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Le cancer du sein favorisé par le travail de nuit ?

par La rédaction
Par maf04 sur Flickr (CC BY-SA 2.0)

Par maf04 sur Flickr (CC BY-SA 2.0)

Selon deux études, les décalages de rythme veille-sommeil dus au travail de nuit pourraient augmenter le risque de cancer du sein. En particulier avant une première grossesse. En France, de plus en plus de femmes travaillent de nuit.


 

« Le travail de nuit, un risque pour les femmes ? » C’est la question que pose très sérieusement l’Inserm après avoir passé à la loupe, pendant 3 ans, le parcours professionnel de 2 500 femmes en France. Plus de 11% d’entre elles avaient travaillé de nuit à un moment de leur carrière.

Les résultats de cette enquête, publiés dans l’International Journal of Cancer, font apparaître que, chez ces femmes travaillant la nuit, le risque de cancer du sein est augmenté d’environ 30%. L’augmentation du risque est notamment sensible chez les femmes ayant travaillé de nuit pendant plus de 4 ans, ou chez celles dont le rythme de travail est de moins de 3 nuits par semaine, impliquant des décalages de phase plus fréquents entre le rythme de jour et le rythme de nuit.

L’association entre travail de nuit et cancer du sein est particulièrement marquée, d’après l’étude, chez celles qui ont travaillé de nuit avant la première grossesse. Selon les chercheurs, ce résultat pourrait s’expliquer par une plus grande vulnérabilité des cellules mammaires incomplètement différenciées chez la femme avant le premier accouchement.

« Optique de santé publique »

En 2010, le Centre International de Recherche contre le Cancer (CIRC) estimait comme « probablement cancérogène » le travail entraînant des perturbations du rythme circadien  – qui contrôle l’alternance veille-sommeil et régule de très nombreuses fonctions biologiques. Tout récemment, une étude danoise aboutissait aux mêmes conclusions que celles de l’Inserm.

« Nos travaux confortent les résultats d’études antérieures et posent le problème de la prise en compte du travail de nuit dans une optique de santé publique, d’autant que le nombre de femmes travaillant avec des horaires atypiques est en augmentation », souligne Pascal Guénel, principal auteur de l’étude. En 1991, 5,8% des Françaises travaillaient la nuit ; elles étaient 7,3% en 2002, selon la dernière enquête disponible.

L’Inserm rappelle que plusieurs hypothèses ont été avancées pour expliquer les associations observées entre travail de nuit et cancer du sein : l’exposition à la lumière durant la nuit qui supprime le pic nocturne de mélatonine et ses effets anti-cancérigènes; la perturbation du fonctionnement des gènes de l’horloge biologique qui contrôlent la prolifération cellulaire ; ou encore les troubles du sommeil pouvant affaiblir le système immunitaire.

Le cancer du sein touche une femmes sur mille par an dans les pays développés. Il est la première cause de mortalité par cancer chez les femmes. Chaque année, plus de 1,3 million de nouveaux cas sont diagnostiqués, dont 53 000 en France.

 

A voir :

Travail de nuit, travail qui nuit, un documentaire de la Télévision Suisse Romande

 

http://travail-emploi.gouv.fr/IMG/pdf/Travail-nuit-progression-plus-rapide-pour-les-femmes.pdf

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2 commentaires

50-50 27 juin 2012 - 18:42

« En France, de plus en plus de femmes travaillent de nuit. »
=> Eh oui, la parité c’est 50-50, même la nuit… Et la travail de nuit, c’est mauvais pour la santé en général, pour tout le monde, ça atteint pas juste par magie que les seins des femmes jeunes ! Ces 2 études se focalisent sur le cancer du sein pour faire du chiffre, mais probablement qu’une telle étude s’intéressant à n’importe quelle maladie chronique +/- liée au métabolisme donnerait des résultats similaires. Au hasard, sans doute que la travail de nuit augmente le risque d’hypertension ou d’infarctus… (pour les hommes comme pour les femmes, bien entendu)

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09 Aziza 17 novembre 2012 - 11:47

Mais quelle rage de toujours dire: ça-n’est-pas-que-les-femmes-pour-les- hommes-ça pourrait-être pareil! Voilà une leçon bien apprise! Oui, le métabolisme des femmes est quelque chose de spécifique(la grossesse et l’accouchement, l’allaitement, sont des données importantes dans les cancers du sein), et autoriser le travail de nuit pour les femmes a été une mesure « égalitariste » absurde, concernant des travailleurs asexués. Et en attendant qu’on interdise le travail de nuit pour tous, ce qui n’est absolument pas possible dans certaines branches d’activité, des femmes meurent… Et si c’était votre mère, votre soeur, votre fille? ….

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