Congé parental : l’égalité a bon dos

par Arnaud Bihel

Le gouvernement va-t-il annoncer lundi une réforme du congé parental… au nom de l’égalité, mais en réalité pour faire des économies ?


 

Le congé parental réduit de moitié pour les mères ? Dans le cadre de son plan d’économies, le gouvernement devrait annoncer lundi la réduction de moitié du congé parental « pour les mères » à partir du deuxième enfant, selon Le Parisien.

La loi pour l’égalité a déjà modifié tout récemment les règles de durée du congé parental : il passe de 3 ans maximum à 2 ans et demi pour un parent, les 6 mois restants pouvant être pris par le deuxième parent et non transférables au premier.

Le gouvernement envisagerait de modifier encore cette règle, « en accordant un an et demi de congé à chacun des parents. Officiellement, au nom de la fameuse égalité hommes-femmes », souligne Le Parisien. Officiellement, on pourrait donc applaudir cette décision. Sauf que…

A peine réformé…

La loi pour l’égalité est entrée en vigueur il y a moins de deux mois. La modification en urgence d’une réforme qui vient d’être discutée par les parlementaires peut difficilement être vendue comme une mesure motivée par l’égalité. Pourquoi n’avoir pas plaidé pour ce partage 50/50 lors des débats parlementaires? (Nombre de parlementaires voulaient : plus court, mieux rémunéré, partagé entre père et mère). En quoi une telle mesure pourra-t-elle favoriser l’égalité professionnelle ? (Le but du congé parental partagé entre hommes et femmes est de favoriser l’égalité face aux employeurs).

L’enjeu de l’égalité ne peut pas masquer la réalité plus abrupte : il s’agit d’une volonté d’économies budgétaires. Avec de vrais morceaux de cynisme dedans. Certes, si les deux parents prennent leur congé, on ne peut pas parler de régression. Deux fois un an et demi, la durée totale reste à trois ans. Sauf que le gouvernement table « sur le fait que les hommes seront peu nombreux à faire valoir ce droit », écrit Le Parisien. En effet, on ne change pas les mentalités en un coup de décret magique. Avec la réforme votée cet été, le gouvernement disait espérer que 100 000 pères prennent chaque année un congé parental (contre 20 000 aujourd’hui… et plus de 520 000 mères). Un objectif qui était déjà exagéré (Voir : 100 000 pères en congé parental ? C’est peu probable).

Une vraie réforme du congé parental pour le rendre plus équitable doit passer par une réflexion sur la rémunération, soulignent de longue date les acteurs du dossier. Mais le sujet, décidément, ne semble pas mériter une réforme de fond.

Voir aussi notre dossier – CONGÉ PARENTAL

 

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2 commentaires

Tuxedo 27 septembre 2014 - 09:27

On ne me reprendra plus à voter pour cette « gauche » de droite. Tant pis si Satan en personne arrive au pouvoir, ce sera de la responsabilité des traitres du parti socialiste.
L’échec de la démocratie telle qu’elle est conçue, à bout de souffle et ne représentant plus personne d’autre que l’élite politico-financière.

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idéal 27 septembre 2014 - 15:01

1,5 * 2 = 3 ans; c’est idéal pour que l’enfant reste avec son père puis sa mère avant la maternelle — sans aucun cynisme.
Les femmes n’ont qu’a cesser de se voir dans le rôle de poule…

Réponse à Tuxedo : « les enfants croient au Père-noel et certains adultes votent encore »… . faut-il être idiot pour croire aux paroles des politiques…

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