois « féodal » : l’industrie de la pêche, qui représente 9% du PIB islandais, est ainsi entre les mains d’une vingtaine de « barons » qui sont de fait propriétaires des ressources, dénonce l’écrivain Hallgrímur Helgason (ici en anglais).
Bémols
Le processus qui a abouti à ce projet de nouvelle constitution s’inscrit également dans les conséquences de la crise : le texte a été rédigé par un groupe consultatif de 25 citoyens élus, et ouvert aux contributions via internet. Mais ce processus novateur connaît plusieurs bémols.
D’abord, la participation au référendum s’est avérée faible : moins de la moitié des électeurs (48,9%) se sont prononcés.
Ensuite, ce référendum n’était que consultatif. Il appartiendra au Parlement islandais, l’Alþingi, de confirmer ou non le vote des citoyens. Et la classe politique islandaise apparaît divisée. La première ministre, la sociale-démocrate Jóhanna Sigurðardóttir, s’est déclarée favorable au projet, mais ce n’est pas le cas de tout son gouvernement. Et l’opposition de droite, qui pourrait reprendre le contrôle de l’Alþingi au printemps 2013, y est vivement opposée.
Photo : paysage islandais près de Húsavík © Chmee2/Valtameri
